38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

09.00 - 17:00Lundi -Samedi

02 97 64 20 01

La Tchatche du Ponant de mars 2021

Quelques extraits du verso :

FABULEUX VOYAGE

Sur une proposition faite par la Chambre de Commerce de Bretagne, pour un voyage à travers le monde, je suis partie seule, mon mari s’étant désisté.

De Lorient en covoiturage avec deux autre voyageurs jusque Paris/Orly, nous avons embarqué- nous étions une dizaine de Bretons – direct Moscou où nous attendait un paysage blanc de neige; à peine le temps de goûter le dépaysement, nous avons repris l’avion direction le Japon : si vous voulez tourner le dos à votre routine, consultez avec moi une carte du monde, et vous réaliserez quelle distance nous avons parcourue pour arriver à Vladivostok, j’ai cru n’y jamais parvenir, cette Sibérie immense que je voyais de mon hublot me paraissait sans fin, quelques îlots de verdure par-ci par-là, et du sable à l’infini.`Mais ce n’était pas fini.Suivez-moi, s.v.p. Nous voici maintenant à Tokyo,puis en Chine à Macao, à Hong Kong, ensuite en Thaïlande à Bangkok. Puis ce fut l’Inde, et enfin Israël d’où nous décollâmes pour rejoindre Paris.Attentive à la faune, je garde, entre autres, le souvenir de la présence de rats au Japon, et de vipères à Bangkok. Les escales furent brèves,j’apprécie d’avoir vu tant de visages différents, tant de variétés d’habillement, goûté à tant de plats exotiques – mais attention, pas de fourchette pour remplacer les baguettes : si vous ne voulez pas mourir de faim, le mieux est d’apprendre à s’en servir ! C’était formidable …

Suite de l’histoire de Jean, le tambour-major

Ses permissions et sa démobilisation lui ont permis d’avoir cinq enfants – 4 filles, dont ma grand-mère Juliette – et un garçon … Je peux vous dire qu’il n’était pas républicain, car disait-il « votre République, je ne la connais pas, moi l’Empereur m’a serré la main ! » Aussi sur ses vieux jours,quand il prenait le frais les soirs d’été, les gamins du hameau venaient crier « Vive l’Empereur »,ce qui leur valait quelques bonbons, et les coquins …repartaient en criant «Vive la République, vive la République!» Jean alors les menaçait du bâton, mais ses pauvres jambes ne lui permettaient pas de faire plus. Je pense que c’était devenu un jeu entre eux.Ainsi s’achève l’histoire du Pépé Tambour-Major,mon arrière-grand-père. L’auteure a ajouté :… Sur le plan technique, je peux vous dire que les gestes – au nombre de 7 – accomplis par le Tambour-Major n’étaient pas un jeu, mais permettaient à la troupe, par l’intermédiaire des tambours, de faire ce qu’il fallait : attaquer, se replier, etc …

… Pendant la guerre, ce poste était très dangereux,car l’uniforme bleu et rouge de mon arrière-grand-père se repérait de loin, et il était souvent un des premiers à tomber …

Sophrologie-Avis d’une adepte

Sophrologie. Avis d’une adepte.

On ne commande pas les émotions, mais ce qu’on en fait, la sophro m’a appris à gérer : si chaque séance hebdomadaire est suivie d’une détente profonde, la pratique quotidienne me vaut plus de présence dans l’instant, plus de cohérence dans la tête, dans les gestes, et un sommeil amélioré qui prépare à un bon réveil. Et tout cela, malgré, malgré … (l’âge, les maux, les limites, les incapacités …)

La Tchatche du Ponant

Ce titre est celui donné à un périodique papier qui est rédigé par des résidents sur n’importe quel sujet et qui pourra, ainsi, mensuellement donner des nouvelles de ce qui se passe aux Hespérides à tous les résidents.

En voici quelques extraits :

Un mot du directeur :

Chers résidents,

L’année qui vient de s’écouler nous a réservé son

lot de questions et de défis.


Après une année passée si particulière, votre santé

et votre bien-être sont, plus que jamais, au coeur

de mes préoccupations. J’ai pu maintenir la plupart

de nos animations, grâce au respect par tous des

contraintes imposées par la crise sanitaire.

C’est pourquoi, je vous remercie de la bienveillance

de chacun au sein de la résidence des Hespérides ..

Aussi je vous souhaite une nouvelle année 2021

douce, sereine et apaisée et bien entendu un retour

progressif à notre vie normale.

Meilleurs voeux sincères à vous et à vos proches,

Cordialement,

Philippe JACQUEL

ou encore un message de la sophrologue :

Nous avons inséré aussi des exercices extraits des Remue-Méninges de 2020 avec leurs corrigés ce qui apportera une distraction aux résidents qui n’ont pas pu y assister. Nous avons ajouté des dessins humoristiques en provenance du Canard enchaîné comme celui-ci :

et bien d’autres articles encore tels que l’étude d’un des ouvrages qui a tourné en décembre parmi les lectrices d’ “Autour d’un livre” ou encore une photo des gymnastes qui ont remplacé une séance par une mini croisière dans la rade de Lorient.

Nous espérons poursuivre mensuellement la publication de la Tchatche du Ponant, avec la collaboration d’un grand nombre de résidents.

A suivre donc …

Vous n’êtes pas tenus de le croire, mais ça va aux Hespérides…

Vous n’êtes pas tenus de le croire, mais ça va aux Hespérides…Et nous voilà toujours masqués, tenus d’imaginer le sourire de chacun, et de deviner ce que révèlent les regards.

Tenus de respecter la distanciation tout en restant proches, et … de bousculer nos habitudes en faisant appel à nos capacités d’adaptation.

Nous avons dû annuler notre rendez-vous “chansons”, pris à notre fête de la Chandeleur, aux Hespérides, pour “le 31 du mois d’août”, pour des raisons de prudence étendues à toutes les animations qui font le sel de notre résidence.

Personne n’est tenu d’assister à ce qui se passe en nos murs, mais l’été nous ayant offert de nombreuses journées ensoleillées, de nombreux résidents ont pu jouir de notre jardin extraordinaire qui, d’autre part, reçoit hebdomadairement, dès qu’il fait beau, les adeptes de la gym et de la sophrologie.

Les séances animées de remue-méninges ont également occupé une partie de nos après-midis, nos neurones n’aspirant qu’à être sollicités sous formes de jeux de toutes sortes.

Et aux Hespérides, le coeur est à la chanson : quand nous enlevons nos masques, et redécouvrons le sourire sur chacun de nos visages en élevant nos voix, c’est fascinant la façon dont un moment de chant nous lie. Chacun là, face à ses propres problèmes qui se dissolvent dès qu’on est ensemble. C’est tout ce qui compte. Nous chantons avec simplicité, des textes qui laissent des mots sur la musique, émotions et espoirs mêlés … Paul aussi, était présent quand sa santé le lui permettait, pour nous apprendre une chanson dont il est l’auteur (musique et paroles).

Les amatrices de lecture se sont retrouvées mensuellement, autour d’échanges souvent passionnés.

Les joueurs de belote se réunissent régulièrement, une à deux fois par semaine. Et ce, contrairement aux joueurs de bridge qui ne se réunissent plus, car la plupart venaient de l’extérieur pour affronter nos seniors dont Marie-Antoinette, une de nos centenaires.

Une sortie en minibus prévue en septembre à Rochefort-en-Terre a été annulée par mesure de précaution.

Arlette ayant fait une chute malencontreuse, s’est cassé le genou; appuyée par son médecin, elle a pu bénéficier chez elle, – ici aux Hespérides – de tous les soins nécessaires à la guérison, et en fait, a pu profiter de notre jardin extraordinaire, et assister à toutes les animations, aidée par tous. Arlette marche de nouveau, hourra … et le sourire qui ne l’a jamais quittée, est sa deuxième peau.

Notre directeur, Philippe Jacquel était en congé ce mois de septembre, pour avoir accumulé des jours à rattraper. On a survécu … Il nous revient toujours plein de couleurs de vacances … et d’humanité !

Entretemps, l’automne a succédé à l’été qui cette année, ne tenait pas à faire d’heures supplémentaires. Ses couleurs aux tons de cucurbitacées,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cucurbitaceae

les feuilles tourbillonnantes, les rafales de vents méchants, une tempête alerte rouge sans effet chez nous – sauf crainte d’envol du parasol – ont déjà bien meublé notre calendrier.

L’événement le plus marquant de ces derniers mois a été le départ en retraite de notre Christine, qui a tenu à le fêter en notre compagnie, où ? Mais dans notre “jardin extraordinaire” ! Mr Jacquel et son personnel, présents, nous avaient concocté une réception chaleureuse : des tables disséminées sur les espaces appropriés, dressées coquettes, où des bouteilles de bulles côtoyaient les verres étincelants joliment alignés : une promesse de réjouissances de becquetance variées au goût de tous et de chacun, qui invitent à la griserie partagée, sous un soleil matinal déjà bien généreux. Mon Dieu ! comme ces moments de solidarité à trinquer ensemble et à déguster ces délicieux amuse-bouches, laissent sur nos visages “fatigués” une aura de bonheur et de bonne humeur ! : yeux qui pétillent, joues qui rosissent, langues qui se délient et racontent, oreilles qui captent, mains qui se dénouent, tout respire la joie … Merci Christine de nous avoir offert cet événement convivial : cet au revoir que vous avez fêté avec nous, représente une sorte de libération pour vous qui allez maintenant jouir de votre temps retrouvé. Vous nous avez présenté votre petite-fille Lola :

profitez bien chère Christine du bonheur d’être une jeune grand-mère, … et tous nos souhaits à vous, pour tous les bons et grands moments que la vie vous réserve ! … “La chanson de l’Amitié” écrite et composée par Françoise Hardy, chantée par tous, a clos cette matinée applaudie. Notre jeune retraitée est repartie avec une superbe composition florale,

et un recueil de témoignages de notre reconnaissance, signés de tous, qu’elle relira peut-être avec émotion, et … un sentiment de nostalgie !

Eric, chargé de la tenue de “notre jardin extraordinaire“, préoccupé de l’élagage de quelques arbres, et désormais présent dans nos murs tout au long des jours ouvrables, nous a offert de pleins paniers de pommes de son jardin.

merci d’avoir satisfait notre gourmandise de descendants d’Adam et Eve …

Vous n’êtes pas tenus de nous croire, mais aux Hespérides, nous allons bien …

Le foyer des Capucins Saint François avant la construction des Hespérides

Cette pandémie du coronavirus nous offrant l’opportunité et la curiosité de recourir à l’histoire de la peste et d’autres fléaux semblables, comme l’humanité en a toujours connus, et notre résidence ayant été construite sur l’emplacement de la communauté des Frères Capucins où leur foyer Saint-François inauguré en 1965, en la présence de Mr Jean-Yves Le Drian

hébergeait des personnes sans abri, il était normal de connaître le passé du lieu où nous vivons.

Le Foyer St-François dont l’emplacement s’étendait de la rue Belle Fontaine (entrée) jusqu’à l’avenue de la Marne était constitué d’un bâtiment Hébergement qui donnait sur la rue Hyacinthe Glotin, et s’élevait sur trois étages, abritant, d’abord 25, puis une centaine de résidents,

   

et employait une cinquantaine de salariés.

Il y avait une cuisine immense, tenue par Mademoiselle Alléo.

Une chapelle très fréquentée par les Lorientais, même les jours de semaine.

Et un cimetière d’où les ossements enfouis ont été transférés à Kerlétu.

De l’avenue de la Marne, s’étalait un grand parc jusque la rue Belle Fontaine dont l’entretien nécessitait l’emploi d’un jardinier, Mr Barthélémy.

Le Père Louis Joseph, aumônier du foyer était entouré d’une douzaine de Frères dont

– le Frère Amédée.

– le Frère Jude qui avait un don pour enlever les verrues !

– un Frère quêteur cumulant les fonctions de comptable et de trésorier.

Comment occuper tout ce monde ? Au début, ils fabriquaient sous la direction de responsables, des caissettes destinées à ranger le poisson au port de pêche, jusqu’à l’avènement du polystyrène qui a remplacé le bois. Et bien vite, à Guidel, à Saint Mathieu, s’est ouverte une annexe de l’institution où étaient installés, sur un terrain immense, des ateliers de mécanique, de menuiserie et scierie,

                

 

 où Mr Leport a travaillé pendant 30 ans, en tant qu’éducateur. Il y avait une ferme, un garage, 8 moniteurs techniciens, dans un bâtiment immense, avec sous-sol. Les bois travaillés venaient de Bordeaux.

Les horaires de travail couraient de :

8 h.30 à 12 h.30, et de 13 h.30 à 17 h.30 … repas du midi, à Guidel, et le soir à Lorient, dîner et télé.

Le transport de Lorient, depuis l’avenue de la Marne jusque Guidel, se faisait dans un bus de 55 places, secondé par un camion-cabine de 25 places, qui trouvaient places de garage dans la grande cour de l’entreprise.

Tout était moderne, mécanisé.

                           

Le rôle de Mr et Mme Leport était d’encadrer, nourrir et héberger les résidents –  Monsieur à Guidel, Madame au siège de la Communauté, rue Hyacinthe Glotin – souvent  cas sociaux, alcooliques ou sortant de prison, vagabonds, et dont l’âge s’échelonnait de 18 à 55 ans.

Signalons aussi la présence d’un foyer de femmes rue de l’Abbé Laudrin, perpendiculaire à la rue Belle Fontaine, constitué de cinq chambres, plus une cuisine, tenu par une religieuse.

De nombreuses distractions étaient proposées aux hébergés :

– Pique-niques;

– Courses;

– Foot à Saint Jo;

– Rallye en vélo jusque Sainte Barbe au Faouët;

– Fête de la St-Jean, etc …

– Vacances en Sologne, chez d’autres Capucins.

Ils percevaient un peu d’argent de poche, plus cigarettes et tabac.

Et c’est par les historiens qu’on apprend que la réforme capucine a vraiment été établie parce que les frères sont allés au secours des victimes de la peste. Ainsi est née la Communauté des Franciscains-Capucins, dont la devise consistait à être toujours prêts à répondre, surtout à l’appel des plus démunis. Ouverture aux pauvres, aux délaissés, rigueur envers eux-mêmes, mais bonté et attention aux autres, voilà leur réponse à l’appel de l’Evangile et au culte de Saint François d’Assise.

Le nom de capucins leur fut donné par les populations en raison du long capuce qu’ils portaient ; au début ce n’était qu’un surnom, mais il devint assez vite le nom officiel de l’Ordre.

De nombreux couvents ont été érigés en Bretagne dès le XVIIème siècle et furent détruits lors de la Révolution française; beaucoup de capucins virent leur congrégation interdite au tout début du XXème siècle.

Notons que dans le couvent de Crest dans la Drôme, un Frère, Philippe, capucin, qui y étudiait la théologie de 1932 à 1938, après son noviciat, bien avant qu’il ne fonde la Communauté Emmaüs, n’était autre que l’Abbé Pierre !

Peu de réussites à l’issue de ces formations. Il semblerait, à la lumière de l’expérience de Mr et Mme Leport, que peu de SDF – comme on les appelle aujourd’hui – échappent à leur condition, leur sort de vagabonds répond à un besoin viscéral de liberté. On ne leur connaît pratiquement d’autre destin que celui de sillonner les centres d’hébergement de France et de Navarre, et de s’y employer ici et là, vendanges, chantiers …

A Lorient, La Sauvegarde.56, une grande entreprise désormais ! accueille et héberge, lutte contre le sans-abrisme : la population étant plus nombreuse, les cas sociaux ne sont pas en diminution.

Aux Hespérides, nous avons hérité de cette communauté des Capucins qui a quitté Lorient le 17 mai 1996, une partie de leur territoire et de leur parc dont nous avons fait un jardin extraordinaire : il y reste la marque de leur foi et de leur ouverture aux déshérités, à l’image de St François d’Assise, que nous respectons profondément …

Et savez-vous que lorsque vous rentrez chez nous aux Hespérides, vous pénétrez dans la chapelle St François à l’emplacement même de notre accueil ? Quel réconfort d’être enveloppés de la foi qui habita tant de Lorientais et a probablement imprégné l’environnement, comme le font les églises et autres lieux saints emplis à la fois de paix et d’énergie …

 

Saluer la présence du printemps dans notre jardin extraordinaire

Il nous faut d’emblée saluer le printemps qui ne s’est pas fait prier pour frapper à nos portes, ces mois confinés de mars et d’avril, depuis que les matins nous appelaient plus tôt à la vie. Il n’en finit pas de se manifester, dans la terre, dans chaque branche, dans chaque feuille, chaque pétale, comme un acte de foi dans le temps lui-même, ou en quelque dieu échafaudant des combinaisons.

Et l’on a vu les arbres de notre avenue de la Marne quitter leur robe noire hivernale pour se parer des couleurs qui en font un ombrage délicieux en été, et nous font rêver en vert.

Et saluez, je vous prie, ce jardin extraordinaire des Hespérides – dont l’évocation à plusieurs reprises vous a laissé deviner la magnificence – et qui, chaque jour, fidèlement, sourit à nos fenêtres, nous forçant à l’admiration, l’herbe verdit, les pâquerettes y éclosent, les arbres fleurissent avant que d’habiller leurs branches de feuillages. Il est comme un trésor qui mérite que “nous suspendions nos chapeaux à son entrée”.

Et ne manquez pas de saluer ce mois d’avril dont les bourgeons ont tenu promesse par le renouvellement infime et permanent de tout ce qui dort et renaît, petits miracles de la métamorphose de la nature, et qui a entendu à vingt heures tapantes, chaque jour, depuis chaque balcon, les applaudissements qui saluent le travail et le courage de tous nos soignants face à ce fléau de virus.

N’oublions surtout pas de saluer la beauté, la richesse de la variété de nos arbres qui forment un rideau entre nos murs et l’horizon, depuis le pommier et son voisin l’arbre de Judée, et le magnolia qui les sépare, puis l’érable, le mimosa, le tilleul et ce majestueux marronnier aux fleurs en grappes saumon, tous se donnant la main comme pour nous saluer à leur tour; et en addition, faisant bande à part, un deuxième tilleul qui ne désespère pas de tutoyer le ciel.

… Et toutes ces nuances de l’aube naissante pour accompagner nos réveils quotidiens, qui, à travers pluies et brumes, nuages et éclats de soleil, veille à la vie des plantes, nous invitant à vibrer à la vie et ses émotions.

Nombreuses sont les plantes de notre jardin extraordinaire sous forme d’arbustes : chamérops, cytise, laurier rose, berbéris aux feuilles pourpres, prunier du Japon, lilas, forsythia, oranger du Mexique, arbre à perruques, céanothe …  de toutes sortes de fleurs, en plus des camélias,

arums, narcisses, jonquilles, tulipes, iris, pivoines, lilas, azalées somptueux, hortensias, capucines éclatantes : attendront-elles de saluer le voisinage des volubilis pour un mariage heureux ? … massifs de rosiers polyanthas et de roses prestigieuses, et puis ces innombrables petites pâquerettes qui poussent sans relâche, ornement  de la pelouse qui met en valeur cet océan de verdure. Imaginez toutes les couleurs de floraison qui se succèdent !

Vous aurez deviné que dans cette luxuriante étendue de plantations, c’est l’effervescence chez les oiseaux : toute l’année ce sont les mouettes et les goélands qui strient le ciel, ivres de la liberté qui nous est confisquée encore un temps.

Dès le printemps, moineaux, mésanges nous charment de leurs trilles emplissant l’espace de clameurs pas toujours festives. Et il suffit aux pies qui font nid dans les arbres de l’avenue, de survoler l’immeuble pour venir nous saluer, – on a vu un jour, une mouette utiliser le passage piétons pour traverser : une panne d’envol ? –  s’abreuver et s’ébrouer  dans l’eau de la vasque que Marielle, chaque jour, emplit, avec constance et amour. Tous les oiseaux, dès qu’il fait chaud, s’y ébattent et s’y désaltèrent … Et les merles, reconnaissants, nous offrent régulièrement le concert de leur contre-ut et tirlituipt, auquel fait écho la voix ronronnante de notre fidèle tourterelle.

Qui pourrait imaginer un monde sans les oiseaux ? Quand Mao ordonna la mise à mort de tous les moineaux de Chine lors de la “campagne des 4 nuisibles”, https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_des_quatre_nuisibles que pensait-il de l’avenir de son pays ?

Saluons pour finir, notre jardinier Eric, un amoureux de la terre, qui chouchoute et bichonne “son” jardin, luttant contre les mauvaises herbes, attentif à toutes transformations, et préoccupé de tailles et de choix. Le résultat en est merveilleux ! et l’on y promène son regard avec satisfaction, et l’on y dégourdit ses jambes volontiers, pour une marche de santé.

Bientôt, comme dans la chanson “Le Jardin Extraordinaire”  https://www.youtube.com/watch?v=uZtdMoITJgY&list=RDuZtdMoITJgY&start_radio=1&t=15 de Charles Trenet, les oiseaux y tiendront buffet et vendront grains et morceaux de gruyère, et auront comme clients Monsieur le Maire et le Sous-PréfetEt ce jour-là, le soleil, sur notre jardin, aura des rayons d’or.

Après le 11 mai, sortirons-nous la tête du nid comme les oiseaux  ? ainsi que le suggère Baudelaire.

 

les Hespérides, lieux mythiques du couchant

Dans un jardin situé dans l’Extrême Occident où vivaient les nymphes Hespérides, Héra  avait planté un pommier pour faire cadeau de ses fruits d’or à Zeus, dont elle était à la fois la femme et la soeur. (Eh oui ! l’inceste n’était pas une relation interdite, et pour cause : c’était le mode de vie classique chez les dieux et déesses !)

Le jardin des Hespérides est une image exemplaire de la vie riche et fertile, parce que planté d’arbres aux fruits d’or, et habité par trois soeurs déesses, filles d’Atlas et d’Hespéris, petites-filles d’Hespérus, gardiennes de ce jardin où elles nourrissent des moutons dont la toison est d’or … Il est situé à l’ouest, soit la dernière étape du soleil. … Ainsi, les Hespérides sont les heures du soir, le jardin est le firmament, et les pommes d’or des étoiles.. Quels plus beaux symboles ? … Et quand les Atlantides sont identifiées aux seules Hespérides, elles seraient les filles d’Hesperis qui, lui, est l’heure du soir.

Je me demande dans quel lit se couche le soleil.

 Je me demande où les nuits passent leurs journées.

 Je me demande pourquoi la nuit tombe, pourquoi le soleil se lève.

 Je me demande aussi s’il y a encore des étoiles derrière les nuages.

 Je me demande enfin si le soleil, aujourd’hui, aimerait avoir une ombre.”

Extrait de ..“Bienvenue en poésie” de Pef .………………………………

Les Hespérides de la poésie ont été évoquées par Chateaubriand dans ses “Mémoires d’Outre-tombe” :

Beaux parcs et beaux jardins, qui dans votre clôture 

Avez toujours des fleurs et des ombrage verts 

Non sans quelque démon qui défend aux hivers 

D’en effacer jamais l’agréable peinture …

Si de ces Hespérides de la poésie et de l’histoire je descends aux jardins de nos jours, quelle multitude en ai-je vue naître et mourir ? Sans parler des bois de Sceaux, de Marly, de Choisy, rasés au niveau des blés, sans parler des bosquets de Versailles …”

Savez-vous qu’en botanique, les fruits des agrumes sont des baies appelés hespérides : à l’intérieur (endocarpe) la pulpe est répartie en 8 à 12 lobes qui renferment les pépins et les cellules gorgées de jus. Par extension, les agrumes sont parfois appelés “hespérides” en référence aux travaux d’Hercule et à sa mission de cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides.

En cosmétique, les caractéristiques d’un parfum sont classées en 7 familles olfactives et en sous-familles, les facettes. La famille Hespéridée est l’une de ces 7 familles en référence à  la mythologie grecque évoquée.

En astronomie, les Hespérides font partie des noms donnés aux Pléïades, ainsi les poètes les disant filles d’Atlas et d’Hespéris, elles sont aussi appelées Atlantides …

Tout ceci n’est qu’une miette de la densité des écrits sur la mythologie grecque, et nous nous contenterons aujourd’hui, en ce temps atypique du confinement et des distances-barrièresauxquels nous sommes, pour la première fois de notre longue vie, confrontés, de voir dans “Hespérides” les lettres ESPER que nous traduirons en ESPOIR.

Nos dieux et nos déesses à nous aujourd’hui, héros de nos vies, ce sont les soignants et tous ceux qui travaillent à assurer le quotidien de chacun, malgré les problèmes de ce printemps 2020. Nous leur exprimons notre vive gratitude.

 

 

 

 

 

 

La vie aux Hespérides “Autour d’un livre” se lit comme un roman !…

“Léna” de Virginie DELOFFRE : Un étonnant premier roman où tout est dit de l’âme russe, paysans dans leurs kolkhozes, exilés dans la toundra, citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour ligne d’horizon l’envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif et puissant.

C’est aussi un beau voyage littéraire en compagnie de quatre personnages qui nous offrent un condensé du peuple russe, à travers un épisode de son Histoire.

La mère de Léna était issue d’une tribu d’esquimaux – les Nénetses – éleveurs de rennes. Ses parents s’étant noyés en pêchant dans de la glace trop fragile, Léna est recueillie par une parente, Varvara, une femme accrochée à son vieux rêve communiste qui héberge Dimitri, un géologue moscovite, un taiseux rêveur mis sur la touche pour ses idées dissidentes et relégué dans les années soixante par la Sécurité de l’Etat, dans une baraque paumée du Grand Nord.

Léna vivra, en leur compagnie, une enfance heureuse, mais une fois mariée à Vassili, elle restera comme cristallisée dans l’attente, et en même temps, cultivera son absence comme une promesse d’avenir pour les Russes.

Vassili, pilote d’aviation, finit par voir son rêve réalisé : il est sélectionné pour faire partie de l’équipe de la mission qui rejoindra la station Mir, cette expérience unique vécue par quelques privilégiés.

Léna tire sa patience de sa Sibérie natale et de l’affection toujours renouvelée de Varvara et Dimitri, avec lesquels elle entretient une correspondance abondante, mais toujours le même questionnement obsessionnel l’habite et la tracasse : “Que vont donc chercher les hommes dans l’espace ? – Pourquoi ceux qui reviennent, ont-ils tous le même vide au fond des yeux ?”

Nous lui espérons, ainsi qu’à son mari, une fin heureuse.

“Complètement cramé” – LEGARDINIER

“S’il n’y avait pas les hormones, on resterait entre garçons à faire les imbéciles avec des vélos, des pistolets, des motos ou des yaourts. On trouve toujours des jouets. Et heureusement qu’elles sont là, les hormones, parce qu’elles nous poussent vers les seules créatures (nous les femmes !), capables de faire de nous autre chose que de profonds abrutis”.

C’est un extrait de ce livre, classé dans les “feel good book” et “humour“Un roman à la gloire de la subtilité et du flegme britanniques, et une comédie de moeurs divertissante“, dit ActuaLitté.

On ne pouvait pas le snober aux Hespérides ! On suppose qu’ici, comme ailleurs, on est nombreux à avoir subi des changements dans notre vie.

Or Mr Legardinier nous a toutes scotchées, avec ce héros tendre et attachant qui est un peu l’ami que l’on aimerait avoir auprès de soi, pour retrouver le sourire et l’espoir dans les moments difficiles de notre vie.

Aussi, si vous ne supportez plus votre quotidien

si vous avez perdu foi en vous

si vous déprimez sans raison valable

si vous êtes fâché avec votre tête

si le percepteur vous menace

si vos enfants vous agacent

si vous agacez vos enfants,

mélangez-vous avec ceux qui connaissent les mêmes soucis, et ça fera un cocktail de bonne humeur, de dérision, et de sourires retrouvés.

“Le roman de Sophie Trébuchet” – Geneviève DORMANN

Le style naturel et espiègle de Geneviève Dormann nous a à nouveau séduites dans ce récit de la vie de Sophie Trébuchet :

Elle avait vingt ans sous la Terreur à Nantes.

C’était une jeune fille aux idées avancées.

Elle était royaliste mais épousa un capitaine républicain.

Alors qu’à Paris, sous le Directoire, elle rencontra l’amour fou en la personne du Général de la Horie.

Pour le retrouver, elle parcourut les routes de France, d’Italie et d’Espagne.

Imaginez les déplacements à cette époque : nous sommes loin des chevaux piaffant sous le capot de nos modernes voitures, et des kilomètres parcourus à l’envi, à un jet d’avion !

Comparez les accoutrements et les bagages encombrants d’une voyageuse en 1790, avec les tenues “in” faites de fibres modernes et ultra légères de nos années 2000 !

Mais cette femme ne vit pas que d’aventures : elle eut trois fils, dont le dernier s’appela Victor Hugo ! Waouh ! Quelle destinée ! Un vrai roman …

L’auteure nous laisse entendre que le père de Sophie Trébuchet étant mort lorsqu’elle avait douze ans, elle fut confiée à une tante qui développa son esprit curieux et son goût de la lecture et fera d’elle une personnalité forte, combative, qui rejaillira sur ses fils, en particulier Victor Hugo, et pour cela, nous la vénérons, tout en remerciant Geneviève Dormann de nous l’avoir fait connaître.

“Nagasaki” de Eric FAYE

C’est un natif de Limoges qui, épris du Japon et de sa culture, nous a entraîné dans une curieuse et bizarre cohabitation non consentie, une histoire originale teintée de nostalgie, où nous rencontrons un homme de 56 ans, météorologue, dont la vie est réglée comme une horloge, et une femme? mais est-ce une femme ou un fantôme ? Mystère !

L’auteur est passionné par le Japon et les Japonais, leur mode de vie; et certains traits de leur mentalité lui sont familiers. Il ressent, et nous fait ressentir leur mal-être lié aux différentes crises économiques et sociales qui secouent le pays, comme le troubleront l’année suivante, les retombées du tsunami et de la catastrophe nucléaire de 2011.

Il y est question de lieux où l’on a vécu, de souvenirs qu’on y a laissés, de la joie mêlée de crainte de redécouvrir les maisons, appartements, jardins où s’est jouée notre enfance.

On fuit tous quelque chose, on se chamaille avec nos peurs, mais ce roman bien écrit permet à votre imagination de surfer sur tous les possibles.

Nos vies, nos activités estivales, ici, aux Hespérides.

By 11th juillet, 2019 Non classé No Comments

Les animations qui cadencent nos journées et dynamisent en permanence notre lieu de vie offrent – on veut le croire – à notre progéniture une image de modernité, celle qui tourne le dos au renoncement et à la morosité. On accomplit, on agit, on bouge quoi ! on apprécie les nombreuses distractions auxquelles sont conviés tous les résidents, la vie chez nous est détente, déployée aussi bien dans le salon que sur nos terrasses dont la végétation

arbres et fleurs à foison, respire le bien-être.

Ces mois de juillet et d’août, cependant, un ralentissement est porté aux activités qui nécessitent de la préparation, tels que “Remue-méninges”, projections de films, karaoké, sophrologie, voyages en car …  Le tournoi de bridge aussi fait une pause, tandis que continuent de couvrir nos agendas les rendez-vous avec : Radio Café quotidienne, jeux de cartes, scrabble, gymnastique et autres, et bien sûr “Chantencor” qui fidèlement réunit chaque semaine sa vingtaine de chanteurs et chanteuses, ainsi que “Autour d’un Livre”.

Cette fin de saison a été l’occasion d’offrir un présent aux différents animateurs, Marcelle, Maryse, Marie Simone, en même temps que de trinquer ensemble autour d’un verre de cidre bien pétillant, et de quelques gourmandises concoctées par Mr Jacquel, notre attentionné directeur.

Septembre reviendra bien vite pour repartir sur de nouveaux projets : se rencontrer, partager, échanger, restant définitivement les marques de la convivialité de la vie aux Hespérides.

Une parenthèse ici pour évoquer ce lieu de vie festif que constitue, à quelques minutes de notre résidence, le Festival Interceltique, https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_interceltique_de_Lorient, qui se déroule chaque année, durant 10 jours métamorphosant le paysage de notre ville. Les nouvelles ramblas du parc Jules Ferry attendent cet événement, l’invitée d’honneur étant la Galice “Quel délice ! “ clame Lorient Mag,

cette cousine germaine de la Bretagne, mêmes fureurs océanes, mêmes côtes balayées par le vent d’ouest, semblable imprégnation religieuse autour des églises, chapelles et monastères, culture et langue celtes bien vivaces.

La Galice symbolisant le Pèlerinage de St Jacques de Compostelle,

une exposition, au sein du F.I.L., s’adressera à ceux que cette recherche spirituelle intéresse, en même temps qu’à ceux qui n’ont pas eu la possibilité de parcourir ce chemin de vie.

Cornemuses, bombardes, et autres instruments feront vibrer la ville et les coeurs, dans un tourbillon de musiques et de chants, l’incontournable défilé du dimanche sur près de deux kilomètres se déployant sous nos fenêtres : nous sommes nombreux à accueillir ce jour-là sur nos balcons, visiteurs et festivaliers qui applaudissent de tout leur enthousiasme, à la variété des costumes, à la maîtrise des danses : ce  spectacle de vie intense dans la communion celte.

Le F.I.L. insuffle à la ville un plein d’énergie et de vie, dont on hérite un peu, jusqu’au – allez, on va pas chipoter – prochain F.I.L . du 31 juillet au 9 août 2020. “Laissons l’avenir venir ” disent la chanson et la vie …

 

 

 

 

 

 

Rencontre autour d’un livre

On parle peu du malheur arménien. Valérie Toranian nous offre ici un récit, où elle puise dans les souvenirs de sa grand-mère Aravni, “Nani” qui a échappé aux viols et autres terreurs, tenue de quitter son pays accompagnée de sa mère, de sa petite soeur et de sa tante, alors qu’elle n’a que 17 ans; cela se passait en 1915, et cela représente un parcours de misères et de drames.

Souvent, on pense que se taire est la solution à un problème de déracinement ou à tout autre problème; car en parler ravive la souffrance, mais quand on ne possède pas la langue du pays qui vous a accueillie et permis de vivre correctement, quel plus beau cadeau qu’une petite-fille qui vous adule et retrace avec vous, pas à pas, – malgré les difficultés d’échange – le chemin parcouru ?

Dans ce récit, l’adolescente ne rate pas une occasion de se rendre chez sa grand-mère et s’empiffre des pâtisseries orientales que celle-ci lui prépare amoureusement. Et pourtant parfois elle a honte de sa Nani, de son accoutrement un peu bizarre sur un corps lourd et mal bâti. Honte aussi de porter des jupes qu’elle lui tricote et qui diffèrent tant des vêtements “in” de ses copines de classe.

Cependant, la petite-fille a su, tout au long des années, s’imprégner de la mémoire de son aïeule, celle qui traduit le destin tragique de personnes contraintes à l’exil, mais par chance, – et par instinct de survie ? – ont pu voir leur famille grandir. Un roman plein d’amour écrit par une héritière d’un des pires massacres de l’histoire qui a fait un million et demi de morts.

………………………………………………………………………………..       “L’Etrangère” Valérie TORANIAN

 

Un bourg dans l’état de Virginie, paisible, où Blancs et Noirs se côtoient dans une entente “sans histoires”.

Il y a un côté “conte” dans ce roman, le boucher et sa femme sont sympathiques, la couturière noire aux doigts de fée est très sollicitée, l’institutrice est attentive à chacun, il y a un épicier compréhensif et même un chien fidèle qui porte le nom d’un joueur de base-ball noir … des hommes et des femmes ordinaires donc, mais habités par la hantise du péché et la peur de châtiment, chacun avec sa religion, son église.

Et puis, “Arrive un vagabond” : sympa lui aussi, il est vite adopté, et lui-même adopte rapidement la petite ville et ses habitants. Il fait même du petit Sam son fils adoptif. Mais voilà il tombe amoureux : un récit banal en somme ! Pas du tout ! car les rêves se succèdent et les secrets tuent d’être trop lourds, et l’on glisse peu à peu vers une intrigue tendue comme sur un fil et qui monte qui monte … vers une fin qui fait froid dans le dos.

Le puritanisme, la ségrégation et la condition féminine dans l’Amérique des années 1950 constituent la trame sociale de cette tragédie. Un grand roman sur l’enfance et la perte de l’innocence“. Critique de Bibliobs.

……………………………………………………………………………. “Arrive un vagabond ” Robert GOOLRICK

 

Une prison qui sentait le sel de mer, le figuier et l’hélichryse” : cette prison se dresse sur une île livrée aux tempêtes et aux vents violents.

Et à cette prison, se rendent régulièrement : Luisa, fermière, tenue de se lever très tôt pour traire les vaches, de prendre le train puis le ferry pour aller retrouver son mari, un homme violent, qui purge sa peine pour avoir tué à deux reprises. Paolo, professeur de philosophie, lui, rejoint l’île pour rendre visite à son fils, membre des Brigades Rouges, impliqué dans plusieurs assassinats politiques.

Malgré la différence de leurs milieux sociaux et de leur niveau intellectuel, ces deux-là vont se rapprocher.

C’est en même temps qu’une peinture d’une Italie en pleine crise, un récit plein de délicatesse, douceur et poésie, qui donne envie de lire d’autres oeuvres de cette écrivaine.

Si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur “plus haut que la mer“.

……………………………………………………………………..  “Plus haut que la mer” Francisca MELANDRI

Escapade sur l’Aven

Seize résidents des Hespérides ont pris place dans deux minibus conduits par Martine et Jean-Guénaël : les voici installés ce mercredi matin du 19 septembre, sous un ciel plutôt généreux, malgré la menace de pluies éparses, d’une météo pessimiste et … souvent hésitante sur notre Ouest changeant, en direction de Pont-Aven.

A défaut de n’avoir pu visiter ni le Musée, ni les différentes galeries d’expositions, nous débutons par un peu d’histoire et de géographie de cette petite ville attractive :

Dès la traversée de la Laïta qui sépare le Morbihan du Finistère, nous sommes dans le pays de l’Aven qui s’étend de l’Odet à la dite Laïta.

Pont-Aven (Aven = rivière), la ville aux 14 moulins, fut un bourg actif avec ses foires aux bestiaux et ses marchés divers; sur le port, des caboteurs déchargeaient des céréales et remplissaient les cales de bois de chauffage. On y troquait, entre autres, le granit contre du charbon, et on y pratiquait l’activité meunière. Et pourtant :

– Jean-François Brousmiche, en 1831, avait créé ce dicton :

“Pont-Aven, ville sans renom,

Femmes sans tétons,

Autant de moulins que de maisons,

Autant de catins que de chaussons.”

Mais il disait aussi – prémonition – ? :

“La rivière de Pont-Aven, en la descendant jusqu’à la mer, présente une multitude de sites qui sont dignes d’être reproduits par le pinceau de l’Artiste” !

Madame de La Villemarqué décrit ainsi Pont-Aven vers 1860 :

« Cette population de 1.000 habitants est la plus pauvre de France. […] La moitié des habitants de Pont-Aven se demande, au lever du soleil, si, avant que le soleil ne se couche, elle aura goûté un morceau de pain. » … Alors que la rivière de Pont-Aven, très poissonneuse, abondait en saumons excellents !

Et … un beau jour de juillet 1864, un peintre américain, Henry Bacon, voyageant dans la diligence de Concarneau à Quimperlé pour aller y prendre le train pour Paris, fit une halte à Pont­-Aven. “C’est le plus joli village que j’avais vu jusqu’à présent, avec son pont étrange au-dessus d’une rivière rapide qui fait tourner plusieurs roues à eau pittoresques et s’en va vers la mer, à peu de distance”… A Paris, il retrouva ses amis et leur vanta le “joli village” ; de nombreux artistes vinrent ainsi “envahir” cette “vallée entre deux collines abondamment boisées, s’ouvrant vers le sud et la mer, où le climat est tempéré, favorable au travail en plein air » Ils viendront ensuite de Londres, de Philadelphie, des pays nordiques et d’ailleurs, et les Pontavenistes les baptisent une fois pour toutes les “Américains”, Français compris puisque Gauguin, lui, est venu s’installer, en 1886 à l’âge de 38 ans, dans “cet petit trou pas cher”.

Et ainsi “PONT-AVEN” devint “cité des peintres” ! …

Pont-Aven et ses galettes “Traou Mad” dont la fabrication remonte à 1890, qui sont un produit emblématique de la Bretagne, au même titre que le pâté Hénaff ou les fraises de Plougastel.

Pont-Aven où un jardin public est dédié à Théodore Botrel dont une statue rend hommage au barde qu’il fut et auquel on doit “Le Pardon des Fleurs d’Ajonc” célébré chaque année en août, et … “La Paimpolaise” !

Pont-Aven qui a honoré notre grand poète breton Xavier Grall en créant une promenade à son nom, véritable havre de verdure qui longe l’Aven, où nichent de jolies et pittoresques demeures.

Pont-Aven et sa si élégante et renommée gavotte, remarquable par la coiffe et la collerette des dames,

ainsi que par la variété de ses figures, adulée par les Celtes et les cercles de danse bretonne.

Pont-Aven, ville définitivement célèbre, où de nombreux septembristes aujourd’hui, déambulent sur les trottoirs, léchant les vitrines.

La salle du restaurant “les Ajoncs d’Or” nous attend à midi, nous offrant d’emblée, sur toute la largeur d’un mur, un tableau représentant deux bouquets de genêts sur un ciel aux nuages lourds, traversé de nuées de mouettes, à la manière de Penguilly qui, lui, les représentait sur la mer … Des mouettes que nous retrouverons sur la promenade de l’Aven qui de pont en pont mène à l’embarcadère. Jacqueline qui, de son balcon des Hespérides, les côtoie quotidiennement, leur trouve une voix différente : forcément, ces commères s’expriment ici, avec l’accent du Finistère ! Dieu sait comme à Lorient nous avons du mal à comprendre le breton de ce bout du monde !

Il n’y a pas que les mouettes qui nous font cortège : des oies blanches se balancent sur cette portion d’Aven rocheux, si vivant, savant mariage de cascades d’eau, de fleurs, de pierres arrondies par l’érosion, de murets élaborés, et de bancs d’herbes flottant comme des chevelures.

A 14 h., nous prenons place dans le bateau “Le Paul Gauguin” – renommée oblige – qui va nous embarquer vers l’océan Atlantique, un parcours de l’aber de 6 k. 500 (Notons que l’aber ainsi nommé dans le Finistère est une ria dans le Morbihan) … Et pourtant, “ria de l’Aven” sonne mieux que “aber de l’Aven”, non ?

La jeune voix d’Elisabeth, guide, nous accompagnera tout le long de la balade et nous l’écouterons passionnément, car elle nous en racontera ! Sur les coteaux environnants, souvent boisés, d’énormes blocs de granit servent de pignons ou de murs à de belles maisons de négociants et d’armateurs, et à des demeures plus modestes. Des moulins y trouvent appui également … Nous sommes fortement impressionnés non seulement par la largeur de l’embouchure, mais par le nombre imposant de bateaux de plaisanciers, des centaines et des centaines ! qui dorment de chaque côté de la rive. On évoquera la présence du “Minahouet” amarré ici pour le plaisir des touristes. Peu ou pas de mouvement sur l’aber, nous sommes pratiquement les seuls à voguer à la surface de l’eau.”Mais où c’est qu’y sont donc” les propriétaires de ces yachts ? Des “premiers de cordée” peut-être, qui permettent à l’industrie nautique de prospérer. Pensez qu’il faut plusieurs années d’attente pour obtenir un anneau ! étonnant, non ? … A gauche comme à droite, une végétation dense et abondante surplombe les blocs de granit – c’est un granit spécial qui a permis la construction d’églises, de Nantes, de Lorient, de Port-Louis, et autres. Le lichen jaune incrusté dans les roches signe l’indice de marée : à ce jour, la marée est haute à 13 h. 57 et basse à 20 h. 06 = 6 h. de vie maritime intense. C’est le paradis des oiseaux : mouettes “rieuses” (hum, on va demander à Jacqueline … ), courlis, aigrettes, tadornes, hérons, et tant d’autres ! … Sur notre droite, nous découvrons, dans un écrin de verdure, le château des Hénan et son moulin à marée datant du XVème siècle, rénové par les Compagnons du Devoir, et dont une des tours est penchée ! une farce des korrigans qui se substituaient aux maçons la nuit et qui avaient trop forcé sur le chouchen ? … Ensuite, c’est le Château de Poulguin, en breton le château du Trou à vins, datant du XVIème siècle : l’échange des tonneaux entre l’Aven et Bordeaux se faisait sur des charrettes, et comme au retour, “on” avait prélevé une partie du breuvage parce qu’il faisait soif, on compensait la quantité manquante par de l’eau douce, d’où la réputation de vin léger attribuée aux cépages de Bordeaux ! … Des bouées jaunes témoignent de la présence des parcs à moules … non loin de Rosbras où, durant des décennies, chalutiers et thoniers à voile faisaient relâche … Et nous atteignons, sans signalisation, si ce n’est quelques doux roulis et giclées d’eau de mer sur les carreaux, nous laissant craindre la force des éléments : l’Océan ! La houle est en effet assez forte et nous empêche de nous engager dans la rivière du Belon, où les rias de l’Aven et du Belon se rejoignent à la pointe de Penquerneo pour se jeter dans l’Atlantique … demi-tour donc sur l’Aven pour retrouver nos falaises rocheuses dans lesquelles des anneaux, ici, permettaient aux sardiniers de s’arrêter pour se désaltérer à une source d’eau douce, et plus loin, l’anse de Goulet-Ricardo, où Gauguin – oh ! – venait se baigner nu ! les bigots s’en trouvaient choqués, les humoristes disaient qu’il venait tremper son pinceau dans l’eau … Puis on nous signale un énième château à colombier à ciel ouvert, et nous revoilà aux dortoirs à bateaux qui nous disent, sur une pose musicale d’inspiration bretonne, l’approche de Pont-Aven, où, à la descente du “Paul Gauguin”, nous nous régalerons de cidre, entre autres rafraîchissements, au bar de la Rozen Aven.

C’était “majestueux” a déclaré Ambroisine, résumant l’enthousiasme général, avant le retour, assuré par Martine et Jean-Guenaël qui, en plus, nous offrirent un pot fort apprécié aux Hespérides.

Un grand merci à tous les deux : grâce à eux, en échappant à la routine quotidienne, à chaque sortie, nous engrangeons des ressentis dans notre grenier à souvenirs.