38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

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Le foyer des Capucins Saint François avant la construction des Hespérides

Cette pandémie du coronavirus nous offrant l’opportunité et la curiosité de recourir à l’histoire de la peste et d’autres fléaux semblables, comme l’humanité en a toujours connus, et notre résidence ayant été construite sur l’emplacement de la communauté des Frères Capucins où leur foyer Saint-François inauguré en 1965, en la présence de Mr Jean-Yves Le Drian

hébergeait des personnes sans abri, il était normal de connaître le passé du lieu où nous vivons.

Le Foyer St-François dont l’emplacement s’étendait de la rue Belle Fontaine (entrée) jusqu’à l’avenue de la Marne était constitué d’un bâtiment Hébergement qui donnait sur la rue Hyacinthe Glotin, et s’élevait sur trois étages, abritant, d’abord 25, puis une centaine de résidents,

   

et employait une cinquantaine de salariés.

Il y avait une cuisine immense, tenue par Mademoiselle Alléo.

Une chapelle très fréquentée par les Lorientais, même les jours de semaine.

Et un cimetière d’où les ossements enfouis ont été transférés à Kerlétu.

De l’avenue de la Marne, s’étalait un grand parc jusque la rue Belle Fontaine dont l’entretien nécessitait l’emploi d’un jardinier, Mr Barthélémy.

Le Père Louis Joseph, aumônier du foyer était entouré d’une douzaine de Frères dont

– le Frère Amédée.

– le Frère Jude qui avait un don pour enlever les verrues !

– un Frère quêteur cumulant les fonctions de comptable et de trésorier.

Comment occuper tout ce monde ? Au début, ils fabriquaient sous la direction de responsables, des caissettes destinées à ranger le poisson au port de pêche, jusqu’à l’avènement du polystyrène qui a remplacé le bois. Et bien vite, à Guidel, à Saint Mathieu, s’est ouverte une annexe de l’institution où étaient installés, sur un terrain immense, des ateliers de mécanique, de menuiserie et scierie,

                

 

 où Mr Leport a travaillé pendant 30 ans, en tant qu’éducateur. Il y avait une ferme, un garage, 8 moniteurs techniciens, dans un bâtiment immense, avec sous-sol. Les bois travaillés venaient de Bordeaux.

Les horaires de travail couraient de :

8 h.30 à 12 h.30, et de 13 h.30 à 17 h.30 … repas du midi, à Guidel, et le soir à Lorient, dîner et télé.

Le transport de Lorient, depuis l’avenue de la Marne jusque Guidel, se faisait dans un bus de 55 places, secondé par un camion-cabine de 25 places, qui trouvaient places de garage dans la grande cour de l’entreprise.

Tout était moderne, mécanisé.

                           

Le rôle de Mr et Mme Leport était d’encadrer, nourrir et héberger les résidents –  Monsieur à Guidel, Madame au siège de la Communauté, rue Hyacinthe Glotin – souvent  cas sociaux, alcooliques ou sortant de prison, vagabonds, et dont l’âge s’échelonnait de 18 à 55 ans.

Signalons aussi la présence d’un foyer de femmes rue de l’Abbé Laudrin, perpendiculaire à la rue Belle Fontaine, constitué de cinq chambres, plus une cuisine, tenu par une religieuse.

De nombreuses distractions étaient proposées aux hébergés :

– Pique-niques;

– Courses;

– Foot à Saint Jo;

– Rallye en vélo jusque Sainte Barbe au Faouët;

– Fête de la St-Jean, etc …

– Vacances en Sologne, chez d’autres Capucins.

Ils percevaient un peu d’argent de poche, plus cigarettes et tabac.

Et c’est par les historiens qu’on apprend que la réforme capucine a vraiment été établie parce que les frères sont allés au secours des victimes de la peste. Ainsi est née la Communauté des Franciscains-Capucins, dont la devise consistait à être toujours prêts à répondre, surtout à l’appel des plus démunis. Ouverture aux pauvres, aux délaissés, rigueur envers eux-mêmes, mais bonté et attention aux autres, voilà leur réponse à l’appel de l’Evangile et au culte de Saint François d’Assise.

Le nom de capucins leur fut donné par les populations en raison du long capuce qu’ils portaient ; au début ce n’était qu’un surnom, mais il devint assez vite le nom officiel de l’Ordre.

De nombreux couvents ont été érigés en Bretagne dès le XVIIème siècle et furent détruits lors de la Révolution française; beaucoup de capucins virent leur congrégation interdite au tout début du XXème siècle.

Notons que dans le couvent de Crest dans la Drôme, un Frère, Philippe, capucin, qui y étudiait la théologie de 1932 à 1938, après son noviciat, bien avant qu’il ne fonde la Communauté Emmaüs, n’était autre que l’Abbé Pierre !

Peu de réussites à l’issue de ces formations. Il semblerait, à la lumière de l’expérience de Mr et Mme Leport, que peu de SDF – comme on les appelle aujourd’hui – échappent à leur condition, leur sort de vagabonds répond à un besoin viscéral de liberté. On ne leur connaît pratiquement d’autre destin que celui de sillonner les centres d’hébergement de France et de Navarre, et de s’y employer ici et là, vendanges, chantiers …

A Lorient, La Sauvegarde.56, une grande entreprise désormais ! accueille et héberge, lutte contre le sans-abrisme : la population étant plus nombreuse, les cas sociaux ne sont pas en diminution.

Aux Hespérides, nous avons hérité de cette communauté des Capucins qui a quitté Lorient le 17 mai 1996, une partie de leur territoire et de leur parc dont nous avons fait un jardin extraordinaire : il y reste la marque de leur foi et de leur ouverture aux déshérités, à l’image de St François d’Assise, que nous respectons profondément …

Et savez-vous que lorsque vous rentrez chez nous aux Hespérides, vous pénétrez dans la chapelle St François à l’emplacement même de notre accueil ? Quel réconfort d’être enveloppés de la foi qui habita tant de Lorientais et a probablement imprégné l’environnement, comme le font les églises et autres lieux saints emplis à la fois de paix et d’énergie …

 

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