38 bis, Avenue de La Marne56100 LORIENT

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La Tchatche de mars 2022

En ce mois de février, nous avons eu l’agréable surprise de trouver à l’entrée du grand salon une exposition de tableaux et de foulards peints à la main.


l s’agissait d’oeuvres de Mme Lelièvre, résidant avec son mari, aux Hespérides, depuis peu. Elle avait, sur la suggestion de notre hôtesse, Christine, consenti à les montrer pour le plaisir de nos yeux. Elle nous a autorisés à en reproduire quelques-unes dans notre modeste revue, et nous l’en remercions.


“Le scandale Orpea a déclenché une prise de conscience nécessaire mais tardive. Quand j’entends la ministre déléguée chargée de l’autonomie annoncer avec tambours et trompettes qu’elle va déclencher « une enquête flash », je me demande ce qui occupait ses journées antérieures … Car la manière dont on traite, en France, nos grands anciens, dont on les maltraite et les exploite fréquemment, n’a strictement rien d’une découverte subite. Tout le monde savait, tout le monde sait, tout le monde est complice. De procédures humiliantes, mais aussi d’un business féroce qui exploite le plus rentable des filons dans un pays vieillissant … En février 1995, j’ai édité, au Seuil, un ouvrage du Dr Denis Labayle intitulé « La Vie devant nous ». Ce qu’il décrivait minutieusement, est très exactement ce dont « Les Fossoyeurs » sont l’écho. Denis Labayle, trois années durant, a utilisé son statut de chef de service dans un grand hôpital francilien pour visiter les établissements concernés. Son livre dit tout. L’insuffisance, en nombre et en qualification, du personnel. La gestion brutale de ce dernier. Des résidents attachés, abandonnés, saoulés de benzodiazépines, méprisés, considérés comme une matière première transformable en bénéfices avant disparition. Ce qu’il a baptisé « l’or gris », l’or inépuisable que l’on peut retirer de cette population sans défense, indéfiniment renouvelée … Le livre fut un succès. Auprès des personnels, des familles, de médecins horrifiés, d’associations multiples. Labayle s’épuisa en conférences, rencontres et témoignages. Mais, du côté des décideurs, rien. Ni les gouvernements, ni les parlementaires, ni le Medef ne trahirent alors la moindre émotion, le moindre désir d’intervenir … Mais la question n’est pas mineure : torturer les très vieux pour gagner du fric, ce n’est pas un accident, c’est un système. La France cède à un « jeunisme » cynique. Le grand âge, ce sont des hommes et des femmes. Qui ont aussi leur majesté”. 
Hervé Hamon, Le Télégramme 6 février2022

Nous nous félicitons d’avoir choisi, pour notre dernier chemin, les Hespérides du Ponant,
résidence-services de 1ère génération, sans but lucratif, contrairement à celles qui sont proposées aux seniors depuis quelques années. (NDLR)


LA CHANDELEUR 2022 AUX HESPÉRIDES
S’évader d’un quotidien qui nous enferme, le temps gourmand de la Chandeleur, n’est-ce pas le temps retrouvé de la convivialité aux Hespérides ?
Depuis la fête musicale « Chants de marins » d’avant le confinement qui débuta début mars 2020 et au cours de laquelle nous nous étions donné rendez-vous « au 31 du mois d’août » de la même année, qui n’eut pas lieu, bien entendu, combien de mois ont passé ? Laissant notre belle salle à manger vide, inhabitée, désertée, inutile …
Aussi, ce 10 février, étions-nous sensibles à la réception artistiquement préparée par les accueillants :
tables apprêtées


fêtes, parsemées de pétales de cyclamens de notre jardin extraordinaire, murs enjolivés de dessins aux scènes et

personnages bretons pour illustrer la tradition des crêpes du jour de la Chandeleur, alors que nous en dégustons toute l’année ! Mais le goût de la fête est revenu, en même temps que nous nous régalions de confitures de fraises, d’abricots, de miel, avec du chocolat chaud ou du cidre bien sûr : sur un fond sonore bien agréable offert par la guitare et les doigts jeunes de Lucas : quelle heureuse surprise !

Toutes nos rencontres aux Hespérides ayant été musicales, nos oreilles enchantées ne pouvaient qu’enchaîner sur les chansons du répertoire de notre chorale, la joie quoi !
Se régaler de crêpes,
Ecouter des airs de guitare,
Chanter,
Merci à nos jeunes pleins d’attentions, de nous avoir offert ces petits bonheurs retrouvés !

Nouveauté
Après avoir franchi le barrage de la secrétaire débordée, on obtient enfin un rendez-vous médical à Lorient. Mais il faut encore s’y rendre et arriver à l’heure malgré les travaux et les encombrements de la circulation, pour ne pas manquer une consultation qu’on a mis des jours, parfois des semaines, voire des mois, à obtenir.
On peut choisir le collectif “Syklet”. Il s’agit d’un triporteur à 2 places mû par un jeune cycliste qui se faufile dans les encombrements et que l’on peut appeler par téléphone, que ce soit pour aller chez son médecin, ou chez des amis ou faire des courses ou aller au restaurant, au cinéma, bref, rien n’est exclu.
Mieux, ce collectif est pris en charge par la Mairie qui crée ainsi des emplois pour quelques jeunes et a décidé de rendre ce mode de transport gratuit pour les personnes âgées.
Nous avons ainsi vu, avec surprise, Gisèle, résidente récente aux Hespérides, arriver, toute contente de sa consultation, bien au chaud dans sa chaise couverte, à 2 roues,


l

accompagnée d’un temps bruineux bien breton, mais les printemps lorientais ne sont-ils pas ensoleillés et propices aux sorties ? A suivre donc … Cerise sur le gâteau : le jeune cycliste se déplace pour aider la passagère à descendre, en dépliant le marche-pied, comme un cocher de fiacre ! …Pour réserver, s’adresser à l’accueil des Hespérides.

L’hiver aux Hespérides du Ponant

L’hiver est arrivé sur le dos de l’automne. Certaines contrées souffrent du froid plus que d’autres, et chacun a sa façon de survivre à cette saison. Les hommes ont puisé dans la nature et la technique, et les animaux ont développé tout aussi intelligemment des adaptations comportementales et morphologiques pour l’hivernage :

La migration est un effet courant, principalement chez les oiseaux (cependant, la majorité des oiseaux ne migrent pas). Certains papillons migrent également selon la saison ;

L’hibernation est un état de réduction du métabolisme pendant l’hiver ; certains animaux font des réserves de nourriture en prévision de l’hiver et subsistent grâce à elles au lieu d’hiberner complètement ; la couleur et la musculature de certains animaux peuvent se modifier pendant l’hiver. La couleur de leur fourrure ou de leur plumage change par exemple au blanc ; certains mammifères à fourrures développent un pelage plus épais pendant l’hiver, accroissant la rétention de chaleur. Il est ensuite perdu après l’hiver. Ce pelage épais faisait de l’hiver la saison privilégiée des trappeurs ; quelques animaux profitent des propriétés isolantes de la neige et s’enfouissant sous elle.

Et qu’en et-il de nos camélias qui vivent si bien leur hiver dans notre jardin extraordinaire des Hespérides? Voici l’histoire datée de leurs ancêtres et leur évolution :

1783 – Introduction des premiers Camélias en France. L’impératrice Joséphine de Beauharnais met cette fleur à la mode et les collectionne avec beaucoup de bonheur au château de Malmaison (92).

1792 – Introduction en Europe des premiers cultivars de Camélias à fleurs doubles originaires de Chine. (un cultivar est une variété de plante (arbres compris) obtenue en culture, généralement par sélection, pour ses caractéristiques réputées uniques).

Plus tard, Coco Chanel relance la grande mode du Camélia blanc, à la boutonnière pour les messieurs, dans les cheveux ou en broche pour les dames, et en fait l’emblème de ses créations.

1845 – Parution de la célèbre monographie du genre «Camellia» de l’Abbé Berlèse, présentant plus de 700 cultivars, cet ouvrage allait demeurer la bible des amateurs de Camélias pendant des dizaines d’années. Réédition en octobre 2005.

1888 – Le 1er janvier, 120 000 boutonnières de Camélias nantais sont vendues aux halles de Paris surtout des Camélia ‘Nobilissima’. C’était le complément indispensable des belles tenues du soir des fêtes parisiennes. Au début du 19ème, le Camélia représente la troisième vente de fleurs coupées après la Rose et le Dahlia. Alexandre Dumas fils s’empare de la mode du jour et publie « La dame aux Camélias » en oubliant un L, en rajoutant un S et un accent; il aimait particulièrement cette fleur pour son absence de parfum. Son héroïne Marguerite Gauthier arborait toujours une fleur de Camélia. Verdi en fera un opéra très célèbre “LaTraviata “. Sarah Bernhardt incarnera le rôle de Marguerite Gauthier plusieurs fois au théâtre de la Renaissance dans les années 1896-1898; l’affiche fut réalisée par Alfons Mucha le maître de l’art nouveau.

AUTANT LAISSER LE TEMPS AU THON

« Le filet est jeté, les rets sont tendus, les thons s’y jetteront la nuit, à la clarté de la lune » (texte de « l’Enquête » Hérodote) Pisistrate, tyran à Athènes, à qui un dieu fit prononcer cet oracle s’en servit pour tromper les Athéniens et devenir maître d’Athènes. Pendant des siècles et jusqu’à nos jours, la réalité de la pêche au thon est restée fidèle à cette description qu’en avait donnée Hérodote au Vème siècle avant Jésus-Christ …

Ces poissons pacifiques à la peau argentée sont capables de parcourir des dizaines de kilomètres en bancs de centaines d’individus. Sur le passage de leurs masses gigantesques, les étendues marines sont agitées de lames de fond et traversées de bruits divers. Au printemps, lorsque les températures s’adoucissent, ils quittent l’Atlantique pour se reproduire en Méditerranée. Leurs chairs sont alors grasses et leurs corps prêts à l’accouplement …

C’est à ce moment-là que l’on déploie les filets maillants en nappes, selon une technique inventée par les Arabes, transmise par les Espagnols et portée à son apogée en Sicile, où la pêche au thon est un rite : depuis des siècles, des familles entières en tirent leur subsistance : les hommes en mer, les femmes à terre, dans les madragues. En automne et en hiver, on répare les navires, on reprise les filets. Au printemps et en été, on procède à la pêche et aux différents travaux qui la suivent … Parfois appelé « cochon de la mer » le thon est en effet un animal dont aucune partie n’est laissée inexploitée. Sa viande rouge moelleuse et mise en salaison est vendue dans de grands barils : ses arêtes et sa peau, séchées puis broyées, servent d’engrais ; sa graisse est utilisée comme combustible pour les lampes à huile ; ses œufs sont l’ingrédient principal et précieux de la boutargue* … Toute la vie de la madrague*

une madrague en Sicile

tourne autour de lui … Et il est depuis toujours associé au sel, comme si jusque dans sa mort, il ne se résolvait pas à abandonner la mer, même réduit à une forme élémentaire (mais combien souveraine ! …)

Le bosco, c’est le cimetière des thons où les ouvriers déchargent leurs carcasses en attendant qu’elles se dessèchent au soleil. Elles dégagent une odeur nauséabonde en se décomposant. Quand on s’est habitué à l’odeur du thon en décomposition, on peut prêter attention à la présence de la mer dont le bleu éclatant, saturé et gorgé de vitalité, a quelque chose de féroce : c’est d’elle que vient la richesse !!!

*On dit aussi « poutargue » = œufs de poisson salés et séchés » « conservé dans de la saumure » est une spécialité culinaire de plusieurs pays méditerranéens comme l’Egypte, l’Italie, la Turquie, la Grèce, le Portugal ou la Tunisie, la Corse et la Sardaigne. Les Japonais en sont très friands et la connaissent sous le nom de karasumi.

*Une madrague est un filet de pêche fixe, conçu pour la pêche de thons migrant régulièrement en longeant certaines côtes, en particulier des thons rouges ; mais elle peut aussi capturer d’autres espèces passant par là : germon, bonite, espadon-filet.

(“Extrait de “Les Lions de Sicile” de Stefania AUCI)

Le Musée d’ETEL : Au cœur du Morbihan, en Bretagne Sud, à quelques pas de la célèbre Barre d’Etel, le Musée des thoniers, lové dans un écrin naturel exceptionnel, raconte l’épopée d’hommes et de femmes, marins et gens de mer, d’Etel, jadis puissant port de pêche (sardine, thon, chalut) de 1850 à 1970, qui devint dans les années 1930 l’un des plus puissants ports de France avec près de 250 dundees – thoniers à voile – traquant le thon blanc (germon) dans le Golfe de Gascogne. Après 1945, le port prend un nouvel essor grâce à la motorisation. Les chalutiers étellois naviguent des îles britanniques à l’Afrique de l’Ouest.

Ce musée maritime associatif, pittoresque et sans cesse renouvelé, retrace l’épopée de cette petite ville dEtel dont le port de Lorient attira ensuite une grande partie de l’activité. Thématiques : l’économie maritime et le quotidien des gens de mer ; le phénomène naturel de la Barre d’Etel et son sémaphore atypique ; l’affaire Bombard et le sauvetage en mer ; le vaste patrimoine local historique et naturel ; la reddition de la Poche de Lorient à Etel… Objets de marine, nombreuses maquettes navales, ferroviaire et dioramas, œuvres d’art.
En octobre, Rendez-Vous des Ecrivains de la Mer. Insolite : chaque Noël, exposition de crèches maritimes et témoignages de Noël en mer. Liens alentours (gratuit) : expo photo sur le port, abri SNSM classé, Barre d’Etel et sémaphore, petits ports emblématiques (St Cado, Vieux-passage, Port-Niscop), mégalithes, sentiers de balades du Grand Site Dunaire Gâvres-Quiberon…

Barre d’Etel

Exposition de tableaux

Des artistes dans nos murs : aux Hespérides où la vie, tout comme l’automne, a des reflets changeants, nous étions nombreux, ce lundi 12 novembre 2018, à assister au vernissage de l’exposition de peinture de Patricia SUTEAU et de Maurice KERDONCUFF dont les oeuvres habillent joliment nos murs jusqu’au lundi 3 décembre 2018..

Ce nous fut l’occasion d’inviter “Les copines du mardi” des accordéonistes diatoniques, virtuoses du piano à bretelles, Anne-Marie, Annick, Gisèle, Jacqueline, Marie-Odile, Maryse, Pierrette, Sylvie … alors alors, résidents et invités, au rancart blues et mouchoirs, ouvrez grand vos esgourdes, gambettes qui démangent, préparez-vous ! Rythme et gaîté sous les doigts de ces musiciennes

 

 

 

 

vont vous faire danser hanter dro, andro, valse, scottish, valse écossaise … sur des airs bretons, et chanter sur un répertoire très riche virevoltant de la douce Valse des Marins à la virile “Les trois caps”, en passant par “Nini peau de chien”, “l’Eau vive”, Fanny de Laninon, et la vieillotte mais si rigolote “Elle lisait le P’tit Parisien”…

Leur chanteuse animatrice-entraîneuse, Joëlle, nous a séduits par sa tchatche et son humour … En nous quittant, elle nous a confié avoir, avec ses copines, un rendez-vous pour une prestation à L’Olympia : nul doute qu’elles y feront un triomphe. Bravo les artistes ! et bon vent, les belles !

Patricia nous a fait part de ses recherches permanentes, du travail assidu que cela représente et qu’elle aime de plus en plus, et alors qu’elle maîtrise bien l’emploi de l’acrylique et de l’huile, et celui occasionnel du couteau, elle avoue avoir des difficultés avec l’aquarelle, ceci confirmé par une autre artiste peintre présente, Mme Le Garrec, qui ressent les mêmes difficultés et a d’ailleurs exposé aux Hespérides, avec succès, il y a un an.

Maurice, lui, nous confie son aisance à réaliser une aquarelle, une pratique qu’il exerce depuis 38 ans, – il dessine et peint également les arbres avec autant de talent – heureux de son sort et déclarant que le double fait de peindre et d’enseigner lui valent un certificat de jeunesse permanente, ce que nous confirmons !

Double bravo les artistes !

Continuez de dessiner et peindre pour nous ce que nos yeux captent peut-être, mais ne savent exprimer par les formes et les couleurs … et de développer cette créativité qui est le propre des artistes.

Soyez les arcs-en-ciel de nos regards, vous qui, par vos dons sans cesse renouvelés, nous apportez beaucoup.

Authentique Bretagne,

où de nombreux artistes ont fait la renommée de notre région, et la gloire de nos galeries,

où l’originalité de sa musique spécifique et de ses bagadou, et la joie partagée de ses fest-deiz et fest-noz ont gagné tous les pays, les talents foisonnent, et tous nos sens en sont ravis.