38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

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Lecture « Autour d’un livre »

Des heures à laisser filer le temps ! Eh oui ! nous lisons aux Hespérides, comme le récit de cette héroïne Sonietchka d’une écrivaine russe Ludmila OULITSKAIA :

On pourrait croire que cette jeune femme passionnée de lecture qui « tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu’à la dernière page du livre » vivait pour elle, passant des heures dans la fiction, loin des réalités. Niet ! Niet ! notre Sonietchka témoigne d’une grande empathie pour les personnes qu’elle aime et qu’elle rencontre.

Elle connaîtra des épreuves, des trahisons, mais assumera avec beaucoup de bonheur et de plénitude sa maternité, malgré les heures sombres et tragiques que la Biélorussie sous régime communiste, traversera …. Une sorte de grâce en elle ! qu’elle nous communique….

Puis, d’autres heures                          

s’écouleront en compagnie de l’humour, et de notre incontournable Aurélie VALOGNES qui nous scotche avec « Nos adorables belles-filles » : un verre de chouchen – attention l’abus d’alcool nuit à la santé ! – et une part de kouign-amann et voilà un rayon de soleil volé à la Bretagne !

Des heures d’insouciance passées dans cette famille un peu déglinguée, c’est chaleureux, plein de messages, dame ! on va pas se prendre la tête, mais on va pas non plus bouder un réveillon de Noël avec son lot de surprises ! tout ce monde-là est à nous, plus un chien dont personne ne veut, wouahou …

L’humoriste Alan BENNETT nous séduira aussi avec « La mise à nu des époux Ransome » : Comment vous feriez, vous, si vous trouviez votre appartement vide, que dis-je, vidé de tout son contenu, rideaux, moquette, plinthes … jusqu’au papier de toilette ? Juste pendant les quelques heures où vous avez assisté à un concert.

Bon on va pas vous entretenir de la Relève de la Garde, ni de la couleur bleu canard du chapeau de la Reine Elisabeth, ni même de dégustation de fish and ships (miam !), pourtant d’emblée, on sait qu’on baigne dans l’humour anglais pur jus.

On va observer aussi que finalement Madame surmontera ce cambriolage avec presque du bonheur, découvrant une nouvelle face de son quartier et de ses échoppes récentes, s’ouvrant sur une infinité de petites choses inconnues d’elle, elle passera des heures à fureter, alors que Monsieur plus attaché à son quant-à-soi et à ses petites habitudes, remontera plus difficilement la pente, non sans se faire plaisir lui aussi.

Mais alors qu’ils ont, l’un et l’autre, passé des heures à refaire leur vie, vous savez quoi ? Eh bien ce cambriolage ne leur était pas destiné : il était destiné à des voisins !!!

 

Fin d’année 2018

On en fait des choses aux Hespérides ! Après la fête du Chapeau en novembre, nous voici invités par le personnel à un apéritif de fin d’année, un événement rituel auquel chaque résident est convié, et qui nous offre, en plus des présents, le sourire et la bonne humeur de tous.

Nous étions près d’une quarantaine ce vendredi 21 décembre, à échanger et à témoigner d’une qualité – qui rejaillit sur les Hespérides, responsables et accueillants à la fois – de lien sincère entre les résidents. Un lien proche de l’affection, ni condescendance, ni indifférence, un regard, une attention à l’autre qui engendre réconfort parfois, ces petites choses qui touchent …

Nous avons parlé des rencontres qui naturellement suscitent l’amitié, car elles se renouvellent à travers un calendrier qui marque le temps et ponctue les loisirs.

Toutes ces choses à notre portée et gérées par nous-mêmes, pensez donc et imaginez ! :

– Chant choral chaque mercredi

– Bridge chaque mardi et jeudi

– L’étonnant « Remue-méninges » qui sollicite nos neurones deux fois par mois (et plus si affinités …)

– la rencontre mensuelle « Autour d’un livre »

– plus Scrabble, et autres jeux de société

– plus l’incontournable quotidienne pause-café, occasion d’échanges,

– plus les séances régulières de cinéma et de karaoké,

– plus les séances hebdomadaires de gymnastique et de sophrologie,

– plus les sorties touristiques ou culturelles au printemps-été

– plus, sous nos fenêtres, avenue de la Marne, le défilé annuel des Celtes en août à l’occasion du F.I.L. (Festival Interceltique de Lorient)

– etc … etc …

toutes activités  énumérées, sans oublier les fêtes rituelles : le 1er de l’an, la Galette des Rois, la Chandeleur … les vernissages d’exposition – que nous organisons nous-mêmes en faisant appel à des groupes de musique amis – qui attirent de nombreuses personnes extérieures aux Hespérides, l’ambiance de fête et de convivialité qui en résulte nous vaut une renommée de plus en plus grandissante, sans nul recours à la publicité.

Une personne extérieure qui fait de temps en temps avec son mari, une trentaine de km. pour partager nos repas dominicaux, nous relatait avoir eu l’occasion d’évoquer les Hespérides avec son médecin qui lui-même ayant consulté Internet, avait découvert cette « résidence seniors où il se passe tant de choses« , A son exclamation « ça a l’air bien là-bas ! » la réponse fut : « C’est pas bien, c’est super bien ! »

Il est vrai que ce couple adore, non seulement les menus concoctés par nos cuisiniers et le service raffiné lors du repas, mais aussi notre jardin extraordinaire et nos activités, toutes ces petites choses ajoutées à l’accueil aimable qu’ils sont assurés de recevoir, sitôt nos murs franchis.

Tout cela est dû à notre petite structure d’une cinquantaine d’appartements qui est autogérée et dont les animations sont montées bénévolement par les résidents. Nous n’avons pas d’ organisme extérieur qui, dans les résidences-services qui se construisent actuellement, se place – obligation légale – entre les propriétaires investisseurs et les résidents pour offrir des services dans un but lucratif. Cela nécessite une publicité onéreuse d’où la taille de ces structures et les inconvénients qui en découlent. Aux Hespérides, libre à chacun d’assister ou non à nos activités gratuites. Il n’y a pas d’abonnement et souvent nous invitons des amis extérieurs pour les partager.

Les grandes choses ont leur importance, les petites choses embellissent la vie !

Fête du Chapeau

By 21st décembre, 2018 Evènement No Comments

CHAPEAU ! « Entrez je vous en prie, « Suspendez au soleil qui luit, »Votre chapeau de nuages gris ! »Qui portera le chapeau ? Ce mercredi 28 novembre : mais tous les invités bien sûr ! Ainsi que les chanteurs de la chorale Chantencor des Hespérides qui ont organisé cette « Fête du Chapeau ».

C’était un clin d’oeil à la Fête des Catherinettes qui enchanta le monde de la mode à l’honneur des modistes, et qui avait lieu le 25 novembre, jour de sainte Catherine d’Alexandrie, vierge et martyre, patronne des jeunes filles. La fête était parfois organisée au niveau de l’entreprise : ainsi les maisons de couture offraient gâteaux, liqueurs et fleurs. En 1952, une parade de chars tirés par des chevaux fut organisée pour Dior, et une exposition eut lieu dans l’atelier de Jacques Fath, pendant qu’un office religieux se déroulait à l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.

Cette coutume, à travers laquelle les jeunes filles faisaient des voeux pour un mariage proche, n’a plus la même attractivité, les transformations sociales du statut de la femme et du mariage ayant bouleversé la tradition, mais, même déclinante, elle se perpétue dans le milieu des couturières, ou dans les écoles de mode, où les profs rivalisent de créativité et de goût sur les couleurs traditionnelles du jaune et du vert, deux couleurs qui ne s’accordent pas (tiens, tiens …)

Aux Hespérides, le chapeau le plus remarquable est celui de notre Directeur, un haut de forme avec deux longues nattes brunes – style patron-voyou – qui lui sied à merveille !

Chapeau l’artiste ! Et merci pour les rafraîchissements accompagnés de petits gâteaux !

Une trentaine de galures différents, sur des visages affichant la bonne humeur, ornait

ce mercredi, notre salon peu habitué aux extravagances, il y avait de tout, imaginez : ici un melon qui fait l’envie d’un chapeau breton, un original qui fait de la provoc à un classique, un décalé qui côtoie un excentrique, un vachement élégant en ronds de dentelle noire amidonnée qui s’acoquine avec un béret de matelot au pompon rouge très convoité, un élaboré inspiré d’Halloween si on en juge par la variété des accessoires utilisés : une tête de mort sur une voilette, une plume, des fruits et un oiseau … et beaucoup de tokou plouz* et de feutres abondamment fleuris et très chic.

Tous bien à l’aise sous nos toques, mais n’allez pas croire « qu’on travaille du chapeau » nous on est là pour chanter – c’est qu’on a plusieurs casquettes aux Hespérides ! – et mercredi est le Jour de notre Chantencor, Paul au piano en casquette de marin et Maryse classe sous sa capeline à ruban de mousseline sont en haut de leur forme, et jamais nous ne chanterons aussi bien, nos voix bien chapeautées – et danserons parfois –

sur plusieurs airs de notre répertoire, en commençant par

« Toutes les femmes sont belles ! » suivi de

« Prendre un enfant par la main »

« Hymne à la nuit

« Les Saltimbanques »

« La Paloma »

« Trois petites notes de musique »

« Le Temps du muguet

« La mer » de Charles Trenet

« A la claire fontaine »

« Voici le mois de mai »

« Ma Bretagne quand elle pleut »

« Ode à la joie » et tant d’autres …

et nous terminerons par ……………… « Toutes les femmes sont belles ! »

Si belles, qu’une photographe d’art professionnelle qui nous a accompagnés tout au long de notre rencontre a proposé de nous prendre en photo, messieurs y compris. Avec joie bien sûr ! chacun a répondu … Qui refuse l’immortalité ? et quel plus beau souvenir de la « Fête du Chapeau » de l’année 2018 ?

* chapeaux de paille

Exposition de tableaux

Des artistes dans nos murs : aux Hespérides où la vie, tout comme l’automne, a des reflets changeants, nous étions nombreux, ce lundi 12 novembre 2018, à assister au vernissage de l’exposition de peinture de Patricia SUTEAU et de Maurice KERDONCUFF dont les oeuvres habillent joliment nos murs jusqu’au lundi 3 décembre 2018..

Ce nous fut l’occasion d’inviter « Les copines du mardi » des accordéonistes diatoniques, virtuoses du piano à bretelles, Anne-Marie, Annick, Gisèle, Jacqueline, Marie-Odile, Maryse, Pierrette, Sylvie … alors alors, résidents et invités, au rancart blues et mouchoirs, ouvrez grand vos esgourdes, gambettes qui démangent, préparez-vous ! Rythme et gaîté sous les doigts de ces musiciennes

 

 

 

 

vont vous faire danser hanter dro, andro, valse, scottish, valse écossaise … sur des airs bretons, et chanter sur un répertoire très riche virevoltant de la douce Valse des Marins à la virile « Les trois caps », en passant par « Nini peau de chien », « l’Eau vive », Fanny de Laninon, et la vieillotte mais si rigolote « Elle lisait le P’tit Parisien »…

Leur chanteuse animatrice-entraîneuse, Joëlle, nous a séduits par sa tchatche et son humour … En nous quittant, elle nous a confié avoir, avec ses copines, un rendez-vous pour une prestation à L’Olympia : nul doute qu’elles y feront un triomphe. Bravo les artistes ! et bon vent, les belles !

Patricia nous a fait part de ses recherches permanentes, du travail assidu que cela représente et qu’elle aime de plus en plus, et alors qu’elle maîtrise bien l’emploi de l’acrylique et de l’huile, et celui occasionnel du couteau, elle avoue avoir des difficultés avec l’aquarelle, ceci confirmé par une autre artiste peintre présente, Mme Le Garrec, qui ressent les mêmes difficultés et a d’ailleurs exposé aux Hespérides, avec succès, il y a un an.

Maurice, lui, nous confie son aisance à réaliser une aquarelle, une pratique qu’il exerce depuis 38 ans, – il dessine et peint également les arbres avec autant de talent – heureux de son sort et déclarant que le double fait de peindre et d’enseigner lui valent un certificat de jeunesse permanente, ce que nous confirmons !

Double bravo les artistes !

Continuez de dessiner et peindre pour nous ce que nos yeux captent peut-être, mais ne savent exprimer par les formes et les couleurs … et de développer cette créativité qui est le propre des artistes.

Soyez les arcs-en-ciel de nos regards, vous qui, par vos dons sans cesse renouvelés, nous apportez beaucoup.

Authentique Bretagne,

où de nombreux artistes ont fait la renommée de notre région, et la gloire de nos galeries,

où l’originalité de sa musique spécifique et de ses bagadou, et la joie partagée de ses fest-deiz et fest-noz ont gagné tous les pays, les talents foisonnent, et tous nos sens en sont ravis.

 

Conversation avec les choristes

L’idée d’une chorale aux Hespérides vient de Maryse. Paul, attiré par tout ce qui est musique, lui a emboîté le pas. Et il nous a déclaré :« La chorale se porte fort bien. Elle a ses adeptes inconditionnels. Et accueille même des personnes venant de l’extérieur » Nous chantons : L’Hymne à la joie (Beethoven), La truite (Schubert), Berceuses de Mozart, Choeur des Esclaves (VERDI), etc …Mais aussi de jolies chansons : La petite Eglise, Le Temps du Muguet, Le Choeur des Rois, la Ballade irlandaise, Salade de fruits, et tant d’autres ! …Il règne dans nos réunions, un sentiment de détente, de convivialité, d’amitié … Certains disent « c’est une récréation »

 

C'est la joie dans la résidence-services

Quelques nouvelles de la chorale ? La curiosité nous a conduit vers une choriste – et elle a volontiers répondu à nos questions :– la chorale se porte bien, Maryse bat la mesure et Paul tient le piano. Entre deux chansons, il nous raconte une jolie histoire : C’était il y a bien longtemps La musique rencontra le poème Et de cette liaison Naquit la chanson …Et alors qu’il déclare « Je ne pensais pas qu’il était si difficile d’écrire une bonne chanson, sauf pour des hyperdoués comme Schubert ou Mozart »,

 

Voici une chanson de sa composition – sur l’air de « L’Auberge du Cheval Blanc » :

« Je vous emmènerai sur mon joli bateau Voguer au fil de l’eau : il n’est rien de plus beau  Je serai le patron et vous le matelot Nous partirons bientôt avec le flot Ma barque blanche Tangue et se penche Et s’en va naviguant Dans le courant au gré du vent Voguer au fil de l’eau est le sort le plus beau Je vous emmènerai sur mon bateau Nous remont’rons le Scorff jusqu’au pont St Christophe Et même un peu plus loin si vous le voulez bien Nous saluerons là-bas le vieux pont du Bonhomme Bonjour à son Breton, à sa Bretonne De l’île Saint-Michel Jusqu’à la Nourriguel Nous passons Kernevel  Et notre belle citadelle » Voguer au fil de l’eau, il n’est rien de plus beau Je vous emmènerai sur mon bateau  En suivant le chenal nous pourrons admirer L’église de Larmor coiffée de son clocher Et puis se lèvera un bon vent de Noroît Et nous mettrons le cap sur l’île de Groix Allons dans les courreaux Pêcher le maquereau Le congre le tacaud Le grondin et le colinot Voguer au fil de l’eau est le sort le plus beau Je vous emmènerai sur mon bateau Avec cette godaille nous nous mijoterons Une soup’ de poisson bien cuite au court-bouillon Avec des p’tits légumes, du safran, des oignons Des herbes du jardin, ce sera bon Un verre de muscadet Et ce sera parfait Nous nous régalerons Bien installés sur notre pont Je vous emmènerai sur mon joli bateau Voguer au fil de l’eau il n’est rien de plus beau Je serai le patron et vous le matelot Nous partirons bientôt … avec le flot …

Qui ne résisterait à une si jolie « balade » et à la dégustation de soup’ de poissons arrosée de muscadet qui l’accompagne ?

Rencontre autour d’un livre

On parle peu du malheur arménien. Valérie Toranian nous offre ici un récit, où elle puise dans les souvenirs de sa grand-mère Aravni, « Nani » qui a échappé aux viols et autres terreurs, tenue de quitter son pays accompagnée de sa mère, de sa petite soeur et de sa tante, alors qu’elle n’a que 17 ans; cela se passait en 1915, et cela représente un parcours de misères et de drames.

Souvent, on pense que se taire est la solution à un problème de déracinement ou à tout autre problème; car en parler ravive la souffrance, mais quand on ne possède pas la langue du pays qui vous a accueillie et permis de vivre correctement, quel plus beau cadeau qu’une petite-fille qui vous adule et retrace avec vous, pas à pas, – malgré les difficultés d’échange – le chemin parcouru ?

Dans ce récit, l’adolescente ne rate pas une occasion de se rendre chez sa grand-mère et s’empiffre des pâtisseries orientales que celle-ci lui prépare amoureusement. Et pourtant parfois elle a honte de sa Nani, de son accoutrement un peu bizarre sur un corps lourd et mal bâti. Honte aussi de porter des jupes qu’elle lui tricote et qui diffèrent tant des vêtements « in » de ses copines de classe.

Cependant, la petite-fille a su, tout au long des années, s’imprégner de la mémoire de son aïeule, celle qui traduit le destin tragique de personnes contraintes à l’exil, mais par chance, – et par instinct de survie ? – ont pu voir leur famille grandir. Un roman plein d’amour écrit par une héritière d’un des pires massacres de l’histoire qui a fait un million et demi de morts.

………………………………………………………………………………..       « L’Etrangère » Valérie TORANIAN

 

Un bourg dans l’état de Virginie, paisible, où Blancs et Noirs se côtoient dans une entente « sans histoires ».

Il y a un côté « conte » dans ce roman, le boucher et sa femme sont sympathiques, la couturière noire aux doigts de fée est très sollicitée, l’institutrice est attentive à chacun, il y a un épicier compréhensif et même un chien fidèle qui porte le nom d’un joueur de base-ball noir … des hommes et des femmes ordinaires donc, mais habités par la hantise du péché et la peur de châtiment, chacun avec sa religion, son église.

Et puis, « Arrive un vagabond » : sympa lui aussi, il est vite adopté, et lui-même adopte rapidement la petite ville et ses habitants. Il fait même du petit Sam son fils adoptif. Mais voilà il tombe amoureux : un récit banal en somme ! Pas du tout ! car les rêves se succèdent et les secrets tuent d’être trop lourds, et l’on glisse peu à peu vers une intrigue tendue comme sur un fil et qui monte qui monte … vers une fin qui fait froid dans le dos.

« Le puritanisme, la ségrégation et la condition féminine dans l’Amérique des années 1950 constituent la trame sociale de cette tragédie. Un grand roman sur l’enfance et la perte de l’innocence« . Critique de Bibliobs.

……………………………………………………………………………. « Arrive un vagabond  » Robert GOOLRICK

 

« Une prison qui sentait le sel de mer, le figuier et l’hélichryse » : cette prison se dresse sur une île livrée aux tempêtes et aux vents violents.

Et à cette prison, se rendent régulièrement : Luisa, fermière, tenue de se lever très tôt pour traire les vaches, de prendre le train puis le ferry pour aller retrouver son mari, un homme violent, qui purge sa peine pour avoir tué à deux reprises. Paolo, professeur de philosophie, lui, rejoint l’île pour rendre visite à son fils, membre des Brigades Rouges, impliqué dans plusieurs assassinats politiques.

Malgré la différence de leurs milieux sociaux et de leur niveau intellectuel, ces deux-là vont se rapprocher.

C’est en même temps qu’une peinture d’une Italie en pleine crise, un récit plein de délicatesse, douceur et poésie, qui donne envie de lire d’autres oeuvres de cette écrivaine.

« Si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur « plus haut que la mer« .

……………………………………………………………………..  « Plus haut que la mer » Francisca MELANDRI

Escapade sur l’Aven

Seize résidents des Hespérides ont pris place dans deux minibus conduits par Martine et Jean-Guénaël : les voici installés ce mercredi matin du 19 septembre, sous un ciel plutôt généreux, malgré la menace de pluies éparses, d’une météo pessimiste et … souvent hésitante sur notre Ouest changeant, en direction de Pont-Aven.

A défaut de n’avoir pu visiter ni le Musée, ni les différentes galeries d’expositions, nous débutons par un peu d’histoire et de géographie de cette petite ville attractive :

Dès la traversée de la Laïta qui sépare le Morbihan du Finistère, nous sommes dans le pays de l’Aven qui s’étend de l’Odet à la dite Laïta.

Pont-Aven (Aven = rivière), la ville aux 14 moulins, fut un bourg actif avec ses foires aux bestiaux et ses marchés divers; sur le port, des caboteurs déchargeaient des céréales et remplissaient les cales de bois de chauffage. On y troquait, entre autres, le granit contre du charbon, et on y pratiquait l’activité meunière. Et pourtant :

– Jean-François Brousmiche, en 1831, avait créé ce dicton :

« Pont-Aven, ville sans renom,

Femmes sans tétons,

Autant de moulins que de maisons,

Autant de catins que de chaussons. »

Mais il disait aussi – prémonition – ? :

« La rivière de Pont-Aven, en la descendant jusqu’à la mer, présente une multitude de sites qui sont dignes d’être reproduits par le pinceau de l’Artiste » !

Madame de La Villemarqué décrit ainsi Pont-Aven vers 1860 :

« Cette population de 1.000 habitants est la plus pauvre de France. […] La moitié des habitants de Pont-Aven se demande, au lever du soleil, si, avant que le soleil ne se couche, elle aura goûté un morceau de pain. » … Alors que la rivière de Pont-Aven, très poissonneuse, abondait en saumons excellents !

Et … un beau jour de juillet 1864, un peintre américain, Henry Bacon, voyageant dans la diligence de Concarneau à Quimperlé pour aller y prendre le train pour Paris, fit une halte à Pont­-Aven. « C’est le plus joli village que j’avais vu jusqu’à présent, avec son pont étrange au-dessus d’une rivière rapide qui fait tourner plusieurs roues à eau pittoresques et s’en va vers la mer, à peu de distance »… A Paris, il retrouva ses amis et leur vanta le « joli village » ; de nombreux artistes vinrent ainsi « envahir » cette « vallée entre deux collines abondamment boisées, s’ouvrant vers le sud et la mer, où le climat est tempéré, favorable au travail en plein air » Ils viendront ensuite de Londres, de Philadelphie, des pays nordiques et d’ailleurs, et les Pontavenistes les baptisent une fois pour toutes les « Américains », Français compris puisque Gauguin, lui, est venu s’installer, en 1886 à l’âge de 38 ans, dans « cet petit trou pas cher ».

Et ainsi « PONT-AVEN » devint « cité des peintres » ! …

Pont-Aven et ses galettes « Traou Mad » dont la fabrication remonte à 1890, qui sont un produit emblématique de la Bretagne, au même titre que le pâté Hénaff ou les fraises de Plougastel.

Pont-Aven où un jardin public est dédié à Théodore Botrel dont une statue rend hommage au barde qu’il fut et auquel on doit « Le Pardon des Fleurs d’Ajonc » célébré chaque année en août, et … « La Paimpolaise » !

Pont-Aven qui a honoré notre grand poète breton Xavier Grall en créant une promenade à son nom, véritable havre de verdure qui longe l’Aven, où nichent de jolies et pittoresques demeures.

Pont-Aven et sa si élégante et renommée gavotte, remarquable par la coiffe et la collerette des dames,

ainsi que par la variété de ses figures, adulée par les Celtes et les cercles de danse bretonne.

Pont-Aven, ville définitivement célèbre, où de nombreux septembristes aujourd’hui, déambulent sur les trottoirs, léchant les vitrines.

La salle du restaurant « les Ajoncs d’Or » nous attend à midi, nous offrant d’emblée, sur toute la largeur d’un mur, un tableau représentant deux bouquets de genêts sur un ciel aux nuages lourds, traversé de nuées de mouettes, à la manière de Penguilly qui, lui, les représentait sur la mer … Des mouettes que nous retrouverons sur la promenade de l’Aven qui de pont en pont mène à l’embarcadère. Jacqueline qui, de son balcon des Hespérides, les côtoie quotidiennement, leur trouve une voix différente : forcément, ces commères s’expriment ici, avec l’accent du Finistère ! Dieu sait comme à Lorient nous avons du mal à comprendre le breton de ce bout du monde !

Il n’y a pas que les mouettes qui nous font cortège : des oies blanches se balancent sur cette portion d’Aven rocheux, si vivant, savant mariage de cascades d’eau, de fleurs, de pierres arrondies par l’érosion, de murets élaborés, et de bancs d’herbes flottant comme des chevelures.

A 14 h., nous prenons place dans le bateau « Le Paul Gauguin » – renommée oblige – qui va nous embarquer vers l’océan Atlantique, un parcours de l’aber de 6 k. 500 (Notons que l’aber ainsi nommé dans le Finistère est une ria dans le Morbihan) … Et pourtant, « ria de l’Aven » sonne mieux que « aber de l’Aven », non ?

La jeune voix d’Elisabeth, guide, nous accompagnera tout le long de la balade et nous l’écouterons passionnément, car elle nous en racontera ! Sur les coteaux environnants, souvent boisés, d’énormes blocs de granit servent de pignons ou de murs à de belles maisons de négociants et d’armateurs, et à des demeures plus modestes. Des moulins y trouvent appui également … Nous sommes fortement impressionnés non seulement par la largeur de l’embouchure, mais par le nombre imposant de bateaux de plaisanciers, des centaines et des centaines ! qui dorment de chaque côté de la rive. On évoquera la présence du « Minahouet » amarré ici pour le plaisir des touristes. Peu ou pas de mouvement sur l’aber, nous sommes pratiquement les seuls à voguer à la surface de l’eau. »Mais où c’est qu’y sont donc » les propriétaires de ces yachts ? Des « premiers de cordée » peut-être, qui permettent à l’industrie nautique de prospérer. Pensez qu’il faut plusieurs années d’attente pour obtenir un anneau ! étonnant, non ? … A gauche comme à droite, une végétation dense et abondante surplombe les blocs de granit – c’est un granit spécial qui a permis la construction d’églises, de Nantes, de Lorient, de Port-Louis, et autres. Le lichen jaune incrusté dans les roches signe l’indice de marée : à ce jour, la marée est haute à 13 h. 57 et basse à 20 h. 06 = 6 h. de vie maritime intense. C’est le paradis des oiseaux : mouettes « rieuses » (hum, on va demander à Jacqueline … ), courlis, aigrettes, tadornes, hérons, et tant d’autres ! … Sur notre droite, nous découvrons, dans un écrin de verdure, le château des Hénan et son moulin à marée datant du XVème siècle, rénové par les Compagnons du Devoir, et dont une des tours est penchée ! une farce des korrigans qui se substituaient aux maçons la nuit et qui avaient trop forcé sur le chouchen ? … Ensuite, c’est le Château de Poulguin, en breton le château du Trou à vins, datant du XVIème siècle : l’échange des tonneaux entre l’Aven et Bordeaux se faisait sur des charrettes, et comme au retour, « on » avait prélevé une partie du breuvage parce qu’il faisait soif, on compensait la quantité manquante par de l’eau douce, d’où la réputation de vin léger attribuée aux cépages de Bordeaux ! … Des bouées jaunes témoignent de la présence des parcs à moules … non loin de Rosbras où, durant des décennies, chalutiers et thoniers à voile faisaient relâche … Et nous atteignons, sans signalisation, si ce n’est quelques doux roulis et giclées d’eau de mer sur les carreaux, nous laissant craindre la force des éléments : l’Océan ! La houle est en effet assez forte et nous empêche de nous engager dans la rivière du Belon, où les rias de l’Aven et du Belon se rejoignent à la pointe de Penquerneo pour se jeter dans l’Atlantique … demi-tour donc sur l’Aven pour retrouver nos falaises rocheuses dans lesquelles des anneaux, ici, permettaient aux sardiniers de s’arrêter pour se désaltérer à une source d’eau douce, et plus loin, l’anse de Goulet-Ricardo, où Gauguin – oh ! – venait se baigner nu ! les bigots s’en trouvaient choqués, les humoristes disaient qu’il venait tremper son pinceau dans l’eau … Puis on nous signale un énième château à colombier à ciel ouvert, et nous revoilà aux dortoirs à bateaux qui nous disent, sur une pose musicale d’inspiration bretonne, l’approche de Pont-Aven, où, à la descente du « Paul Gauguin », nous nous régalerons de cidre, entre autres rafraîchissements, au bar de la Rozen Aven.

C’était « majestueux » a déclaré Ambroisine, résumant l’enthousiasme général, avant le retour, assuré par Martine et Jean-Guenaël qui, en plus, nous offrirent un pot fort apprécié aux Hespérides.

Un grand merci à tous les deux : grâce à eux, en échappant à la routine quotidienne, à chaque sortie, nous engrangeons des ressentis dans notre grenier à souvenirs.

Extraordinaire apéritif d’été 2018

Le Temps se déroule au rythme des saisons aux Hespérides : alors que s’ouvre le Festival Interceltique de Lorient, nous nous souviendrons de  ce 3 août 2018 et de son apéritif d’été, dégusté dans le Jardin Extraordinaire amoureusement entretenu par Eric, été comme hiver.

Extraordinaire de beauté luxuriante : admirez avec nous ses arbustes de toutes sortes, son fier chamerops parmi les conifères, les bambous, les hortensias, les croscomias, les lauriers-roses et j’en passe … bien sûr le marronnier, le cerisier du Japon et bien d’autres espèces à floraison printanière, sur un gazon qui a gardé sa verdeur malgré les rayons trop généreux de sa Majesté le Soleil, sous notre ciel breton de ce mois d’août particulièrement torride.

Ce Jardin Extraordinaire où le mimosa a éclaté de ses mille boutons d’or, à l’image du nectar aux fruits jaunes qui n’aspire qu’à dégouliner de joie dans nos papilles assoiffées, et à imbiber nos coeurs, de petits bonheurs. Moment divin !

Les verres aux facettes multicolores, rehaussés de pailles, et contenant entre autres, des fraises et des cassis aux rouges somptueux, disent la volupté des hôtesses, Nadège, Gwenola, et Marie-Christine, qui en nous mijotant boissons et amuse-palais aux saveurs incomparables, nous éclaboussent de leur jeunesse et de leur beauté. Elles aussi, aiment notre Jardin Extraordinaire, habité par une infinité d’oiseaux : nous évoquerons le bonheur des merles, moineaux, sansonnets, geais, pies, étourneaux, des goélands et mouettes, et aussi des piverts, pigeons et tourterelles, corneilles et corbeaux, nous régalant de leur chants, pépiements et roucoulements, et de leur envol dans des bruissements d’ailes perçus comme des appels à l’évasion. (« Il suffit pour ça d’un peu d’Imagination« )

L’amitié partagée en cette journée ensoleillée et si pleine de chaleur ! les tenues légères et gaies, les chapeaux de paille et les lunettes de soleil donnaient au décor, sous les grands paravents accueillants de ce Jardin Extraordinaire, l’apparat d’une fête estivale. La lumière dorée offrait aux visages un reflet de jeunesse et les ombres en prolongeaient la durée, pour que subsiste le rêve et qu’y soit vivante en espérance, la somme multiple de toutes nos vies.

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Remercions tous les acteurs de cette rencontre et dégustons le temps présent : le temps à venir prendra son temps, dans ce Jardin Extraordinaire …

Karaoke de juin 2018

Des chansons dont les paroles sont gravées dans une mémoire dont la porte reste toujours ouverte » : si Jean-Pierre Darroussin le dit, les amateurs de KARAOKE des Hespérides à Lorient, eux, chantent avec joie la nostalgie :

Et je m’en vais clopin-clopant, Il n’y en a plus pour bien longtemps : Comment faire, comment faire ?, puisque Il n’y a plus d’après Que sont devenus les jours du temps qui passe ? : Alors Retiens la nuit, En chantant car :

Je n’aurai pas le temps, de Prendre un enfant par la main.

Je ne suis pas bien portant, Je suis malade : La maladie d’amour. Emmène-moi au bout de la terre : L’Amérique et Casablanca, La Californie, Alexandrie-Alexandra, à Mexico, des Cornouailles à l’Oural, à Vesoul,

 

On ira où tu voudras : A la claire fontaine  ! Sous les Ponts de Paris, à Joinville-le-pont, à La Chasse aux papillons, à Pigalle, aux Champs Elysées, chez Laurette, et Le jour où la pluie viendra, à la Madrague, Sous le soleil exactement … à Syracuse !!!

Un jour se lèvera et Avec le temps, J’irai jusqu’au bout de mes rêves … Pour la fin du monde …

On peut tout exprimer en chansons ! Aujourd’hui, la Nostalgie, demain La folle Espérance.

 

Escale à Lorient du Tour de France 2018

Quel événement à Lorient ! ce mercredi 11 juillet 2018 :

Sous nos fenêtres aux Hespérides, le départ du Tour de France 2018 !!! Ma Doué !

Dès la veille, toutes les voitures habituellement garées le long des trottoirs de la célèbre Avenue de la Marne, adresse des Hespérides de Lorient, ont dû trouver refuge dans les rues avoisinantes : place aux barrières de protection des piétons avides de côtoyer au plus près les coureurs du Tour de France.

Dès 5 h. du matin, le service urbain plaçait les barrières préparées la veille, le long des trottoirs, réservant ainsi la circulation aux organisateurs du Tour de France, ainsi qu’aux services de sécurité et de soins.

Aux Hespérides de Lorient, bien des seniors intéressés par l’événement étaient accoudés à leur rampe de balcon, accompagnés d’invités, pour assister, avec de nombreux Lorientais postés derrière les barrières dès 9 h., au défilé extraordinaire des voitures de la caravane, un moment plein de liesse bruyante et de partage autour de la passion commune du cyclisme.

Sous un magnifique ciel bleu qui étincelait entre les arbres de l’avenue des résidents des Hespérides de Lorient, une foule colorée, enthousiaste, acclamait les véhicules publicitaires et leurs conducteurs, et aussi les animateurs, vous savez, ceux qui lancent à tout-va, les petits cadeaux, petits spécimens de réclame des différentes marques représentées avec créativité, remarquables par leur gigantisme parfois, qui font le bonheur des enfants et ados ravis de remplir leur besace de ces produits miniature qu’ils s’empresseront de montrer à leur entourage. Il y a parfois compétition ! La « pêche » fut bonne pour Côme, trois ans et demi. Des mini jus de fruits trouvaient sur place leur emploi, par cette douce chaleur qui enveloppait Lorient et les Hespérides ce matin du 11 juillet, avant la dispersion de la foule qui, fidèle, sera au rendez-vous suivant du départ de peloton.

A midi un quart pile – quelle précision dans le déroulement de l’événement ! – avec les amateurs du Tour, nous voici à nouveau sur le balcon des Hespérides, en union avec d’autres Lorientais en face et en-dessous de nous, et probablement des voisins du pays de Lorient et des touristes, guettant le départ du peloton qui, 300 m. plus bas, avenue Anatole France, précédé de quelques voitures et motards,  démarrait déjà à bonne allure : imaginez 176 coureurs répartis en 22 équipes surgissant d’un coup sous votre nez, dans un wrouhh ! collectif qui vous donne le frisson – vous savez, celui de l’émotivité – pédalant dans une attitude commune à tous, penchés sur leurs guidons dans une courbe du dos superbe, maillots de toutes couleurs, bleus, orange, rouges, verts, turquoises, le jaune étant leur moteur de convoitise et d’espérance. Grandiose !

A eux tous, sans distinction de talents, notre émotion et nos souhaits : nous n’en manquons pas aux Hespérides à Lorient et acceptons de les partager, pour que chacun d’entre eux en fasse, de coups de pédale répétés, le creuset de leur joie de vivre jusqu’au bout … jusqu’au bout de leur rêve.

Cette festivité offerte aux Lorientais est le prélude au Festival Interceltique de Lorient (F.I.L) qui a lieu cette année du 3 au 12 août, et dont la Grande Parade des Nations Celtes qui dure environ 3 heures, se déroule de l’avenue de la Marne à l’avenue de la Perrière, sous les fenêtres des Hespérides de Lorient.