38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

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Remue-Méninges a repris après le déconfinement partiel

Précision: en cette période inédite où des précautions sanitaires sont à respecter, seuls les résidents des Hespérides ont la possibilité de participer aux rencontres. Cependant, les quelque 15 non-résidents fidèles à l’activité depuis sa mise en place, ne sont pas oubliés ! L’animatrice, Marcelle, leur transmet – via Internet – exercices et corrigés. Cette animation autour des mots et autres, à distance, tout en donnant aux personnes qui le souhaitent, la possibilité de pratiquer une « gymn de neurones », permet aussi de conserver des liens amicaux. 
Séance du lundi 6 juillet en présence des résidents :

Compléter la citation à l’aide des mots suivants (verbes ou noms précédés d’un article) :

attendre ; apprendre ; danser ; les orages ; La vie.

« – – – – – – – – – – -, ce n’est pas – – – – – – – – – – que – – – – – – – – – – passent ; c’est – – – – – – – – comment – – – – – – – – – sous la pluie »
__________________________________________________________________
Échauffement des neurones.
I / À partir de la suite « naturelle » de nombres : 0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7, trouver comment constituer la suite de nombres suivante : 1 ; 2 ; 5 ; 10 ; 17 ; 26 ; 37 ; 50

( un conseil : soyez un observateur «  ordonné » et . . . « carré » !) ________________________________________________________

II / En utilisant une seule fois chacune des 26 lettres de l’alphabet, retrouver les treize mots contenus dans la grille.
Remarques : plusieurs solutions peuvent vous sembler possibles ; cependant la solution est unique ; une même lettre peut figurer plusieurs fois dans un même mot ;
pour vous aider : la 1è lettre de l’alphabet doit apparaître dans la 9è ligne ; la 26è lettre dans la 7è ligne. Et quelques définitions de mots à trouver : « c’est la pagaille ! » ; « une gourmandise » ; « on y danse »   ; « un déclenchement » .

. . B R . . N
/ . A . A R /
. A N . I E R
/ . A T A L /
/

I D E U .
/ / . N I O N
. R A . E . E
. R O . N I E
/ . U . T R E
D A . C . N .
/ D E C . I .
E . C A L E /
/ / S O U .

/

_______________________________________________________

Retrouvons des VILLES françaises, en utilisant deux lettres qui se suivent dans chacun des mots proposés :

1) ROBE ;  SAUT ; LANÇA ; ONDE > – – – – – – – –

2) LAME ; PIED ; DANS  > – – – – – –

3) REPOS ; RITE ; CRAIE ; HERSE > – – – – – – – –

4) LAQUE TRIBU CERF BÂTON > – – – – – – – –

Pour vous aider, des précisions (dans le désordre) sur ces villes : région Nouvelle-Aquitaine, département de la Vienne ; région bourgogne Franche-Comté, département du Doubs ; région Bretagne, département du Morbihan ; région des Hauts-de-France, département de la Somme.


CONNAISSANCE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Relever et corriger les ERREURS contenues dans le texte qui suit (concocté par l’animatrice)

Quand je rêvais du déconfinement, je me sentais curieusement tiraillée. Dire que cela tournait à un cruel dilemne, serait exagéré. Néanmoins, mon côté Don Quichote m’entraînait chez les cavaliers du Kazakhstan, https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan , les Papous de Nouvelle-Guinée, ou les arborigènes d’Australie, tandis que mon côté Sancho Pancha me poussait à m’imaginer au restaurant Castel Clara de Belle-Île-en-Mer https://www.castel-clara.com/fr/page/restaurant-gastronomique-belle-ile-en-mer.2.html devant des montagnes de fruits de mer, des maigrets de canard, des plâtrées de cèpes odorants, d’un énorme far breton … Cependant, je ne me suis pas laissée obnibuler longtemps par ces images de grandioses périgrinations ou de bonne chère.

Je me suis contentée de plaisirs plus frustres qui m’évitaient tout souci pécunier. Fidèle à mes pénates habituelles, j’ai ressorti tranquillement mes livres, mes CD, mes DVD, et me suis préparé des repas simples et équilibrés. De toute façon, quand on est moyennement rénumérée, il vaut mieux essayer de trouver le bonheur chez soi !

Le foyer des Capucins Saint François avant la construction des Hespérides

Cette pandémie du coronavirus nous offrant l’opportunité et la curiosité de recourir à l’histoire de la peste et d’autres fléaux semblables, comme l’humanité en a toujours connus, et notre résidence ayant été construite sur l’emplacement de la communauté des Frères Capucins où leur foyer Saint-François inauguré en 1965, en la présence de Mr Jean-Yves Le Drian

hébergeait des personnes sans abri, il était normal de connaître le passé du lieu où nous vivons.

Le Foyer St-François dont l’emplacement s’étendait de la rue Belle Fontaine (entrée) jusqu’à l’avenue de la Marne était constitué d’un bâtiment Hébergement qui donnait sur la rue Hyacinthe Glotin, et s’élevait sur trois étages, abritant, d’abord 25, puis une centaine de résidents,

   

et employait une cinquantaine de salariés.

Il y avait une cuisine immense, tenue par Mademoiselle Alléo.

Une chapelle très fréquentée par les Lorientais, même les jours de semaine.

Et un cimetière d’où les ossements enfouis ont été transférés à Kerlétu.

De l’avenue de la Marne, s’étalait un grand parc jusque la rue Belle Fontaine dont l’entretien nécessitait l’emploi d’un jardinier, Mr Barthélémy.

Le Père Louis Joseph, aumônier du foyer était entouré d’une douzaine de Frères dont

– le Frère Amédée.

– le Frère Jude qui avait un don pour enlever les verrues !

– un Frère quêteur cumulant les fonctions de comptable et de trésorier.

Comment occuper tout ce monde ? Au début, ils fabriquaient sous la direction de responsables, des caissettes destinées à ranger le poisson au port de pêche, jusqu’à l’avènement du polystyrène qui a remplacé le bois. Et bien vite, à Guidel, à Saint Mathieu, s’est ouverte une annexe de l’institution où étaient installés, sur un terrain immense, des ateliers de mécanique, de menuiserie et scierie,

                

 

 où Mr Leport a travaillé pendant 30 ans, en tant qu’éducateur. Il y avait une ferme, un garage, 8 moniteurs techniciens, dans un bâtiment immense, avec sous-sol. Les bois travaillés venaient de Bordeaux.

Les horaires de travail couraient de :

8 h.30 à 12 h.30, et de 13 h.30 à 17 h.30 … repas du midi, à Guidel, et le soir à Lorient, dîner et télé.

Le transport de Lorient, depuis l’avenue de la Marne jusque Guidel, se faisait dans un bus de 55 places, secondé par un camion-cabine de 25 places, qui trouvaient places de garage dans la grande cour de l’entreprise.

Tout était moderne, mécanisé.

                           

Le rôle de Mr et Mme Leport était d’encadrer, nourrir et héberger les résidents –  Monsieur à Guidel, Madame au siège de la Communauté, rue Hyacinthe Glotin – souvent  cas sociaux, alcooliques ou sortant de prison, vagabonds, et dont l’âge s’échelonnait de 18 à 55 ans.

Signalons aussi la présence d’un foyer de femmes rue de l’Abbé Laudrin, perpendiculaire à la rue Belle Fontaine, constitué de cinq chambres, plus une cuisine, tenu par une religieuse.

De nombreuses distractions étaient proposées aux hébergés :

– Pique-niques;

– Courses;

– Foot à Saint Jo;

– Rallye en vélo jusque Sainte Barbe au Faouët;

– Fête de la St-Jean, etc …

– Vacances en Sologne, chez d’autres Capucins.

Ils percevaient un peu d’argent de poche, plus cigarettes et tabac.

Et c’est par les historiens qu’on apprend que la réforme capucine a vraiment été établie parce que les frères sont allés au secours des victimes de la peste. Ainsi est née la Communauté des Franciscains-Capucins, dont la devise consistait à être toujours prêts à répondre, surtout à l’appel des plus démunis. Ouverture aux pauvres, aux délaissés, rigueur envers eux-mêmes, mais bonté et attention aux autres, voilà leur réponse à l’appel de l’Evangile et au culte de Saint François d’Assise.

Le nom de capucins leur fut donné par les populations en raison du long capuce qu’ils portaient ; au début ce n’était qu’un surnom, mais il devint assez vite le nom officiel de l’Ordre.

De nombreux couvents ont été érigés en Bretagne dès le XVIIème siècle et furent détruits lors de la Révolution française; beaucoup de capucins virent leur congrégation interdite au tout début du XXème siècle.

Notons que dans le couvent de Crest dans la Drôme, un Frère, Philippe, capucin, qui y étudiait la théologie de 1932 à 1938, après son noviciat, bien avant qu’il ne fonde la Communauté Emmaüs, n’était autre que l’Abbé Pierre !

Peu de réussites à l’issue de ces formations. Il semblerait, à la lumière de l’expérience de Mr et Mme Leport, que peu de SDF – comme on les appelle aujourd’hui – échappent à leur condition, leur sort de vagabonds répond à un besoin viscéral de liberté. On ne leur connaît pratiquement d’autre destin que celui de sillonner les centres d’hébergement de France et de Navarre, et de s’y employer ici et là, vendanges, chantiers …

A Lorient, La Sauvegarde.56, une grande entreprise désormais ! accueille et héberge, lutte contre le sans-abrisme : la population étant plus nombreuse, les cas sociaux ne sont pas en diminution.

Aux Hespérides, nous avons hérité de cette communauté des Capucins qui a quitté Lorient le 17 mai 1996, une partie de leur territoire et de leur parc dont nous avons fait un jardin extraordinaire : il y reste la marque de leur foi et de leur ouverture aux déshérités, à l’image de St François d’Assise, que nous respectons profondément …

Et savez-vous que lorsque vous rentrez chez nous aux Hespérides, vous pénétrez dans la chapelle St François à l’emplacement même de notre accueil ? Quel réconfort d’être enveloppés de la foi qui habita tant de Lorientais et a probablement imprégné l’environnement, comme le font les églises et autres lieux saints emplis à la fois de paix et d’énergie …

 

Saluer la présence du printemps dans notre jardin extraordinaire

Il nous faut d’emblée saluer le printemps qui ne s’est pas fait prier pour frapper à nos portes, ces mois confinés de mars et d’avril, depuis que les matins nous appelaient plus tôt à la vie. Il n’en finit pas de se manifester, dans la terre, dans chaque branche, dans chaque feuille, chaque pétale, comme un acte de foi dans le temps lui-même, ou en quelque dieu échafaudant des combinaisons.

Et l’on a vu les arbres de notre avenue de la Marne quitter leur robe noire hivernale pour se parer des couleurs qui en font un ombrage délicieux en été, et nous font rêver en vert.

Et saluez, je vous prie, ce jardin extraordinaire des Hespérides – dont l’évocation à plusieurs reprises vous a laissé deviner la magnificence – et qui, chaque jour, fidèlement, sourit à nos fenêtres, nous forçant à l’admiration, l’herbe verdit, les pâquerettes y éclosent, les arbres fleurissent avant que d’habiller leurs branches de feuillages. Il est comme un trésor qui mérite que « nous suspendions nos chapeaux à son entrée ».

Et ne manquez pas de saluer ce mois d’avril dont les bourgeons ont tenu promesse par le renouvellement infime et permanent de tout ce qui dort et renaît, petits miracles de la métamorphose de la nature, et qui a entendu à vingt heures tapantes, chaque jour, depuis chaque balcon, les applaudissements qui saluent le travail et le courage de tous nos soignants face à ce fléau de virus.

N’oublions surtout pas de saluer la beauté, la richesse de la variété de nos arbres qui forment un rideau entre nos murs et l’horizon, depuis le pommier et son voisin l’arbre de Judée, et le magnolia qui les sépare, puis l’érable, le mimosa, le tilleul et ce majestueux marronnier aux fleurs en grappes saumon, tous se donnant la main comme pour nous saluer à leur tour; et en addition, faisant bande à part, un deuxième tilleul qui ne désespère pas de tutoyer le ciel.

… Et toutes ces nuances de l’aube naissante pour accompagner nos réveils quotidiens, qui, à travers pluies et brumes, nuages et éclats de soleil, veille à la vie des plantes, nous invitant à vibrer à la vie et ses émotions.

Nombreuses sont les plantes de notre jardin extraordinaire sous forme d’arbustes : chamérops, cytise, laurier rose, berbéris aux feuilles pourpres, prunier du Japon, lilas, forsythia, oranger du Mexique, arbre à perruques, céanothe …  de toutes sortes de fleurs, en plus des camélias,

arums, narcisses, jonquilles, tulipes, iris, pivoines, lilas, azalées somptueux, hortensias, capucines éclatantes : attendront-elles de saluer le voisinage des volubilis pour un mariage heureux ? … massifs de rosiers polyanthas et de roses prestigieuses, et puis ces innombrables petites pâquerettes qui poussent sans relâche, ornement  de la pelouse qui met en valeur cet océan de verdure. Imaginez toutes les couleurs de floraison qui se succèdent !

Vous aurez deviné que dans cette luxuriante étendue de plantations, c’est l’effervescence chez les oiseaux : toute l’année ce sont les mouettes et les goélands qui strient le ciel, ivres de la liberté qui nous est confisquée encore un temps.

Dès le printemps, moineaux, mésanges nous charment de leurs trilles emplissant l’espace de clameurs pas toujours festives. Et il suffit aux pies qui font nid dans les arbres de l’avenue, de survoler l’immeuble pour venir nous saluer, – on a vu un jour, une mouette utiliser le passage piétons pour traverser : une panne d’envol ? –  s’abreuver et s’ébrouer  dans l’eau de la vasque que Marielle, chaque jour, emplit, avec constance et amour. Tous les oiseaux, dès qu’il fait chaud, s’y ébattent et s’y désaltèrent … Et les merles, reconnaissants, nous offrent régulièrement le concert de leur contre-ut et tirlituipt, auquel fait écho la voix ronronnante de notre fidèle tourterelle.

Qui pourrait imaginer un monde sans les oiseaux ? Quand Mao ordonna la mise à mort de tous les moineaux de Chine lors de la « campagne des 4 nuisibles », https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_des_quatre_nuisibles que pensait-il de l’avenir de son pays ?

Saluons pour finir, notre jardinier Eric, un amoureux de la terre, qui chouchoute et bichonne « son » jardin, luttant contre les mauvaises herbes, attentif à toutes transformations, et préoccupé de tailles et de choix. Le résultat en est merveilleux ! et l’on y promène son regard avec satisfaction, et l’on y dégourdit ses jambes volontiers, pour une marche de santé.

Bientôt, comme dans la chanson « Le Jardin Extraordinaire »  https://www.youtube.com/watch?v=uZtdMoITJgY&list=RDuZtdMoITJgY&start_radio=1&t=15 de Charles Trenet, les oiseaux y tiendront buffet et vendront grains et morceaux de gruyère, et auront comme clients Monsieur le Maire et le Sous-PréfetEt ce jour-là, le soleil, sur notre jardin, aura des rayons d’or.

Après le 11 mai, sortirons-nous la tête du nid comme les oiseaux  ? ainsi que le suggère Baudelaire.

 

les Hespérides, lieux mythiques du couchant

Dans un jardin situé dans l’Extrême Occident où vivaient les nymphes Hespérides, Héra  avait planté un pommier pour faire cadeau de ses fruits d’or à Zeus, dont elle était à la fois la femme et la soeur. (Eh oui ! l’inceste n’était pas une relation interdite, et pour cause : c’était le mode de vie classique chez les dieux et déesses !)

Le jardin des Hespérides est une image exemplaire de la vie riche et fertile, parce que planté d’arbres aux fruits d’or, et habité par trois soeurs déesses, filles d’Atlas et d’Hespéris, petites-filles d’Hespérus, gardiennes de ce jardin où elles nourrissent des moutons dont la toison est d’or … Il est situé à l’ouest, soit la dernière étape du soleil. … Ainsi, les Hespérides sont les heures du soir, le jardin est le firmament, et les pommes d’or des étoiles.. Quels plus beaux symboles ? … Et quand les Atlantides sont identifiées aux seules Hespérides, elles seraient les filles d’Hesperis qui, lui, est l’heure du soir.

« Je me demande dans quel lit se couche le soleil.

 Je me demande où les nuits passent leurs journées.

 Je me demande pourquoi la nuit tombe, pourquoi le soleil se lève.

 Je me demande aussi s’il y a encore des étoiles derrière les nuages.

 Je me demande enfin si le soleil, aujourd’hui, aimerait avoir une ombre. »

Extrait de ..« Bienvenue en poésie » de Pef .………………………………

Les Hespérides de la poésie ont été évoquées par Chateaubriand dans ses « Mémoires d’Outre-tombe » :

« Beaux parcs et beaux jardins, qui dans votre clôture 

Avez toujours des fleurs et des ombrage verts 

Non sans quelque démon qui défend aux hivers 

D’en effacer jamais l’agréable peinture …

Si de ces Hespérides de la poésie et de l’histoire je descends aux jardins de nos jours, quelle multitude en ai-je vue naître et mourir ? Sans parler des bois de Sceaux, de Marly, de Choisy, rasés au niveau des blés, sans parler des bosquets de Versailles … »

Savez-vous qu’en botanique, les fruits des agrumes sont des baies appelés hespérides : à l’intérieur (endocarpe) la pulpe est répartie en 8 à 12 lobes qui renferment les pépins et les cellules gorgées de jus. Par extension, les agrumes sont parfois appelés « hespérides » en référence aux travaux d’Hercule et à sa mission de cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides.

En cosmétique, les caractéristiques d’un parfum sont classées en 7 familles olfactives et en sous-familles, les facettes. La famille Hespéridée est l’une de ces 7 familles en référence à  la mythologie grecque évoquée.

En astronomie, les Hespérides font partie des noms donnés aux Pléïades, ainsi les poètes les disant filles d’Atlas et d’Hespéris, elles sont aussi appelées Atlantides …

Tout ceci n’est qu’une miette de la densité des écrits sur la mythologie grecque, et nous nous contenterons aujourd’hui, en ce temps atypique du confinement et des distances-barrièresauxquels nous sommes, pour la première fois de notre longue vie, confrontés, de voir dans « Hespérides » les lettres ESPER que nous traduirons en ESPOIR.

Nos dieux et nos déesses à nous aujourd’hui, héros de nos vies, ce sont les soignants et tous ceux qui travaillent à assurer le quotidien de chacun, malgré les problèmes de ce printemps 2020. Nous leur exprimons notre vive gratitude.

 

 

 

 

 

 

Double tradition bretonne : crêpes et chants de marins ! !

Ah ! la belle vie ! aux Hespérides ! : Ce jeudi de février 2020, dans sa salle lumineuse, coquette, juponnée fête, notre traditionnelle table en « L », accueillait la quarantaine de résidents attirés autant par la promesse de dégustation de crêpes qui ont flatté notre palais, que par la diffusion de chants de marins qui ont charmé nos oreilles tout au long de notre rencontre.

Des bouquets de jonquilles de-ci de-là, les camélias de notre jardin extraordinaire obstinément florissants, des nappes colorées, les reflets dorés du soleil sur les vitres, ou le passage dans le ciel de nuages s’effilochant sur un ciel nuancé, toutes ces couleurs de la vie nous sourient, et nous sourions à la vie.

Déjà relatée sur ce même site, en 2019, la tradition des crêpes le jour de la chandeleur telle qu’elle s’inscrit dans l’histoire, révélait qu’elle nous viendrait des paysans. « Le 2 février marque en effet, chez eux, la fin de l’hiver et le retour dans les champs. Pour se porter chance, ils ont ainsi pris l’habitude de faire sauter les crêpes avec la farine excédentaire de l’année passée. Très superstitieux, ils pensent ainsi protéger leur foyer du malheur et assurer la prospérité de leurs futures récoltes. La crêpe ronde représente le disque solaire. Elle évoque ici le retour des beaux jours. Pour apporter prospérité au foyer, il était d’usage de faire sauter la première crêpe de la main droite avec une pièce en or dans la main gauche : un autre disque jaune qui rappelle à nouveau le Soleil ».

« Les chants de marins,

eux, existent depuis toujours, et ce à travers le monde. Dès l’antiquité, les chants de marins sont utilisés pour rythmer les travaux des ports, même si les premiers témoignages remontent au 15e siècle et font état de chants très basiques … Il ne faut pas oublier que les marins qui n’ont pas de formation musicale utilisent des structures basiques avec une suite de couplets simples entrecoupés de refrains ou d’une phrase répétée. La mélodie est facile à mémoriser et les paroles sont bien souvent en rapport avec le milieu professionnel.

Ces chants sont rarement vulgaires, mais parlent de scène coquine, humoristique ou grotesque. On y retrouve le thème du travail, de la nourriture — qui n’est pas fameuse à bord — ou encore des femmes.

Les marins évoquent le manque de la fiancée, laissée au port, d’une épouse guettant le retour de son mari, d’une mère, veuve de marin. Ces femmes qui tiennent le foyer pendant qu’ils tiennent la barre. Ils vantent leur courage, leur patience, elles qui ne se plaignent jamais.

La majorité des chants de marins sont des chants de travail, même si l’on trouve aussi des chants de détente. Que ce soit pour danser, boire ou travailler, les paroles et les rythmes varient sans cesse. Ainsi, une chanson peut être scandée pour le travail ou la détente, mais avec un rythme bien différent, soutenu dans le premier cas, et plus lent dans le 2e cas.

La vie en mer est longue et difficile. À chaque instant, les marins côtoient la mort, le froid, la chaleur, les bagarres, les maladies… Ils naviguent sur les océans déchaînés

et parfois calmes, avec des cartes imprécises, soumis à des conditions dures, pouvant mettre leurs nerfs à rude épreuve.

La promiscuité est à son maximum pour ces hommes qui partagent leurs bannettes, leurs quarts et leurs repas, tandis que quelque part les attendent, une famille, une femme, une fiancée et parfois des enfants. Sans compter que certains d’entre eux sont embarqués de force.

Ces chants et complaintes rythment alors leur vie, inventés au gré des expériences de mer et de port. Ils les chantent en mer, mais aussi à terre, dans les tavernes, après avoir vidé leurs poches pour s’octroyer boissons et femmes ».

Aux Hespérides, ces deux traditions ancestrales paysanne et marine se donnent la main aujourd’hui, et on entra vite en liesse, des airs enfouis dans nos têtes jaillissant spontanément, la tradition en Bretagne étant d’accompagner de chants tous événements, de la naissance à la mort, en passant par une foule de prétextes à partager un repas, à boire à la santé et à faire la fête quoi !

Et avec « Les Trois Marins de Groix » et « Les Filles de Lorient » et puis celles de « La Rochelle« , nous « Chantons pour passer le temps« . « Fanny de Laninon » et ses « Quinze marins » plus « Le Corsaire le Grand Coureur » et maintenant « Le Forban » nous rejoignent et nous voilà « Sur le pont de Morlaix » embarqués sur « La Danaé »  où « Y’a quatre marins » : allez « Hardi les gars vire au guindeau », en route pour « Valparaiso » ou préférez-vous « Le Port de Tacoma » « Sur la route de San Francisco » ?

Rendez-vous maintenant au « Trente-et-un du mois d’août » ! … pour une nouvelle bourlingue façon Hespérides …

 

 

 

Voir la vie en rose aux Hespérides

Ce qui flashe, ce 30 janvier 2020, dès l’entrée dans notre belle salle à manger donnant sur le jardin extraordinaire des Hespérides, c’est cette longue table en L, où sont conviés à fêter l’Epiphanie, une quarantaine de résidents. Décorée d’assiettes et de serviettes roses, elle est agrémentée de camélias de même ton, cueillis à cet effet par nos hôtesses au bon goût.

Eclatant de leurs tons de roses, saumoné, tendre, vif, fuchsia, et de blanc lumineux, les camélias du jardin et leur feuillage lustré nous éblouissent de leur beauté, indifférents en ce coeur d’hiver, à la dormance, cette petite mort qui prépare à l’explosion printanière.

Cette couleur rose sied à tous, elle est aujourd’hui symbole de la joie de nous retrouver ensemble, autour des « Copines du mardi »

les accordéonistes que nous connaissons, elles-mêmes encadrées de leur boute-en-train, Joëlle, dont le peps éclabousse l’endroit. Assistée d’Annick, elle distribue les feuillets des chansons programmées, et de leurs voix jeunes et envolées, toutes nous convient à les escorter : entrain assuré.

Le rose nous montera vite aux joues, naturellement, redonnant fraîcheur à nos visages, d’autant que, dégustant le cidre frais qui accompagne la galette, nous ne tarderons pas à céder à une douce excitation. Chanter aiguillonne, et danses entraînantes se succèdent : quelques classiques du répertoire breton enchantent ceux qui ont des fourmis dans les jambes … D’autres airs amusants ou tendres ponctuent la découverte pour certains, de la fève qui font de leurs têtes chenues, le statut de roi ou de reine.

Savez-vous que, quand vint la Révolution française, le nom même de « gâteau des rois » fut un danger. Du haut de la tribune de la Convention, on tenta sans succès d’obtenir l’interdiction du gâteau des rois, mais la galette triompha. Peu après, un arrêté de la Commune ayant changé, dans la séance du 31 décembre 1791, le jour des rois en « jour des sans-culottes », le gâteau n’eut plus sa raison d’être. Cette disparition ne fut néanmoins que momentanée, car les sans-culottes ayant remplacé le nom « Épiphanie » en « fête du Bon Voisinage », un décret du 4 nivôse an III ayant recommandé de partager la « galette de l’Égalité », il reparut bientôt sur toutes les tables familiales.

Mais de nos jours, au palais de l’Élysée, siège de la République, une galette géante (40 fois plus grosse qu’une galette classique) est livrée chaque année au président de la République française depuis 1975. Mais selon le même principe que la « galette de l’Égalité » de la période révolutionnaire, la galette offerte chaque année au président ne cache aucune fève, en souvenir de l’héritage de la Révolution française et du respect des principes de la République.

Tout n’est pas rose dans la vie – chacun le sait – mais tandis que dehors, une fine bruine tombe obstinément, festonnant les branches d’arbres dénudées, de gouttelettes d’eau comme des perles, « Le petit vin blanc » achèvera de nous dérider en ce jeudi qui nous aura joliment rapprochés une fois de plus, autour d’une galette au goût de partage et de frangipane. Miam Miam !

On n’est jamais seul aux Hespérides, car on lit !

Voici quatre livres, parmi d’autres, dont la lecture, à elle seule, nous apporte joie et évasion.

« Les étoiles s’éteignent à l’aube » de Richard WAGAMESE

C’est un magnifique récit initiatique, un roman sur la transmission, écrit par un auteur de littérature amérindienne qui appartient à la nation ojibwé et nous a quitté en mars 2017.

C’est aussi un périple au coeur des terres indiennes, éprouvant et salutaire :

Un père qui sait ses jours comptés, souhaite que son fils le conduise dans les montagnes, là où il veut mourir en paix, à la manière d’un Indien.

Ce père rongé par l’alcool, au lourd passé secret, et ce fils solitaire, sérieux et calme, vont renouer des liens, et, en fait, faire connaissance l’un de l’autre.

Et cette rencontre entre deux êtres seuls est d’une beauté, d’une sensibilité et d’une pudeur rares, à l’image de cette nature grandiose où elle se déroule.

Le récit évoque John Steinbeck pour ses écrits sur le mécanisme inéluctable de l’alcoolisme conduisant à la déchéance, et Jim Harrison dont les livres sur les Indiens et leurs coutumes sont si révélateurs.

« Entre ciel et Lou » de Lorraine FOUCHET : Il y a « ce caillou de huit kilomètres sur quatre, planté au milieu de l’océan ». Les Groisillons aiment en pagaille, les Québécois tombent en amour. » (Babelio)

Lou, figure maternelle bien présente, ainsi qu’épouse comblée, vient de mourir, laissant son mari qu’elle surnommait « Piroche« , vide de souffle et d’appétit. Il est désormais seul sur cette île de Groix que l’un et l’autre avait choisie et adoptée.

« Elle s’est éclipsée » dit-il de Lou, et le testament qu’elle a déposé chez un notaire de Lorient va justifier cette expression, car de « là où l’on va après », elle a, seule, orchestré la réconciliation entre son Piroche et leurs deux enfants, l’entente n’étant pas toujours au rendez-vous dans cette famille composée, décomposée, et recomposée qui pourrait être celle de chacun de nous.

Mais l’amour et l’affection, n’est-ce-pas, font des miracles et c’est autour de Lou disparue, que va se construire une nouvelle complicité intergénérationnelle.

Roman choral où chacun s’exprime, qui se lit volontiers dans le cadre séduisant de l’île de Groix.

« Fleur de Tonnerre » de Jean TEULE

Aux XVIIIème et XIXème siècles, les superstitions locales faisaient florès en Bretagne … Seul, Jean Teulé, avec sa verve endiablée, pouvait ainsi nous chambouler avec sa « Fleur de Tonnerre », surnom d’Hélène Jégado

qui, nourrie de légendes et de mythologies celtes, va se substituer à l' »Ankou » – l’ange de la mort breton, représenté par un vieil homme aux cheveux blancs, un peu voûté, très maigre, et accompagné de sa charrette grinçante dont le bruit « wig ha wag » est prémonitoire d’une mort –

Nous allons, dans cette virée funeste à travers le monde rural, de Ploemeur à Hennebont, de Lorient à Rennes,  cheminer avec la belle Hélène, cuisinière, qui, à elle seule, utilisant de l’arsenic dans ses pâtisseries, sans complice, pendant plus de 30 ans, va semer morts et tourments.

Et si l’on s’étonne qu’elle ait pu empoisonner tant de gens, sans que personne ne lève le petit doigt, peut-être faut-il rappeler que les épidémies de choléra à cette même époque, faisaient rage ?

« Vous reprendrez bien un peu de kouign-amann ? »https://fr.wikipedia.org/wiki/Kouign-amann

« Article 353  » de Tanguy VIEIL

L’article 353 du Code de Procédure pénale permet d’en appeler moins aux preuves qu’à la conscience des juges et jurés de la cour d’assise, en somme, se fier à l’intime conviction.

Un village du Finistère nord, années 90. Suite à une arnaque immobilière portant sur un projet grandiose dans la rade de Brest,

Martial Kermeur jette à l’eau Antoine Lazenec durant une partie de pêche. Lazenec se noie, Kermeur est arrêté.

Et nous assistons à un huis-clos magistral entre deux hommes que tout sépare … Une longue confession profondément émouvante d’un narrateur, seul, face à un juge.

C’est le langage d’un homme simple, seul face à ce juge qui lui, emploie la langue officielle, celle du Code pénal.

Or, Martial Kermeur a tué. Devant le juge, il a rendez-vous avec sa vie – ou avec sa mort –

Et il livre là, nu, sa parole libre, humble, celle d’un homme brave, qui « a honte », et le dit avec des mots simples, vrais.

Il se sent arnaqué, floué, sali, miné, accablé, victime, parce que manipulé, d’un engrenage qui mène implacablement au drame.

Toute la puissance – la force de ce livre – est dans cette parole, surtout quand elle s’attarde sur la communication, si difficile et quasi impossible entre les êtres.

Un très grand livre ! … bouleversant …

 

Deux centenaires ce mois de décembre 2019 aux Hespérides du Ponant

By 18th décembre, 2019 Evènement No Comments

Ce 17/12/2019, dans notre salon, nous étions une quarantaine de résidents des Hespérides, venus rendre hommage à :

Marie-Antoinette SILVESTRE

et

Joseph CALIPPE

qui fêtaient, réjouis, leur anniversaire, en ce mois de décembre qui a fait d’eux, des centenaires.

Cent ans ! : tout ce temps qui s’est écoulé pour chacun d’eux, fait d’amour partagé, de souvenirs, de désirs et regrets mêlés, de surprises, de petits miracles, autour de professions intéressantes : propriétaire de chais du port de Lorient et commandant de vaisseau de la Marine marchande,  … Une histoire, deux histoires … Une longue histoire, deux longues histoires !

Cent ans ! Que de joies – de peines aussi et de blessures cicatrisées – de rencontres ! Que d’amitiés nouées, de voyages réalisés ! Que de projets aboutis ou non, tout ce chemin parcouru depuis décembre 1919, ponctué de loisirs tels que lecture, musique, parties de bridge, spectacles et autres, chemin qui a tissé le long fil de leurs vies respectives et fait d’eux des conjoints, des parents, des grands-parents, et des arrière-grands-parents !

On ne peut qu’éprouver de l’admiration pour ce long voyage que Marie-Antoinette et Joseph ont accompli – chacun de leur côté – contre vents et marées, résistant à deux guerres – et qui traduit santé, endurance, courage et enthousiasme, et bien sûr de la chance : à les voir aujourd’hui, entourés de leur famille dont la jeunesse et la beauté nous éclaboussaient dans ce salon.

Madame Mollo, adjointe aux Affaires Sociales, accompagnant les agapes

de cette fête de nos deux centenaires en nos lieux et en ce mois de décembre, a prononcé un discours en leur honneur, tout en offrant de la part de Monsieur le Maire, chocolats et fleurs à nos deux héros.

La Direction, au nom des résidents, s’est fait également une joie de marquer cet événement par des fleurs et des présents – appréciés : les regard complices de Marie-Antoinette et Joseph en témoignaient !

Jean Glazman, le président de notre Conseil des Résidents a évoqué le bien-être que nous ressentons tous en habitant aux Hespérides, comparant notre lieu de vie à un cocon : C’est tout à fait ça !

Entonnée par la chorale des Hespérides, menée par Maryse, la chanson « Mille colombes » symbolisant la douceur dont nous étions déjà enveloppés, a conclu notre rencontre.

… Jusqu’au prochain centenaire à fêter à nouveau …

 

 

 

Chorale et karaoké aux Hespérides se donnent le « la »

Chanter un air choisi, c’est pas si facile, ni en paroles, ni en tonalité, ce qui est fa-si-la faire c’est :

la la la la la la la la la

Emmenez-moi au bout de la terre – Emmenez-moi au pays des merveilles :

Sur la route de Memphis – Sur la route de Louviers – ou à Loguivy de la Mer – ou bien à Santiano ou Valparaiso – ou même à vélo à Paris – en baie de Saint-Brieuc – Même si Vienne est loin – Quelque part au coin d’une rue – Emmenez-moi au bout de la terre – Pourquoi pas au lac du Connemara – On sait le prix du silence – ou dans le port de Tacoma ? : Il faut que je m’en aille – Avec les baladins qui serpentent les routes et viennent de loin parmi les champs de blé – Changer les couleurs du monde – Ivre d’amour et de vent – Sur la feuille d’un chêne – Quand les étoiles d’or scintillent dans les cieux – Loin des sources vagabondes – Quand l’hiver tournera de l’oeil – Avant que de voir le soleil – En regardant de vers la mer –

De bon matin – En polissant les pierres sur le bord des ruisseaux – Dans le courant au gré du vent – A l’heure des marées – Lorsque chantent les pipeaux – A tous les soleils levants – En regardant tout au bout du chemin – Jusqu’au sommet de la colline – Je m’en irai vers d’autres horizons – Des milliers de jours – Goûter les fruits sucrés de la liberté – Pour que la vie s’habille de fête – Je plongerai tout nu dans l’océan – Sous le climat qui fait chanter tout le Midi – Sous le soleil qui fait murir les ritournelles – Pour tracer un chemin et forcer le destin – Là où l’harmonie, et la vérité, sont encore plus belles  !…

Alors que La feuille d’automne emportée par le vent – En rondes monotones, tombe en tourbillonnant – et – Châtaignes dans les bois, se fendent, se fendent, – Châtaignes dans les bois, se fendent sous nos pas – et puis Nuage dans le ciel, s’étire, Nuage dans le ciel, s’étire comme une aile …

… Nous, aux Hespérides avec nos la la la, composons toute une symphonie de jours qui chantent.

La vie aux Hespérides « Autour d’un livre » se lit comme un roman !…

« Léna » de Virginie DELOFFRE : Un étonnant premier roman où tout est dit de l’âme russe, paysans dans leurs kolkhozes, exilés dans la toundra, citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour ligne d’horizon l’envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif et puissant.

C’est aussi un beau voyage littéraire en compagnie de quatre personnages qui nous offrent un condensé du peuple russe, à travers un épisode de son Histoire.

La mère de Léna était issue d’une tribu d’esquimaux – les Nénetses – éleveurs de rennes. Ses parents s’étant noyés en pêchant dans de la glace trop fragile, Léna est recueillie par une parente, Varvara, une femme accrochée à son vieux rêve communiste qui héberge Dimitri, un géologue moscovite, un taiseux rêveur mis sur la touche pour ses idées dissidentes et relégué dans les années soixante par la Sécurité de l’Etat, dans une baraque paumée du Grand Nord.

Léna vivra, en leur compagnie, une enfance heureuse, mais une fois mariée à Vassili, elle restera comme cristallisée dans l’attente, et en même temps, cultivera son absence comme une promesse d’avenir pour les Russes.

Vassili, pilote d’aviation, finit par voir son rêve réalisé : il est sélectionné pour faire partie de l’équipe de la mission qui rejoindra la station Mir, cette expérience unique vécue par quelques privilégiés.

Léna tire sa patience de sa Sibérie natale et de l’affection toujours renouvelée de Varvara et Dimitri, avec lesquels elle entretient une correspondance abondante, mais toujours le même questionnement obsessionnel l’habite et la tracasse : « Que vont donc chercher les hommes dans l’espace ? – Pourquoi ceux qui reviennent, ont-ils tous le même vide au fond des yeux ? »

Nous lui espérons, ainsi qu’à son mari, une fin heureuse.

« Complètement cramé » – LEGARDINIER

« S’il n’y avait pas les hormones, on resterait entre garçons à faire les imbéciles avec des vélos, des pistolets, des motos ou des yaourts. On trouve toujours des jouets. Et heureusement qu’elles sont là, les hormones, parce qu’elles nous poussent vers les seules créatures (nous les femmes !), capables de faire de nous autre chose que de profonds abrutis ».

C’est un extrait de ce livre, classé dans les « feel good book » et « humour » « Un roman à la gloire de la subtilité et du flegme britanniques, et une comédie de moeurs divertissante« , dit ActuaLitté.

On ne pouvait pas le snober aux Hespérides ! On suppose qu’ici, comme ailleurs, on est nombreux à avoir subi des changements dans notre vie.

Or Mr Legardinier nous a toutes scotchées, avec ce héros tendre et attachant qui est un peu l’ami que l’on aimerait avoir auprès de soi, pour retrouver le sourire et l’espoir dans les moments difficiles de notre vie.

Aussi, si vous ne supportez plus votre quotidien

si vous avez perdu foi en vous

si vous déprimez sans raison valable

si vous êtes fâché avec votre tête

si le percepteur vous menace

si vos enfants vous agacent

si vous agacez vos enfants,

mélangez-vous avec ceux qui connaissent les mêmes soucis, et ça fera un cocktail de bonne humeur, de dérision, et de sourires retrouvés.

« Le roman de Sophie Trébuchet » – Geneviève DORMANN

Le style naturel et espiègle de Geneviève Dormann nous a à nouveau séduites dans ce récit de la vie de Sophie Trébuchet :

Elle avait vingt ans sous la Terreur à Nantes.

C’était une jeune fille aux idées avancées.

Elle était royaliste mais épousa un capitaine républicain.

Alors qu’à Paris, sous le Directoire, elle rencontra l’amour fou en la personne du Général de la Horie.

Pour le retrouver, elle parcourut les routes de France, d’Italie et d’Espagne.

Imaginez les déplacements à cette époque : nous sommes loin des chevaux piaffant sous le capot de nos modernes voitures, et des kilomètres parcourus à l’envi, à un jet d’avion !

Comparez les accoutrements et les bagages encombrants d’une voyageuse en 1790, avec les tenues « in » faites de fibres modernes et ultra légères de nos années 2000 !

Mais cette femme ne vit pas que d’aventures : elle eut trois fils, dont le dernier s’appela Victor Hugo ! Waouh ! Quelle destinée ! Un vrai roman …

L’auteure nous laisse entendre que le père de Sophie Trébuchet étant mort lorsqu’elle avait douze ans, elle fut confiée à une tante qui développa son esprit curieux et son goût de la lecture et fera d’elle une personnalité forte, combative, qui rejaillira sur ses fils, en particulier Victor Hugo, et pour cela, nous la vénérons, tout en remerciant Geneviève Dormann de nous l’avoir fait connaître.

« Nagasaki » de Eric FAYE

C’est un natif de Limoges qui, épris du Japon et de sa culture, nous a entraîné dans une curieuse et bizarre cohabitation non consentie, une histoire originale teintée de nostalgie, où nous rencontrons un homme de 56 ans, météorologue, dont la vie est réglée comme une horloge, et une femme? mais est-ce une femme ou un fantôme ? Mystère !

L’auteur est passionné par le Japon et les Japonais, leur mode de vie; et certains traits de leur mentalité lui sont familiers. Il ressent, et nous fait ressentir leur mal-être lié aux différentes crises économiques et sociales qui secouent le pays, comme le troubleront l’année suivante, les retombées du tsunami et de la catastrophe nucléaire de 2011.

Il y est question de lieux où l’on a vécu, de souvenirs qu’on y a laissés, de la joie mêlée de crainte de redécouvrir les maisons, appartements, jardins où s’est jouée notre enfance.

On fuit tous quelque chose, on se chamaille avec nos peurs, mais ce roman bien écrit permet à votre imagination de surfer sur tous les possibles.