38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

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Voir la vie en rose aux Hespérides

Ce qui flashe, ce 30 janvier 2020, dès l’entrée dans notre belle salle à manger donnant sur le jardin extraordinaire des Hespérides, c’est cette longue table en L, où sont conviés à fêter l’Epiphanie, une quarantaine de résidents. Décorée d’assiettes et de serviettes roses, elle est agrémentée de camélias de même ton, cueillis à cet effet par nos hôtesses au bon goût.

Eclatant de leurs tons de roses, saumoné, tendre, vif, fuchsia, et de blanc lumineux, les camélias du jardin et leur feuillage lustré nous éblouissent de leur beauté, indifférents en ce coeur d’hiver, à la dormance, cette petite mort qui prépare à l’explosion printanière.

Cette couleur rose sied à tous, elle est aujourd’hui symbole de la joie de nous retrouver ensemble, autour des “Copines du mardi

les accordéonistes que nous connaissons, elles-mêmes encadrées de leur boute-en-train, Joëlle, dont le peps éclabousse l’endroit. Assistée d’Annick, elle distribue les feuillets des chansons programmées, et de leurs voix jeunes et envolées, toutes nous convient à les escorter : entrain assuré.

Le rose nous montera vite aux joues, naturellement, redonnant fraîcheur à nos visages, d’autant que, dégustant le cidre frais qui accompagne la galette, nous ne tarderons pas à céder à une douce excitation. Chanter aiguillonne, et danses entraînantes se succèdent : quelques classiques du répertoire breton enchantent ceux qui ont des fourmis dans les jambes … D’autres airs amusants ou tendres ponctuent la découverte pour certains, de la fève qui font de leurs têtes chenues, le statut de roi ou de reine.

Savez-vous que, quand vint la Révolution française, le nom même de « gâteau des rois » fut un danger. Du haut de la tribune de la Convention, on tenta sans succès d’obtenir l’interdiction du gâteau des rois, mais la galette triompha. Peu après, un arrêté de la Commune ayant changé, dans la séance du 31 décembre 1791, le jour des rois en « jour des sans-culottes », le gâteau n’eut plus sa raison d’être. Cette disparition ne fut néanmoins que momentanée, car les sans-culottes ayant remplacé le nom “Épiphanie” en “fête du Bon Voisinage”, un décret du 4 nivôse an III ayant recommandé de partager la « galette de l’Égalité », il reparut bientôt sur toutes les tables familiales.

Mais de nos jours, au palais de l’Élysée, siège de la République, une galette géante (40 fois plus grosse qu’une galette classique) est livrée chaque année au président de la République française depuis 1975. Mais selon le même principe que la « galette de l’Égalité » de la période révolutionnaire, la galette offerte chaque année au président ne cache aucune fève, en souvenir de l’héritage de la Révolution française et du respect des principes de la République.

Tout n’est pas rose dans la vie – chacun le sait – mais tandis que dehors, une fine bruine tombe obstinément, festonnant les branches d’arbres dénudées, de gouttelettes d’eau comme des perles, “Le petit vin blanc” achèvera de nous dérider en ce jeudi qui nous aura joliment rapprochés une fois de plus, autour d’une galette au goût de partage et de frangipane. Miam Miam !

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