38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

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Saluer la présence du printemps dans notre jardin extraordinaire

Il nous faut d’emblée saluer le printemps qui ne s’est pas fait prier pour frapper à nos portes, ces mois confinés de mars et d’avril, depuis que les matins nous appelaient plus tôt à la vie. Il n’en finit pas de se manifester, dans la terre, dans chaque branche, dans chaque feuille, chaque pétale, comme un acte de foi dans le temps lui-même, ou en quelque dieu échafaudant des combinaisons.

Et l’on a vu les arbres de notre avenue de la Marne quitter leur robe noire hivernale pour se parer des couleurs qui en font un ombrage délicieux en été, et nous font rêver en vert.

Et saluez, je vous prie, ce jardin extraordinaire des Hespérides – dont l’évocation à plusieurs reprises vous a laissé deviner la magnificence – et qui, chaque jour, fidèlement, sourit à nos fenêtres, nous forçant à l’admiration, l’herbe verdit, les pâquerettes y éclosent, les arbres fleurissent avant que d’habiller leurs branches de feuillages. Il est comme un trésor qui mérite que “nous suspendions nos chapeaux à son entrée”.

Et ne manquez pas de saluer ce mois d’avril dont les bourgeons ont tenu promesse par le renouvellement infime et permanent de tout ce qui dort et renaît, petits miracles de la métamorphose de la nature, et qui a entendu à vingt heures tapantes, chaque jour, depuis chaque balcon, les applaudissements qui saluent le travail et le courage de tous nos soignants face à ce fléau de virus.

N’oublions surtout pas de saluer la beauté, la richesse de la variété de nos arbres qui forment un rideau entre nos murs et l’horizon, depuis le pommier et son voisin l’arbre de Judée, et le magnolia qui les sépare, puis l’érable, le mimosa, le tilleul et ce majestueux marronnier aux fleurs en grappes saumon, tous se donnant la main comme pour nous saluer à leur tour; et en addition, faisant bande à part, un deuxième tilleul qui ne désespère pas de tutoyer le ciel.

… Et toutes ces nuances de l’aube naissante pour accompagner nos réveils quotidiens, qui, à travers pluies et brumes, nuages et éclats de soleil, veille à la vie des plantes, nous invitant à vibrer à la vie et ses émotions.

Nombreuses sont les plantes de notre jardin extraordinaire sous forme d’arbustes : chamérops, cytise, laurier rose, berbéris aux feuilles pourpres, prunier du Japon, lilas, forsythia, oranger du Mexique, arbre à perruques, céanothe …  de toutes sortes de fleurs, en plus des camélias,

arums, narcisses, jonquilles, tulipes, iris, pivoines, lilas, azalées somptueux, hortensias, capucines éclatantes : attendront-elles de saluer le voisinage des volubilis pour un mariage heureux ? … massifs de rosiers polyanthas et de roses prestigieuses, et puis ces innombrables petites pâquerettes qui poussent sans relâche, ornement  de la pelouse qui met en valeur cet océan de verdure. Imaginez toutes les couleurs de floraison qui se succèdent !

Vous aurez deviné que dans cette luxuriante étendue de plantations, c’est l’effervescence chez les oiseaux : toute l’année ce sont les mouettes et les goélands qui strient le ciel, ivres de la liberté qui nous est confisquée encore un temps.

Dès le printemps, moineaux, mésanges nous charment de leurs trilles emplissant l’espace de clameurs pas toujours festives. Et il suffit aux pies qui font nid dans les arbres de l’avenue, de survoler l’immeuble pour venir nous saluer, – on a vu un jour, une mouette utiliser le passage piétons pour traverser : une panne d’envol ? –  s’abreuver et s’ébrouer  dans l’eau de la vasque que Marielle, chaque jour, emplit, avec constance et amour. Tous les oiseaux, dès qu’il fait chaud, s’y ébattent et s’y désaltèrent … Et les merles, reconnaissants, nous offrent régulièrement le concert de leur contre-ut et tirlituipt, auquel fait écho la voix ronronnante de notre fidèle tourterelle.

Qui pourrait imaginer un monde sans les oiseaux ? Quand Mao ordonna la mise à mort de tous les moineaux de Chine lors de la “campagne des 4 nuisibles”, https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_des_quatre_nuisibles que pensait-il de l’avenir de son pays ?

Saluons pour finir, notre jardinier Eric, un amoureux de la terre, qui chouchoute et bichonne “son” jardin, luttant contre les mauvaises herbes, attentif à toutes transformations, et préoccupé de tailles et de choix. Le résultat en est merveilleux ! et l’on y promène son regard avec satisfaction, et l’on y dégourdit ses jambes volontiers, pour une marche de santé.

Bientôt, comme dans la chanson “Le Jardin Extraordinaire”  https://www.youtube.com/watch?v=uZtdMoITJgY&list=RDuZtdMoITJgY&start_radio=1&t=15 de Charles Trenet, les oiseaux y tiendront buffet et vendront grains et morceaux de gruyère, et auront comme clients Monsieur le Maire et le Sous-PréfetEt ce jour-là, le soleil, sur notre jardin, aura des rayons d’or.

Après le 11 mai, sortirons-nous la tête du nid comme les oiseaux  ? ainsi que le suggère Baudelaire.

 

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