38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

02 97 64 20 01

Rencontre autour d’un livre

On parle peu du malheur arménien. Valérie Toranian nous offre ici un récit, où elle puise dans les souvenirs de sa grand-mère Aravni, « Nani » qui a échappé aux viols et autres terreurs, tenue de quitter son pays accompagnée de sa mère, de sa petite soeur et de sa tante, alors qu’elle n’a que 17 ans; cela se passait en 1915, et cela représente un parcours de misères et de drames.

Souvent, on pense que se taire est la solution à un problème de déracinement ou à tout autre problème; car en parler ravive la souffrance, mais quand on ne possède pas la langue du pays qui vous a accueillie et permis de vivre correctement, quel plus beau cadeau qu’une petite-fille qui vous adule et retrace avec vous, pas à pas, – malgré les difficultés d’échange – le chemin parcouru ?

Dans ce récit, l’adolescente ne rate pas une occasion de se rendre chez sa grand-mère et s’empiffre des pâtisseries orientales que celle-ci lui prépare amoureusement. Et pourtant parfois elle a honte de sa Nani, de son accoutrement un peu bizarre sur un corps lourd et mal bâti. Honte aussi de porter des jupes qu’elle lui tricote et qui diffèrent tant des vêtements « in » de ses copines de classe.

Cependant, la petite-fille a su, tout au long des années, s’imprégner de la mémoire de son aïeule, celle qui traduit le destin tragique de personnes contraintes à l’exil, mais par chance, – et par instinct de survie ? – ont pu voir leur famille grandir. Un roman plein d’amour écrit par une héritière d’un des pires massacres de l’histoire qui a fait un million et demi de morts.

………………………………………………………………………………..       « L’Etrangère » Valérie TORANIAN

 

Un bourg dans l’état de Virginie, paisible, où Blancs et Noirs se côtoient dans une entente « sans histoires ».

Il y a un côté « conte » dans ce roman, le boucher et sa femme sont sympathiques, la couturière noire aux doigts de fée est très sollicitée, l’institutrice est attentive à chacun, il y a un épicier compréhensif et même un chien fidèle qui porte le nom d’un joueur de base-ball noir … des hommes et des femmes ordinaires donc, mais habités par la hantise du péché et la peur de châtiment, chacun avec sa religion, son église.

Et puis, « Arrive un vagabond » : sympa lui aussi, il est vite adopté, et lui-même adopte rapidement la petite ville et ses habitants. Il fait même du petit Sam son fils adoptif. Mais voilà il tombe amoureux : un récit banal en somme ! Pas du tout ! car les rêves se succèdent et les secrets tuent d’être trop lourds, et l’on glisse peu à peu vers une intrigue tendue comme sur un fil et qui monte qui monte … vers une fin qui fait froid dans le dos.

« Le puritanisme, la ségrégation et la condition féminine dans l’Amérique des années 1950 constituent la trame sociale de cette tragédie. Un grand roman sur l’enfance et la perte de l’innocence« . Critique de Bibliobs.

……………………………………………………………………………. « Arrive un vagabond  » Robert GOOLRICK

 

« Une prison qui sentait le sel de mer, le figuier et l’hélichryse » : cette prison se dresse sur une île livrée aux tempêtes et aux vents violents.

Et à cette prison, se rendent régulièrement : Luisa, fermière, tenue de se lever très tôt pour traire les vaches, de prendre le train puis le ferry pour aller retrouver son mari, un homme violent, qui purge sa peine pour avoir tué à deux reprises. Paolo, professeur de philosophie, lui, rejoint l’île pour rendre visite à son fils, membre des Brigades Rouges, impliqué dans plusieurs assassinats politiques.

Malgré la différence de leurs milieux sociaux et de leur niveau intellectuel, ces deux-là vont se rapprocher.

C’est en même temps qu’une peinture d’une Italie en pleine crise, un récit plein de délicatesse, douceur et poésie, qui donne envie de lire d’autres oeuvres de cette écrivaine.

« Si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur « plus haut que la mer« .

……………………………………………………………………..  « Plus haut que la mer » Francisca MELANDRI

Escapade sur l’Aven

Seize résidents des Hespérides ont pris place dans deux minibus conduits par Martine et Jean-Guénaël : les voici installés ce mercredi matin du 19 septembre, sous un ciel plutôt généreux, malgré la menace de pluies éparses, d’une météo pessimiste et … souvent hésitante sur notre Ouest changeant, en direction de Pont-Aven.

A défaut de n’avoir pu visiter ni le Musée, ni les différentes galeries d’expositions, nous débutons par un peu d’histoire et de géographie de cette petite ville attractive :

Dès la traversée de la Laïta qui sépare le Morbihan du Finistère, nous sommes dans le pays de l’Aven qui s’étend de l’Odet à la dite Laïta.

Pont-Aven (Aven = rivière), la ville aux 14 moulins, fut un bourg actif avec ses foires aux bestiaux et ses marchés divers; sur le port, des caboteurs déchargeaient des céréales et remplissaient les cales de bois de chauffage. On y troquait, entre autres, le granit contre du charbon, et on y pratiquait l’activité meunière. Et pourtant :

– Jean-François Brousmiche, en 1831, avait créé ce dicton :

« Pont-Aven, ville sans renom,

Femmes sans tétons,

Autant de moulins que de maisons,

Autant de catins que de chaussons. »

Mais il disait aussi – prémonition – ? :

« La rivière de Pont-Aven, en la descendant jusqu’à la mer, présente une multitude de sites qui sont dignes d’être reproduits par le pinceau de l’Artiste » !

Madame de La Villemarqué décrit ainsi Pont-Aven vers 1860 :

« Cette population de 1.000 habitants est la plus pauvre de France. […] La moitié des habitants de Pont-Aven se demande, au lever du soleil, si, avant que le soleil ne se couche, elle aura goûté un morceau de pain. » … Alors que la rivière de Pont-Aven, très poissonneuse, abondait en saumons excellents !

Et … un beau jour de juillet 1864, un peintre américain, Henry Bacon, voyageant dans la diligence de Concarneau à Quimperlé pour aller y prendre le train pour Paris, fit une halte à Pont­-Aven. « C’est le plus joli village que j’avais vu jusqu’à présent, avec son pont étrange au-dessus d’une rivière rapide qui fait tourner plusieurs roues à eau pittoresques et s’en va vers la mer, à peu de distance »… A Paris, il retrouva ses amis et leur vanta le « joli village » ; de nombreux artistes vinrent ainsi « envahir » cette « vallée entre deux collines abondamment boisées, s’ouvrant vers le sud et la mer, où le climat est tempéré, favorable au travail en plein air » Ils viendront ensuite de Londres, de Philadelphie, des pays nordiques et d’ailleurs, et les Pontavenistes les baptisent une fois pour toutes les « Américains », Français compris puisque Gauguin, lui, est venu s’installer, en 1886 à l’âge de 38 ans, dans « cet petit trou pas cher ».

Et ainsi « PONT-AVEN » devint « cité des peintres » ! …

Pont-Aven et ses galettes « Traou Mad » dont la fabrication remonte à 1890, qui sont un produit emblématique de la Bretagne, au même titre que le pâté Hénaff ou les fraises de Plougastel.

Pont-Aven où un jardin public est dédié à Théodore Botrel dont une statue rend hommage au barde qu’il fut et auquel on doit « Le Pardon des Fleurs d’Ajonc » célébré chaque année en août, et … « La Paimpolaise » !

Pont-Aven qui a honoré notre grand poète breton Xavier Grall en créant une promenade à son nom, véritable havre de verdure qui longe l’Aven, où nichent de jolies et pittoresques demeures.

Pont-Aven et sa si élégante et renommée gavotte, remarquable par la coiffe et la collerette des dames,

ainsi que par la variété de ses figures, adulée par les Celtes et les cercles de danse bretonne.

Pont-Aven, ville définitivement célèbre, où de nombreux septembristes aujourd’hui, déambulent sur les trottoirs, léchant les vitrines.

La salle du restaurant « les Ajoncs d’Or » nous attend à midi, nous offrant d’emblée, sur toute la largeur d’un mur, un tableau représentant deux bouquets de genêts sur un ciel aux nuages lourds, traversé de nuées de mouettes, à la manière de Penguilly qui, lui, les représentait sur la mer … Des mouettes que nous retrouverons sur la promenade de l’Aven qui de pont en pont mène à l’embarcadère. Jacqueline qui, de son balcon des Hespérides, les côtoie quotidiennement, leur trouve une voix différente : forcément, ces commères s’expriment ici, avec l’accent du Finistère ! Dieu sait comme à Lorient nous avons du mal à comprendre le breton de ce bout du monde !

Il n’y a pas que les mouettes qui nous font cortège : des oies blanches se balancent sur cette portion d’Aven rocheux, si vivant, savant mariage de cascades d’eau, de fleurs, de pierres arrondies par l’érosion, de murets élaborés, et de bancs d’herbes flottant comme des chevelures.

A 14 h., nous prenons place dans le bateau « Le Paul Gauguin » – renommée oblige – qui va nous embarquer vers l’océan Atlantique, un parcours de l’aber de 6 k. 500 (Notons que l’aber ainsi nommé dans le Finistère est une ria dans le Morbihan) … Et pourtant, « ria de l’Aven » sonne mieux que « aber de l’Aven », non ?

La jeune voix d’Elisabeth, guide, nous accompagnera tout le long de la balade et nous l’écouterons passionnément, car elle nous en racontera ! Sur les coteaux environnants, souvent boisés, d’énormes blocs de granit servent de pignons ou de murs à de belles maisons de négociants et d’armateurs, et à des demeures plus modestes. Des moulins y trouvent appui également … Nous sommes fortement impressionnés non seulement par la largeur de l’embouchure, mais par le nombre imposant de bateaux de plaisanciers, des centaines et des centaines ! qui dorment de chaque côté de la rive. On évoquera la présence du « Minahouet » amarré ici pour le plaisir des touristes. Peu ou pas de mouvement sur l’aber, nous sommes pratiquement les seuls à voguer à la surface de l’eau. »Mais où c’est qu’y sont donc » les propriétaires de ces yachts ? Des « premiers de cordée » peut-être, qui permettent à l’industrie nautique de prospérer. Pensez qu’il faut plusieurs années d’attente pour obtenir un anneau ! étonnant, non ? … A gauche comme à droite, une végétation dense et abondante surplombe les blocs de granit – c’est un granit spécial qui a permis la construction d’églises, de Nantes, de Lorient, de Port-Louis, et autres. Le lichen jaune incrusté dans les roches signe l’indice de marée : à ce jour, la marée est haute à 13 h. 57 et basse à 20 h. 06 = 6 h. de vie maritime intense. C’est le paradis des oiseaux : mouettes « rieuses » (hum, on va demander à Jacqueline … ), courlis, aigrettes, tadornes, hérons, et tant d’autres ! … Sur notre droite, nous découvrons, dans un écrin de verdure, le château des Hénan et son moulin à marée datant du XVème siècle, rénové par les Compagnons du Devoir, et dont une des tours est penchée ! une farce des korrigans qui se substituaient aux maçons la nuit et qui avaient trop forcé sur le chouchen ? … Ensuite, c’est le Château de Poulguin, en breton le château du Trou à vins, datant du XVIème siècle : l’échange des tonneaux entre l’Aven et Bordeaux se faisait sur des charrettes, et comme au retour, « on » avait prélevé une partie du breuvage parce qu’il faisait soif, on compensait la quantité manquante par de l’eau douce, d’où la réputation de vin léger attribuée aux cépages de Bordeaux ! … Des bouées jaunes témoignent de la présence des parcs à moules … non loin de Rosbras où, durant des décennies, chalutiers et thoniers à voile faisaient relâche … Et nous atteignons, sans signalisation, si ce n’est quelques doux roulis et giclées d’eau de mer sur les carreaux, nous laissant craindre la force des éléments : l’Océan ! La houle est en effet assez forte et nous empêche de nous engager dans la rivière du Belon, où les rias de l’Aven et du Belon se rejoignent à la pointe de Penquerneo pour se jeter dans l’Atlantique … demi-tour donc sur l’Aven pour retrouver nos falaises rocheuses dans lesquelles des anneaux, ici, permettaient aux sardiniers de s’arrêter pour se désaltérer à une source d’eau douce, et plus loin, l’anse de Goulet-Ricardo, où Gauguin – oh ! – venait se baigner nu ! les bigots s’en trouvaient choqués, les humoristes disaient qu’il venait tremper son pinceau dans l’eau … Puis on nous signale un énième château à colombier à ciel ouvert, et nous revoilà aux dortoirs à bateaux qui nous disent, sur une pose musicale d’inspiration bretonne, l’approche de Pont-Aven, où, à la descente du « Paul Gauguin », nous nous régalerons de cidre, entre autres rafraîchissements, au bar de la Rozen Aven.

C’était « majestueux » a déclaré Ambroisine, résumant l’enthousiasme général, avant le retour, assuré par Martine et Jean-Guenaël qui, en plus, nous offrirent un pot fort apprécié aux Hespérides.

Un grand merci à tous les deux : grâce à eux, en échappant à la routine quotidienne, à chaque sortie, nous engrangeons des ressentis dans notre grenier à souvenirs.

Extraordinaire apéritif d’été 2018

Le Temps se déroule au rythme des saisons aux Hespérides : alors que s’ouvre le Festival Interceltique de Lorient, nous nous souviendrons de  ce 3 août 2018 et de son apéritif d’été, dégusté dans le Jardin Extraordinaire amoureusement entretenu par Eric, été comme hiver.

Extraordinaire de beauté luxuriante : admirez avec nous ses arbustes de toutes sortes, son fier chamerops parmi les conifères, les bambous, les hortensias, les croscomias, les lauriers-roses et j’en passe … bien sûr le marronnier, le cerisier du Japon et bien d’autres espèces à floraison printanière, sur un gazon qui a gardé sa verdeur malgré les rayons trop généreux de sa Majesté le Soleil, sous notre ciel breton de ce mois d’août particulièrement torride.

Ce Jardin Extraordinaire où le mimosa a éclaté de ses mille boutons d’or, à l’image du nectar aux fruits jaunes qui n’aspire qu’à dégouliner de joie dans nos papilles assoiffées, et à imbiber nos coeurs, de petits bonheurs. Moment divin !

Les verres aux facettes multicolores, rehaussés de pailles, et contenant entre autres, des fraises et des cassis aux rouges somptueux, disent la volupté des hôtesses, Nadège, Gwenola, et Marie-Christine, qui en nous mijotant boissons et amuse-palais aux saveurs incomparables, nous éclaboussent de leur jeunesse et de leur beauté. Elles aussi, aiment notre Jardin Extraordinaire, habité par une infinité d’oiseaux : nous évoquerons le bonheur des merles, moineaux, sansonnets, geais, pies, étourneaux, des goélands et mouettes, et aussi des piverts, pigeons et tourterelles, corneilles et corbeaux, nous régalant de leur chants, pépiements et roucoulements, et de leur envol dans des bruissements d’ailes perçus comme des appels à l’évasion. (« Il suffit pour ça d’un peu d’Imagination« )

L’amitié partagée en cette journée ensoleillée et si pleine de chaleur ! les tenues légères et gaies, les chapeaux de paille et les lunettes de soleil donnaient au décor, sous les grands paravents accueillants de ce Jardin Extraordinaire, l’apparat d’une fête estivale. La lumière dorée offrait aux visages un reflet de jeunesse et les ombres en prolongeaient la durée, pour que subsiste le rêve et qu’y soit vivante en espérance, la somme multiple de toutes nos vies.

.

Remercions tous les acteurs de cette rencontre et dégustons le temps présent : le temps à venir prendra son temps, dans ce Jardin Extraordinaire …

Tournoi hebdomadaire de bridge

Peu de monde ce mardi de mai au tournoi hebdomadaire de bridge qui réunit habituellement une vingtaine de joueurs dont une grande moitié venue de l’extérieur.

Nous n’étions que douze.

Mais on en a profité pour faire un Howell 3 tables bien sympathique avec des donnes riches en difficultés d’enchères et de jeu de la carte et qui donnaient lieu à beaucoup de commentaires. Il y a eu deux chelems trouvés et réalisés par 2 équipes. D’autres les ont réussis sans les demander. D’autres les ont demandés sans les réussir. C’est la glorieuse incertitude du Bridge ! Une bonne après-midi, en tous cas et l’on se quitte en attendant de se retrouver le mardi suivant.

Karaoké de mai 2018

 

Aux Hespérides à Lorient, où il y a « Un jardin extraordinaire », et où « L’important c’est la rose », « Voici le mois de mai », mais oui, « Il est revenu le temps du muguet »,

puis vient « Le temps des cerises » … Alors « Si on chantait », pas « Sous le soleil exactement » peut-être sous « Le parapluie » avec Brassens « Le jour où la pluie viendra » ce qui ravivera « L’eau vive ». C’est vrai ! « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? », « Quand on n’a que l’amour » même si « L‘amour est un oiseau rebelle «  on chante « Il n’y a pas d’amour heureux » .

On « Écoute dans le vent » et on a « La mer » ,« La mer, toujours la mer ». C’est « Le tourbillon de la vie » sur « Trois petites notes de musique » et « Padam padam ».

Sans aller à « Mexico », ou sur « Les neiges de Kilimandjaro », dans notre « Douce France » on a « La montagne » ,« C’est magnifique ! » et « Ma Bretagne quand elle pleut » !!!

« C’est ainsi que les hommes vivent » aux Hespérides de Lorient ! On voit « La vie en rose », « en chantant ».