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On n’est jamais seul aux Hespérides, car on lit !

Voici quatre livres, parmi d’autres, dont la lecture, à elle seule, nous apporte joie et évasion.

« Les étoiles s’éteignent à l’aube » de Richard WAGAMESE

C’est un magnifique récit initiatique, un roman sur la transmission, écrit par un auteur de littérature amérindienne qui appartient à la nation ojibwé et nous a quitté en mars 2017.

C’est aussi un périple au coeur des terres indiennes, éprouvant et salutaire :

Un père qui sait ses jours comptés, souhaite que son fils le conduise dans les montagnes, là où il veut mourir en paix, à la manière d’un Indien.

Ce père rongé par l’alcool, au lourd passé secret, et ce fils solitaire, sérieux et calme, vont renouer des liens, et, en fait, faire connaissance l’un de l’autre.

Et cette rencontre entre deux êtres seuls est d’une beauté, d’une sensibilité et d’une pudeur rares, à l’image de cette nature grandiose où elle se déroule.

Le récit évoque John Steinbeck pour ses écrits sur le mécanisme inéluctable de l’alcoolisme conduisant à la déchéance, et Jim Harrison dont les livres sur les Indiens et leurs coutumes sont si révélateurs.

« Entre ciel et Lou » de Lorraine FOUCHET : Il y a « ce caillou de huit kilomètres sur quatre, planté au milieu de l’océan ». Les Groisillons aiment en pagaille, les Québécois tombent en amour. » (Babelio)

Lou, figure maternelle bien présente, ainsi qu’épouse comblée, vient de mourir, laissant son mari qu’elle surnommait « Piroche« , vide de souffle et d’appétit. Il est désormais seul sur cette île de Groix que l’un et l’autre avait choisie et adoptée.

« Elle s’est éclipsée » dit-il de Lou, et le testament qu’elle a déposé chez un notaire de Lorient va justifier cette expression, car de « là où l’on va après », elle a, seule, orchestré la réconciliation entre son Piroche et leurs deux enfants, l’entente n’étant pas toujours au rendez-vous dans cette famille composée, décomposée, et recomposée qui pourrait être celle de chacun de nous.

Mais l’amour et l’affection, n’est-ce-pas, font des miracles et c’est autour de Lou disparue, que va se construire une nouvelle complicité intergénérationnelle.

Roman choral où chacun s’exprime, qui se lit volontiers dans le cadre séduisant de l’île de Groix.

« Fleur de Tonnerre » de Jean TEULE

Aux XVIIIème et XIXème siècles, les superstitions locales faisaient florès en Bretagne … Seul, Jean Teulé, avec sa verve endiablée, pouvait ainsi nous chambouler avec sa « Fleur de Tonnerre », surnom d’Hélène Jégado

qui, nourrie de légendes et de mythologies celtes, va se substituer à l' »Ankou » – l’ange de la mort breton, représenté par un vieil homme aux cheveux blancs, un peu voûté, très maigre, et accompagné de sa charrette grinçante dont le bruit « wig ha wag » est prémonitoire d’une mort –

Nous allons, dans cette virée funeste à travers le monde rural, de Ploemeur à Hennebont, de Lorient à Rennes,  cheminer avec la belle Hélène, cuisinière, qui, à elle seule, utilisant de l’arsenic dans ses pâtisseries, sans complice, pendant plus de 30 ans, va semer morts et tourments.

Et si l’on s’étonne qu’elle ait pu empoisonner tant de gens, sans que personne ne lève le petit doigt, peut-être faut-il rappeler que les épidémies de choléra à cette même époque, faisaient rage ?

« Vous reprendrez bien un peu de kouign-amann ? »https://fr.wikipedia.org/wiki/Kouign-amann

« Article 353  » de Tanguy VIEIL

L’article 353 du Code de Procédure pénale permet d’en appeler moins aux preuves qu’à la conscience des juges et jurés de la cour d’assise, en somme, se fier à l’intime conviction.

Un village du Finistère nord, années 90. Suite à une arnaque immobilière portant sur un projet grandiose dans la rade de Brest,

Martial Kermeur jette à l’eau Antoine Lazenec durant une partie de pêche. Lazenec se noie, Kermeur est arrêté.

Et nous assistons à un huis-clos magistral entre deux hommes que tout sépare … Une longue confession profondément émouvante d’un narrateur, seul, face à un juge.

C’est le langage d’un homme simple, seul face à ce juge qui lui, emploie la langue officielle, celle du Code pénal.

Or, Martial Kermeur a tué. Devant le juge, il a rendez-vous avec sa vie – ou avec sa mort –

Et il livre là, nu, sa parole libre, humble, celle d’un homme brave, qui « a honte », et le dit avec des mots simples, vrais.

Il se sent arnaqué, floué, sali, miné, accablé, victime, parce que manipulé, d’un engrenage qui mène implacablement au drame.

Toute la puissance – la force de ce livre – est dans cette parole, surtout quand elle s’attarde sur la communication, si difficile et quasi impossible entre les êtres.

Un très grand livre ! … bouleversant …

 

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