38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

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La Tchatche du Ponant de mai 2021

La une :

La 2ème page :

La Tchatche du Ponant de mars 2021

Quelques extraits du verso :

FABULEUX VOYAGE

Sur une proposition faite par la Chambre de Commerce de Bretagne, pour un voyage à travers le monde, je suis partie seule, mon mari s’étant désisté.

De Lorient en covoiturage avec deux autre voyageurs jusque Paris/Orly, nous avons embarqué- nous étions une dizaine de Bretons – direct Moscou où nous attendait un paysage blanc de neige; à peine le temps de goûter le dépaysement, nous avons repris l’avion direction le Japon : si vous voulez tourner le dos à votre routine, consultez avec moi une carte du monde, et vous réaliserez quelle distance nous avons parcourue pour arriver à Vladivostok, j’ai cru n’y jamais parvenir, cette Sibérie immense que je voyais de mon hublot me paraissait sans fin, quelques îlots de verdure par-ci par-là, et du sable à l’infini.`Mais ce n’était pas fini.Suivez-moi, s.v.p. Nous voici maintenant à Tokyo,puis en Chine à Macao, à Hong Kong, ensuite en Thaïlande à Bangkok. Puis ce fut l’Inde, et enfin Israël d’où nous décollâmes pour rejoindre Paris.Attentive à la faune, je garde, entre autres, le souvenir de la présence de rats au Japon, et de vipères à Bangkok. Les escales furent brèves,j’apprécie d’avoir vu tant de visages différents, tant de variétés d’habillement, goûté à tant de plats exotiques – mais attention, pas de fourchette pour remplacer les baguettes : si vous ne voulez pas mourir de faim, le mieux est d’apprendre à s’en servir ! C’était formidable …

Suite de l’histoire de Jean, le tambour-major

Ses permissions et sa démobilisation lui ont permis d’avoir cinq enfants – 4 filles, dont ma grand-mère Juliette – et un garçon … Je peux vous dire qu’il n’était pas républicain, car disait-il « votre République, je ne la connais pas, moi l’Empereur m’a serré la main ! » Aussi sur ses vieux jours,quand il prenait le frais les soirs d’été, les gamins du hameau venaient crier « Vive l’Empereur »,ce qui leur valait quelques bonbons, et les coquins …repartaient en criant «Vive la République, vive la République!» Jean alors les menaçait du bâton, mais ses pauvres jambes ne lui permettaient pas de faire plus. Je pense que c’était devenu un jeu entre eux.Ainsi s’achève l’histoire du Pépé Tambour-Major,mon arrière-grand-père. L’auteure a ajouté :… Sur le plan technique, je peux vous dire que les gestes – au nombre de 7 – accomplis par le Tambour-Major n’étaient pas un jeu, mais permettaient à la troupe, par l’intermédiaire des tambours, de faire ce qu’il fallait : attaquer, se replier, etc …

… Pendant la guerre, ce poste était très dangereux,car l’uniforme bleu et rouge de mon arrière-grand-père se repérait de loin, et il était souvent un des premiers à tomber …

Sophrologie-Avis d’une adepte

Sophrologie. Avis d’une adepte.

On ne commande pas les émotions, mais ce qu’on en fait, la sophro m’a appris à gérer : si chaque séance hebdomadaire est suivie d’une détente profonde, la pratique quotidienne me vaut plus de présence dans l’instant, plus de cohérence dans la tête, dans les gestes, et un sommeil amélioré qui prépare à un bon réveil. Et tout cela, malgré, malgré … (l’âge, les maux, les limites, les incapacités …)

La tchatche du Ponant février 2021

By 21st février, 2021 Presse No Comments

Le 2ème numéro est paru en temps voulu avec le concours de nouveaux rédacteurs. Ci-après la 1ère page

et la 2ème page

La Tchatche du Ponant

Ce titre est celui donné à un périodique papier qui est rédigé par des résidents sur n’importe quel sujet et qui pourra, ainsi, mensuellement donner des nouvelles de ce qui se passe aux Hespérides à tous les résidents.

En voici quelques extraits :

Un mot du directeur :

Chers résidents,

L’année qui vient de s’écouler nous a réservé son

lot de questions et de défis.


Après une année passée si particulière, votre santé

et votre bien-être sont, plus que jamais, au coeur

de mes préoccupations. J’ai pu maintenir la plupart

de nos animations, grâce au respect par tous des

contraintes imposées par la crise sanitaire.

C’est pourquoi, je vous remercie de la bienveillance

de chacun au sein de la résidence des Hespérides ..

Aussi je vous souhaite une nouvelle année 2021

douce, sereine et apaisée et bien entendu un retour

progressif à notre vie normale.

Meilleurs voeux sincères à vous et à vos proches,

Cordialement,

Philippe JACQUEL

ou encore un message de la sophrologue :

Nous avons inséré aussi des exercices extraits des Remue-Méninges de 2020 avec leurs corrigés ce qui apportera une distraction aux résidents qui n’ont pas pu y assister. Nous avons ajouté des dessins humoristiques en provenance du Canard enchaîné comme celui-ci :

et bien d’autres articles encore tels que l’étude d’un des ouvrages qui a tourné en décembre parmi les lectrices d’ “Autour d’un livre” ou encore une photo des gymnastes qui ont remplacé une séance par une mini croisière dans la rade de Lorient.

Nous espérons poursuivre mensuellement la publication de la Tchatche du Ponant, avec la collaboration d’un grand nombre de résidents.

A suivre donc …

Vous n’êtes pas tenus de le croire, mais ça va aux Hespérides…

Vous n’êtes pas tenus de le croire, mais ça va aux Hespérides…Et nous voilà toujours masqués, tenus d’imaginer le sourire de chacun, et de deviner ce que révèlent les regards.

Tenus de respecter la distanciation tout en restant proches, et … de bousculer nos habitudes en faisant appel à nos capacités d’adaptation.

Nous avons dû annuler notre rendez-vous “chansons”, pris à notre fête de la Chandeleur, aux Hespérides, pour “le 31 du mois d’août”, pour des raisons de prudence étendues à toutes les animations qui font le sel de notre résidence.

Personne n’est tenu d’assister à ce qui se passe en nos murs, mais l’été nous ayant offert de nombreuses journées ensoleillées, de nombreux résidents ont pu jouir de notre jardin extraordinaire qui, d’autre part, reçoit hebdomadairement, dès qu’il fait beau, les adeptes de la gym et de la sophrologie.

Les séances animées de remue-méninges ont également occupé une partie de nos après-midis, nos neurones n’aspirant qu’à être sollicités sous formes de jeux de toutes sortes.

Et aux Hespérides, le coeur est à la chanson : quand nous enlevons nos masques, et redécouvrons le sourire sur chacun de nos visages en élevant nos voix, c’est fascinant la façon dont un moment de chant nous lie. Chacun là, face à ses propres problèmes qui se dissolvent dès qu’on est ensemble. C’est tout ce qui compte. Nous chantons avec simplicité, des textes qui laissent des mots sur la musique, émotions et espoirs mêlés … Paul aussi, était présent quand sa santé le lui permettait, pour nous apprendre une chanson dont il est l’auteur (musique et paroles).

Les amatrices de lecture se sont retrouvées mensuellement, autour d’échanges souvent passionnés.

Les joueurs de belote se réunissent régulièrement, une à deux fois par semaine. Et ce, contrairement aux joueurs de bridge qui ne se réunissent plus, car la plupart venaient de l’extérieur pour affronter nos seniors dont Marie-Antoinette, une de nos centenaires.

Une sortie en minibus prévue en septembre à Rochefort-en-Terre a été annulée par mesure de précaution.

Arlette ayant fait une chute malencontreuse, s’est cassé le genou; appuyée par son médecin, elle a pu bénéficier chez elle, – ici aux Hespérides – de tous les soins nécessaires à la guérison, et en fait, a pu profiter de notre jardin extraordinaire, et assister à toutes les animations, aidée par tous. Arlette marche de nouveau, hourra … et le sourire qui ne l’a jamais quittée, est sa deuxième peau.

Notre directeur, Philippe Jacquel était en congé ce mois de septembre, pour avoir accumulé des jours à rattraper. On a survécu … Il nous revient toujours plein de couleurs de vacances … et d’humanité !

Entretemps, l’automne a succédé à l’été qui cette année, ne tenait pas à faire d’heures supplémentaires. Ses couleurs aux tons de cucurbitacées,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cucurbitaceae

les feuilles tourbillonnantes, les rafales de vents méchants, une tempête alerte rouge sans effet chez nous – sauf crainte d’envol du parasol – ont déjà bien meublé notre calendrier.

L’événement le plus marquant de ces derniers mois a été le départ en retraite de notre Christine, qui a tenu à le fêter en notre compagnie, où ? Mais dans notre “jardin extraordinaire” ! Mr Jacquel et son personnel, présents, nous avaient concocté une réception chaleureuse : des tables disséminées sur les espaces appropriés, dressées coquettes, où des bouteilles de bulles côtoyaient les verres étincelants joliment alignés : une promesse de réjouissances de becquetance variées au goût de tous et de chacun, qui invitent à la griserie partagée, sous un soleil matinal déjà bien généreux. Mon Dieu ! comme ces moments de solidarité à trinquer ensemble et à déguster ces délicieux amuse-bouches, laissent sur nos visages “fatigués” une aura de bonheur et de bonne humeur ! : yeux qui pétillent, joues qui rosissent, langues qui se délient et racontent, oreilles qui captent, mains qui se dénouent, tout respire la joie … Merci Christine de nous avoir offert cet événement convivial : cet au revoir que vous avez fêté avec nous, représente une sorte de libération pour vous qui allez maintenant jouir de votre temps retrouvé. Vous nous avez présenté votre petite-fille Lola :

profitez bien chère Christine du bonheur d’être une jeune grand-mère, … et tous nos souhaits à vous, pour tous les bons et grands moments que la vie vous réserve ! … “La chanson de l’Amitié” écrite et composée par Françoise Hardy, chantée par tous, a clos cette matinée applaudie. Notre jeune retraitée est repartie avec une superbe composition florale,

et un recueil de témoignages de notre reconnaissance, signés de tous, qu’elle relira peut-être avec émotion, et … un sentiment de nostalgie !

Eric, chargé de la tenue de “notre jardin extraordinaire“, préoccupé de l’élagage de quelques arbres, et désormais présent dans nos murs tout au long des jours ouvrables, nous a offert de pleins paniers de pommes de son jardin.

merci d’avoir satisfait notre gourmandise de descendants d’Adam et Eve …

Vous n’êtes pas tenus de nous croire, mais aux Hespérides, nous allons bien …

Remue-Méninges a repris après le déconfinement partiel

Précision: en cette période inédite où des précautions sanitaires sont à respecter, seuls les résidents des Hespérides ont la possibilité de participer aux rencontres. Cependant, les quelque 15 non-résidents fidèles à l’activité depuis sa mise en place, ne sont pas oubliés ! L’animatrice, Marcelle, leur transmet – via Internet – exercices et corrigés. Cette animation autour des mots et autres, à distance, tout en donnant aux personnes qui le souhaitent, la possibilité de pratiquer une “gymn de neurones”, permet aussi de conserver des liens amicaux. 
Séance du lundi 6 juillet en présence des résidents :

Compléter la citation à l’aide des mots suivants (verbes ou noms précédés d’un article) :

attendre ; apprendre ; danser ; les orages ; La vie.

« – – – – – – – – – – -, ce n’est pas – – – – – – – – – – que – – – – – – – – – – passent ; c’est – – – – – – – – comment – – – – – – – – – sous la pluie »
__________________________________________________________________
Échauffement des neurones.
I / À partir de la suite « naturelle » de nombres : 0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7, trouver comment constituer la suite de nombres suivante : 1 ; 2 ; 5 ; 10 ; 17 ; 26 ; 37 ; 50

( un conseil : soyez un observateur «  ordonné » et . . . « carré » !) ________________________________________________________

II / En utilisant une seule fois chacune des 26 lettres de l’alphabet, retrouver les treize mots contenus dans la grille.
Remarques : plusieurs solutions peuvent vous sembler possibles ; cependant la solution est unique ; une même lettre peut figurer plusieurs fois dans un même mot ;
pour vous aider : la 1è lettre de l’alphabet doit apparaître dans la 9è ligne ; la 26è lettre dans la 7è ligne. Et quelques définitions de mots à trouver : « c’est la pagaille ! » ; « une gourmandise » ; « on y danse »   ; « un déclenchement » .

. . B R . . N
/ . A . A R /
. A N . I E R
/ . A T A L /
/

I D E U .
/ / . N I O N
. R A . E . E
. R O . N I E
/ . U . T R E
D A . C . N .
/ D E C . I .
E . C A L E /
/ / S O U .

/

_______________________________________________________

Retrouvons des VILLES françaises, en utilisant deux lettres qui se suivent dans chacun des mots proposés :

1) ROBE ;  SAUT ; LANÇA ; ONDE > – – – – – – – –

2) LAME ; PIED ; DANS  > – – – – – –

3) REPOS ; RITE ; CRAIE ; HERSE > – – – – – – – –

4) LAQUE TRIBU CERF BÂTON > – – – – – – – –

Pour vous aider, des précisions (dans le désordre) sur ces villes : région Nouvelle-Aquitaine, département de la Vienne ; région bourgogne Franche-Comté, département du Doubs ; région Bretagne, département du Morbihan ; région des Hauts-de-France, département de la Somme.


CONNAISSANCE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Relever et corriger les ERREURS contenues dans le texte qui suit (concocté par l’animatrice)

Quand je rêvais du déconfinement, je me sentais curieusement tiraillée. Dire que cela tournait à un cruel dilemne, serait exagéré. Néanmoins, mon côté Don Quichote m’entraînait chez les cavaliers du Kazakhstan, https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan , les Papous de Nouvelle-Guinée, ou les arborigènes d’Australie, tandis que mon côté Sancho Pancha me poussait à m’imaginer au restaurant Castel Clara de Belle-Île-en-Mer https://www.castel-clara.com/fr/page/restaurant-gastronomique-belle-ile-en-mer.2.html devant des montagnes de fruits de mer, des maigrets de canard, des plâtrées de cèpes odorants, d’un énorme far breton … Cependant, je ne me suis pas laissée obnibuler longtemps par ces images de grandioses périgrinations ou de bonne chère.

Je me suis contentée de plaisirs plus frustres qui m’évitaient tout souci pécunier. Fidèle à mes pénates habituelles, j’ai ressorti tranquillement mes livres, mes CD, mes DVD, et me suis préparé des repas simples et équilibrés. De toute façon, quand on est moyennement rénumérée, il vaut mieux essayer de trouver le bonheur chez soi !

Le foyer des Capucins Saint François avant la construction des Hespérides

Cette pandémie du coronavirus nous offrant l’opportunité et la curiosité de recourir à l’histoire de la peste et d’autres fléaux semblables, comme l’humanité en a toujours connus, et notre résidence ayant été construite sur l’emplacement de la communauté des Frères Capucins où leur foyer Saint-François inauguré en 1965, en la présence de Mr Jean-Yves Le Drian

hébergeait des personnes sans abri, il était normal de connaître le passé du lieu où nous vivons.

Le Foyer St-François dont l’emplacement s’étendait de la rue Belle Fontaine (entrée) jusqu’à l’avenue de la Marne était constitué d’un bâtiment Hébergement qui donnait sur la rue Hyacinthe Glotin, et s’élevait sur trois étages, abritant, d’abord 25, puis une centaine de résidents,

   

et employait une cinquantaine de salariés.

Il y avait une cuisine immense, tenue par Mademoiselle Alléo.

Une chapelle très fréquentée par les Lorientais, même les jours de semaine.

Et un cimetière d’où les ossements enfouis ont été transférés à Kerlétu.

De l’avenue de la Marne, s’étalait un grand parc jusque la rue Belle Fontaine dont l’entretien nécessitait l’emploi d’un jardinier, Mr Barthélémy.

Le Père Louis Joseph, aumônier du foyer était entouré d’une douzaine de Frères dont

– le Frère Amédée.

– le Frère Jude qui avait un don pour enlever les verrues !

– un Frère quêteur cumulant les fonctions de comptable et de trésorier.

Comment occuper tout ce monde ? Au début, ils fabriquaient sous la direction de responsables, des caissettes destinées à ranger le poisson au port de pêche, jusqu’à l’avènement du polystyrène qui a remplacé le bois. Et bien vite, à Guidel, à Saint Mathieu, s’est ouverte une annexe de l’institution où étaient installés, sur un terrain immense, des ateliers de mécanique, de menuiserie et scierie,

                

 

 où Mr Leport a travaillé pendant 30 ans, en tant qu’éducateur. Il y avait une ferme, un garage, 8 moniteurs techniciens, dans un bâtiment immense, avec sous-sol. Les bois travaillés venaient de Bordeaux.

Les horaires de travail couraient de :

8 h.30 à 12 h.30, et de 13 h.30 à 17 h.30 … repas du midi, à Guidel, et le soir à Lorient, dîner et télé.

Le transport de Lorient, depuis l’avenue de la Marne jusque Guidel, se faisait dans un bus de 55 places, secondé par un camion-cabine de 25 places, qui trouvaient places de garage dans la grande cour de l’entreprise.

Tout était moderne, mécanisé.

                           

Le rôle de Mr et Mme Leport était d’encadrer, nourrir et héberger les résidents –  Monsieur à Guidel, Madame au siège de la Communauté, rue Hyacinthe Glotin – souvent  cas sociaux, alcooliques ou sortant de prison, vagabonds, et dont l’âge s’échelonnait de 18 à 55 ans.

Signalons aussi la présence d’un foyer de femmes rue de l’Abbé Laudrin, perpendiculaire à la rue Belle Fontaine, constitué de cinq chambres, plus une cuisine, tenu par une religieuse.

De nombreuses distractions étaient proposées aux hébergés :

– Pique-niques;

– Courses;

– Foot à Saint Jo;

– Rallye en vélo jusque Sainte Barbe au Faouët;

– Fête de la St-Jean, etc …

– Vacances en Sologne, chez d’autres Capucins.

Ils percevaient un peu d’argent de poche, plus cigarettes et tabac.

Et c’est par les historiens qu’on apprend que la réforme capucine a vraiment été établie parce que les frères sont allés au secours des victimes de la peste. Ainsi est née la Communauté des Franciscains-Capucins, dont la devise consistait à être toujours prêts à répondre, surtout à l’appel des plus démunis. Ouverture aux pauvres, aux délaissés, rigueur envers eux-mêmes, mais bonté et attention aux autres, voilà leur réponse à l’appel de l’Evangile et au culte de Saint François d’Assise.

Le nom de capucins leur fut donné par les populations en raison du long capuce qu’ils portaient ; au début ce n’était qu’un surnom, mais il devint assez vite le nom officiel de l’Ordre.

De nombreux couvents ont été érigés en Bretagne dès le XVIIème siècle et furent détruits lors de la Révolution française; beaucoup de capucins virent leur congrégation interdite au tout début du XXème siècle.

Notons que dans le couvent de Crest dans la Drôme, un Frère, Philippe, capucin, qui y étudiait la théologie de 1932 à 1938, après son noviciat, bien avant qu’il ne fonde la Communauté Emmaüs, n’était autre que l’Abbé Pierre !

Peu de réussites à l’issue de ces formations. Il semblerait, à la lumière de l’expérience de Mr et Mme Leport, que peu de SDF – comme on les appelle aujourd’hui – échappent à leur condition, leur sort de vagabonds répond à un besoin viscéral de liberté. On ne leur connaît pratiquement d’autre destin que celui de sillonner les centres d’hébergement de France et de Navarre, et de s’y employer ici et là, vendanges, chantiers …

A Lorient, La Sauvegarde.56, une grande entreprise désormais ! accueille et héberge, lutte contre le sans-abrisme : la population étant plus nombreuse, les cas sociaux ne sont pas en diminution.

Aux Hespérides, nous avons hérité de cette communauté des Capucins qui a quitté Lorient le 17 mai 1996, une partie de leur territoire et de leur parc dont nous avons fait un jardin extraordinaire : il y reste la marque de leur foi et de leur ouverture aux déshérités, à l’image de St François d’Assise, que nous respectons profondément …

Et savez-vous que lorsque vous rentrez chez nous aux Hespérides, vous pénétrez dans la chapelle St François à l’emplacement même de notre accueil ? Quel réconfort d’être enveloppés de la foi qui habita tant de Lorientais et a probablement imprégné l’environnement, comme le font les églises et autres lieux saints emplis à la fois de paix et d’énergie …

 

Saluer la présence du printemps dans notre jardin extraordinaire

Il nous faut d’emblée saluer le printemps qui ne s’est pas fait prier pour frapper à nos portes, ces mois confinés de mars et d’avril, depuis que les matins nous appelaient plus tôt à la vie. Il n’en finit pas de se manifester, dans la terre, dans chaque branche, dans chaque feuille, chaque pétale, comme un acte de foi dans le temps lui-même, ou en quelque dieu échafaudant des combinaisons.

Et l’on a vu les arbres de notre avenue de la Marne quitter leur robe noire hivernale pour se parer des couleurs qui en font un ombrage délicieux en été, et nous font rêver en vert.

Et saluez, je vous prie, ce jardin extraordinaire des Hespérides – dont l’évocation à plusieurs reprises vous a laissé deviner la magnificence – et qui, chaque jour, fidèlement, sourit à nos fenêtres, nous forçant à l’admiration, l’herbe verdit, les pâquerettes y éclosent, les arbres fleurissent avant que d’habiller leurs branches de feuillages. Il est comme un trésor qui mérite que “nous suspendions nos chapeaux à son entrée”.

Et ne manquez pas de saluer ce mois d’avril dont les bourgeons ont tenu promesse par le renouvellement infime et permanent de tout ce qui dort et renaît, petits miracles de la métamorphose de la nature, et qui a entendu à vingt heures tapantes, chaque jour, depuis chaque balcon, les applaudissements qui saluent le travail et le courage de tous nos soignants face à ce fléau de virus.

N’oublions surtout pas de saluer la beauté, la richesse de la variété de nos arbres qui forment un rideau entre nos murs et l’horizon, depuis le pommier et son voisin l’arbre de Judée, et le magnolia qui les sépare, puis l’érable, le mimosa, le tilleul et ce majestueux marronnier aux fleurs en grappes saumon, tous se donnant la main comme pour nous saluer à leur tour; et en addition, faisant bande à part, un deuxième tilleul qui ne désespère pas de tutoyer le ciel.

… Et toutes ces nuances de l’aube naissante pour accompagner nos réveils quotidiens, qui, à travers pluies et brumes, nuages et éclats de soleil, veille à la vie des plantes, nous invitant à vibrer à la vie et ses émotions.

Nombreuses sont les plantes de notre jardin extraordinaire sous forme d’arbustes : chamérops, cytise, laurier rose, berbéris aux feuilles pourpres, prunier du Japon, lilas, forsythia, oranger du Mexique, arbre à perruques, céanothe …  de toutes sortes de fleurs, en plus des camélias,

arums, narcisses, jonquilles, tulipes, iris, pivoines, lilas, azalées somptueux, hortensias, capucines éclatantes : attendront-elles de saluer le voisinage des volubilis pour un mariage heureux ? … massifs de rosiers polyanthas et de roses prestigieuses, et puis ces innombrables petites pâquerettes qui poussent sans relâche, ornement  de la pelouse qui met en valeur cet océan de verdure. Imaginez toutes les couleurs de floraison qui se succèdent !

Vous aurez deviné que dans cette luxuriante étendue de plantations, c’est l’effervescence chez les oiseaux : toute l’année ce sont les mouettes et les goélands qui strient le ciel, ivres de la liberté qui nous est confisquée encore un temps.

Dès le printemps, moineaux, mésanges nous charment de leurs trilles emplissant l’espace de clameurs pas toujours festives. Et il suffit aux pies qui font nid dans les arbres de l’avenue, de survoler l’immeuble pour venir nous saluer, – on a vu un jour, une mouette utiliser le passage piétons pour traverser : une panne d’envol ? –  s’abreuver et s’ébrouer  dans l’eau de la vasque que Marielle, chaque jour, emplit, avec constance et amour. Tous les oiseaux, dès qu’il fait chaud, s’y ébattent et s’y désaltèrent … Et les merles, reconnaissants, nous offrent régulièrement le concert de leur contre-ut et tirlituipt, auquel fait écho la voix ronronnante de notre fidèle tourterelle.

Qui pourrait imaginer un monde sans les oiseaux ? Quand Mao ordonna la mise à mort de tous les moineaux de Chine lors de la “campagne des 4 nuisibles”, https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_des_quatre_nuisibles que pensait-il de l’avenir de son pays ?

Saluons pour finir, notre jardinier Eric, un amoureux de la terre, qui chouchoute et bichonne “son” jardin, luttant contre les mauvaises herbes, attentif à toutes transformations, et préoccupé de tailles et de choix. Le résultat en est merveilleux ! et l’on y promène son regard avec satisfaction, et l’on y dégourdit ses jambes volontiers, pour une marche de santé.

Bientôt, comme dans la chanson “Le Jardin Extraordinaire”  https://www.youtube.com/watch?v=uZtdMoITJgY&list=RDuZtdMoITJgY&start_radio=1&t=15 de Charles Trenet, les oiseaux y tiendront buffet et vendront grains et morceaux de gruyère, et auront comme clients Monsieur le Maire et le Sous-PréfetEt ce jour-là, le soleil, sur notre jardin, aura des rayons d’or.

Après le 11 mai, sortirons-nous la tête du nid comme les oiseaux  ? ainsi que le suggère Baudelaire.