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Rencontre autour d’un livre

On parle peu du malheur arménien. Valérie Toranian nous offre ici un récit, où elle puise dans les souvenirs de sa grand-mère Aravni, « Nani » qui a échappé aux viols et autres terreurs, tenue de quitter son pays accompagnée de sa mère, de sa petite soeur et de sa tante, alors qu’elle n’a que 17 ans; cela se passait en 1915, et cela représente un parcours de misères et de drames.

Souvent, on pense que se taire est la solution à un problème de déracinement ou à tout autre problème; car en parler ravive la souffrance, mais quand on ne possède pas la langue du pays qui vous a accueillie et permis de vivre correctement, quel plus beau cadeau qu’une petite-fille qui vous adule et retrace avec vous, pas à pas, – malgré les difficultés d’échange – le chemin parcouru ?

Dans ce récit, l’adolescente ne rate pas une occasion de se rendre chez sa grand-mère et s’empiffre des pâtisseries orientales que celle-ci lui prépare amoureusement. Et pourtant parfois elle a honte de sa Nani, de son accoutrement un peu bizarre sur un corps lourd et mal bâti. Honte aussi de porter des jupes qu’elle lui tricote et qui diffèrent tant des vêtements « in » de ses copines de classe.

Cependant, la petite-fille a su, tout au long des années, s’imprégner de la mémoire de son aïeule, celle qui traduit le destin tragique de personnes contraintes à l’exil, mais par chance, – et par instinct de survie ? – ont pu voir leur famille grandir. Un roman plein d’amour écrit par une héritière d’un des pires massacres de l’histoire qui a fait un million et demi de morts.

………………………………………………………………………………..       « L’Etrangère » Valérie TORANIAN

 

Un bourg dans l’état de Virginie, paisible, où Blancs et Noirs se côtoient dans une entente « sans histoires ».

Il y a un côté « conte » dans ce roman, le boucher et sa femme sont sympathiques, la couturière noire aux doigts de fée est très sollicitée, l’institutrice est attentive à chacun, il y a un épicier compréhensif et même un chien fidèle qui porte le nom d’un joueur de base-ball noir … des hommes et des femmes ordinaires donc, mais habités par la hantise du péché et la peur de châtiment, chacun avec sa religion, son église.

Et puis, « Arrive un vagabond » : sympa lui aussi, il est vite adopté, et lui-même adopte rapidement la petite ville et ses habitants. Il fait même du petit Sam son fils adoptif. Mais voilà il tombe amoureux : un récit banal en somme ! Pas du tout ! car les rêves se succèdent et les secrets tuent d’être trop lourds, et l’on glisse peu à peu vers une intrigue tendue comme sur un fil et qui monte qui monte … vers une fin qui fait froid dans le dos.

« Le puritanisme, la ségrégation et la condition féminine dans l’Amérique des années 1950 constituent la trame sociale de cette tragédie. Un grand roman sur l’enfance et la perte de l’innocence« . Critique de Bibliobs.

……………………………………………………………………………. « Arrive un vagabond  » Robert GOOLRICK

 

« Une prison qui sentait le sel de mer, le figuier et l’hélichryse » : cette prison se dresse sur une île livrée aux tempêtes et aux vents violents.

Et à cette prison, se rendent régulièrement : Luisa, fermière, tenue de se lever très tôt pour traire les vaches, de prendre le train puis le ferry pour aller retrouver son mari, un homme violent, qui purge sa peine pour avoir tué à deux reprises. Paolo, professeur de philosophie, lui, rejoint l’île pour rendre visite à son fils, membre des Brigades Rouges, impliqué dans plusieurs assassinats politiques.

Malgré la différence de leurs milieux sociaux et de leur niveau intellectuel, ces deux-là vont se rapprocher.

C’est en même temps qu’une peinture d’une Italie en pleine crise, un récit plein de délicatesse, douceur et poésie, qui donne envie de lire d’autres oeuvres de cette écrivaine.

« Si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur « plus haut que la mer« .

……………………………………………………………………..  « Plus haut que la mer » Francisca MELANDRI

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